Victor HUGO
(1802-1885)

En plus des éditions publiées au XIXe siècle, vous trouverez sur cette page les éditions du XXe siècle de Victor Hugo ainsi que des ouvrages à son propos.

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Nouvelle(s) entrée(s)

 

HUGO (Victor) — Les Orientales par Victor Hugo (d'après l'Édition originale). Illustrées de huit compositions de MM. Gérome et Benjamin Constant gravées à l'eau-forte par M. de Los Rios. Paris, Les Amis des Livres, 1882. [Paris / Imprimé pour les Amis des Livres / par Georges Chamerot / 19, rue des Saints-Pères, 19 / 1882] In-4° (250 x 330 mm.) plein maroquin bleu nuit, dos à 5 nerfs orné de fers dorés, plats encadrés par un filet sextuple doré et orné d'écoinçons, filet double doré sur les coupes, roulettes et filets dorés sur les chasses, tranches dorées, couverture de papier parcheminé conservée (reliure signée Cuzin), [3 (faux-titre, justification du tirage, titre)], [1 bl.], VIII, 351, [2 (liste des membres de la Société)], [1 bl.] p., exemplaire bien complet de toutes les planches hors texte et de leurs serpentes légendées, tirage a été limité à 135 exemplaires numérotés et nominatifs sur papier Japon (n° 68 - M. Jules Huvé), bel exemplaire.
Extrait de la description de Vicaire :
   « Les 8 planches sont en double état, sauf la planche de la Chanson des Pirates qui est en trois états ; chaque épreuve terminée est protégée par un papier fin avec légende imprimée,
   Couverture blanche avec titre imprimé en or. Publié par les soins de M. Eugène Paillet. »
Notice du Dictionnaire des œuvres :
   Les Orientales forment un « recueil de poésies lyriques [...] paru en janvier 1829, réimprimé avec une nouvelle préface en février de la même année et resté célèbre comme la première manifestation du génie personnel du poète. Tandis que, dans les Odes et ballades, il avait donné les premières preuves d'un don lyrique qui se manifestait dans les directions les plus diverses, faisant alterner les audaces et les retenues calculées, ici, deux ans après Cromwell qui l'avait placé au premier rang de la bruyante troupe romantique, Hugo prend résolument une attitude de chef d'école en joignant à une plus grande maîtrise de son art de vigoureux accents polémiques. Le recueil s'ouvre sur une préface où Hugo disserte sur la nouvelle poésie avec une chaude éloquence, bat en brèche les théories du classicisme, revendique pour la poésie française la plus grande liberté possible dans le choix du sujet et dans l'expression et conclut en souhaitant à la France, en termes extrêmement pittoresques, « une littérature qu'on puisse comparer à une ville du Moyen Âge ». Une telle audace s'accompagne d'un changement dans les idées politiques ; le légitimiste scrupuleux des Odes lance déjà ses premiers traits contre le régime existant et n'hésite pas à montrer dans la révolution grecque un exemple de la rébellion des peuples modernes contre la tyrannie des rois. La guerre d'indépendance des Grecs contre l'Empire turc inspire en effet bon nombre des pièces contenues dans ce volume (« Canaris », « Les Têtes du sérail », « Navarin ») ; mais ces évocations plus particulièrement historiques revêtent, elles aussi, des formes et des couleurs fabuleuses, se mêlant à une suite fantasmagorique de tableaux des plus pittoresques. La mode alors était à l'Orient. La lutte entre la Grèce et la Turquie avait suscité un vif mouvement d'opinion. Si tous les poètes n'allaient pas se faire tuer en Grèce comme Byron, tous étaient philhellènes et Hugo, sans avoir jamais vu l'Orient, y trouve un choix inépuisable de thèmes nouveaux, qui lui semblent convenir particulièrement à la nouvelle poésie française. Il étend d'ailleurs son domaine au maximum, en y incorporant l'Espagne. Les sujets, empruntés à l'histoire et à la légende orientales, montrent une insistance quasi-puérile dans le choix des motifs les plus facilement suggestifs : sérénades et duels dans une Espagne mauresque, sultans et sérails, odalisques et minarets, émirs, pachas, massacres et cimeterres ; mais ces thèmes exotiques sont prétextes a une véritable orgie de rythmes et de couleurs, à une richesse d'images, à une abondance d'inventions verbales, à une maestria technique qui tiennent parfois du miracle (« Sara la baigneuse », « Marche turque », « Lazzara », « L'enfant grec »). Il arrive aussi qu'une excessive habileté entraîne le poète dans des jeux métrique compliqués et, tout compte fait, assez discutables, comme dans les « Djinns ». Le goût des comparaisons semble parfois s'emparer si totalement du poète que celui-ci se transforme en un véritable jongleur verbal. Mais, dans son ensemble, le recueil, par sa verve et son originalité, n'apparaît pas inférieur à sa renommée, et il est admis que cette œuvre a ouvert la voie à une bonne part des audaces poétiques du XIXe siècle tout entier, ainsi qu'à cette prédilection pour le pittoresque, pour la couleur locale, qui devait être un des caractères les plus marquants de la poésie romantique. C'est parce qu'il a apporté à cette évocation son génie que l'Orient est devenu, comme il le dit dans sa préface de 1829, « soit comme image, soit comme pensée, pour les intelligences, pour les imaginations, une sorte de préoccupation générale ». C'est sur cet acquis que devaient vivre plusieurs générations de poètes. Certaines de ces poésies, d'une haute inspiration et d'un style particulièrement grandioses, sont dignes de la Légende des siècles et nous font pressentir quels sommets sa poésie atteindra, dans ses prochaines œuvres.
Bibliographie :
   - Vicaire (Georges), Manuel de l'amateur de livres du XIXe siècle, t. I, col. 43 et t. IV, col. 246-247.
   - Beraldi (Henri), Les graveurs du XIXe siècle : guide de l'amateur d'estampes modernes, t. 9, p. 193 (pour les gravures de Ricardo de Los Rios).
   - Laffont (Robert) et Bompiani (Valentino), Dictionnaire des œuvres, t. 5, p. 68.
   - Laster (Arnaud) et Gleizes (Delphine), Les Orientales. Illustration et musique (Victor Hugo & l'Orient).
Ressource électronique sur le site L'orientalisme. Un engouement pour l'ailleurs au XIXe siècle :
https://orientalismewordpress.wordpress.com/
   - Les Orientales de Victor Hugo : https://orientalismewordpress.wordpress.com/2016/04/15/les-orientales-victor-hugo-1829/
   - Sur Jean-Léon Gérôme : https://orientalismewordpress.wordpress.com/tag/jean-leon-gerome/


Signature du relieur.


Illustration de Benjamin Constant pour La captive.

580 euros (code de commande : 25500).

 

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Angelo, tyran de Padoue,
drame, par Victor Hugo.
Représenté pour la première fois, à Paris, sur le Théâtre Français, le 15 avril 1835.
Bruxelles, Jouhaud, 1835.
[Bruxelles, Au Magasin Théatral, Aug. Jouhaud, Éditeur-Imprimeur, Passage de la Comédie, N° 9 ; Et Rue de Pachéco, Son. 6, N° 33. 1835.]
In-12 (83 ´ 124 mm.) broché, 106 p.

   @ Édition publiée la même année que l’originale.
   L’éditeur bruxellois Auguste Jouhaud édita cette pièce dans sa collection Le Répertoire populaire de la scène française qui, de 1831 à 1837, proposa des volumes à 10, 30 ou 50 centimes.

   & Godfroid, Aspects inconnus et méconnus de la contrefaçon en Belgique, p. 50.

45 euros (code de commande : 10880/vit3).

 


 

Châtiments,
par Victor Hugo.
1853.
Genève et New-York.

In-32 (77
´ 110 mm.) demi-chagrin vert frotté, coins émoussés, [3 (faux-titre, mention d’imprimeur, titre)], [1 bl.], III, [1], 392 p.

   @  Ce tirage n’est pas cité par Michaux. Il s’agit de la même édition que celle décrite ci-dessus avec quelques modifications d’imposition, notamment pour les dimensions de quelques filets, pour la mention d’imprimeur au verso de la page de faux-titre (Imprimerie Universelle est en gras et Saint-Helier en capitales) et pour une correction au titre du livre IV (p. 143) : « La religion est glorifiée » au lieu de « La religion est glorifié ».

   &  Vicaire, Manuel de l’amateur du livres du XIXe siècle, t. IV, col. 311-312 ; Carteret, Le trésor du bibliophile, t. I, pp. 414-415 ; Michaux, Essais bibliographiques concernant les œuvres de Victor Hugo parues pendant l'exil, pp. 11-26.

60 euros (code de commande : 10882).

 


Cromwell,
drame par Victor Hugo.
Tomes I et II (complet).
Bruxelles, Hauman et Comp., 1836.
Deux tomes en un volume in-12 (112
´ 162 mm.) sous une modeste reliure cartonnée, 287 (I-CVII-108-287), [1 bl.], 301, [1 bl.] p., (collection « Œuvres de Victor Hugo », tomes VI et VII), quelques rousseurs.

   @  « Ce drame en cinq actes et en vers, fut publié pour la première fois en 1827. Longue d'environ 6500 vers, cette pièce, la première de Victor Hugo, ne fut guère représentée. Il s'agit d'une contrefaçon éditée par la Société belge de Librairie, Imprimerie et papeterie, Haumn, Cattoir et Cie, fondée en 1836, exploitant principalement le roman et l'histoire. »

   &  Victor Hugo, Bruxelles et la Belgique, n° 193.

   

50 euros (code de commande : 11628/vit3).


Dans la collection
Bibliothèque de la Pléiade

 

HUGO (Victor) — Les Misérables. Édition établie et annotée par Maurice Allem. Paris, Gallimard, 1983. In-8° sous reliure, jaquette et Rhodoïd d'éditeur, XXIII, 1781 p., (collection « Bibliothèque de la Pléiade », n° 85), exemplaire en bon état.
Avant-propos :
   «Tant qu'il existera, par le fait des lois et des mœurs, une damnation sociale créant artificiellement, en pleine civilisation, des enfers, et compliquant d'une fatalité humaine la destinée qui est divine ; tant que les trois problèmes du siècle, la dégradation de l'homme par le prolétariat, la déchéance de la femme par la faim, l'atrophie de l'enfant par la nuit, ne seront pas résolus ; tant que, dans certaines régions, l'asphyxie sociale sera possible ; en d'autres termes, et à un point de vue plus étendu encore, tant qu'il y aura sur la terre ignorance et misère, des livres de la nature de celui-ci pourront ne pas être inutiles. »
      Victor Hugo, Hauteville-House, Ier janvier 1862.    

30 euros (code de commande : 25049).

 

HUGO (Victor) — Notre-Dame de Paris 1482. Les Travailleurs de la mer. Textes établis, présentés et annotés par Jacques Seebacher et Yves Gohin. Paris, Gallimard, 1975. In-8° sous reliure, jaquette et Rhodoïd d'éditeur, XI, 1749 p., (collection « Bibliothèque de la Pléiade », n° 260), exemplaire en très bon état.
Avant-propos :
   Voici deux romans du même poète, l'un archiconnu, l'autre presque ignoré, rassemblés par les nécessités de l'édition et les contingences de la recherche, séparés dans l'histoire par plus de trente années, par la quasi-totalité de l'œuvre lyrique et épique, par la masse énorme des Misérables. Contemporains l'un de la révolution de juillet, l'autre des premiers temps de la Première Internationale. L'un passe pour un roman historique, mais l'action en fait dériver le sens de Reims à Parti, de la légitimité du sacre à la prophétie révolutionnaire, de la mort de Louis XI à toute Renaissance, suspens de l'histoire, avènement du Peuple. L'autre vaut comme roman élémentaire, « naturalise » en un sens étrange, mais le temps du récit le ramène à la Restauration, son lieu national n'est autre que l'exil, sa fatalité n'est pas la verroterie de l'espérance, mais la clôture d'un regard noyé, indifférent à l'éclosion printanière, au rut de la nature. Notre-Dame de Paris fournit la décoration du sombre vestibule d'entrée de Hauteville-House, maison-poème, Les Travailleurs de la mer sont ce qu'on voit du haut de la bâtisse, de ce look-out impératif où règnent, par-dessus les dogmes et les lois, la transparence des choses, plus haut que les commodités bourgeoises et les fantaisies mobilières du génie, la nudité de l'écriture, au-delà des symboles pesants et des caprices familiaux, le silence de la fatalité intérieure : l'abîme du cœur humain. Tombe en plein ciel, caverne retournée, Moi révulsé en un indicible On, en une distance d'auteur qui a cessé de dénoncer, renoncé à signaler et feint de se résigner à indiquer.
   Cet index s'interdit de désigner les interdits. Le rapprochement brutal qu'opère cette édition transforme pourtant une concomitance en interférence, dessine les anneaux de la similitude. Dans un cas comme dans l'autre, le roman subit et effectue de longues préparations, pour une action cataclysmique, une catastrophe pathétique plus encore que tragique, oit les moyens du mélodrame cachent et révèlent l'importance et l'urgence de l'enjeu. Où l'incision de l'écriture sur l'écorce des choses fait pleurer la tendresse de l'aubier, oublier la robustesse du cœur de l'arbre, la vigueur de la sève, le torrent du rire. Dans les deux romans, il s'agit de sorcellerie et d'enchantements trop facilement explicables par les héritiers de Voltaire ; de la danse et de la musique comme substituts du corps ; de la chanson comme réalité de l'impossibilité populaire du poème ; des langues étranges comme envers d'une société à l'envers. La Cour des Miracles est Jacressarde, les gueux et les bandits ne sont pas toujours ceux qu'on croit, Trouillefou ou Rantaine ; de Clopin à Clubin, de Claude Frollo et de son démon claudicant à Coppenole et à Rym, les misérables jouent à cloche-pied avec la misère, le pouvoir singe, sans savoir qu'il la reproduit, la mutilation universelle, la déraison qui rimerait avec l'histoire s'il n'y avait l'utopie.
   De même que Gringoire s'en allait à la recherche de la gloire littéraire et de quelques deniers, de même Gilliatt tente l'aventure de sauver la Durande en perdition et de gagner quelque mariage. De même que le poète bateleur transformait en bouffonnerie le grand air de la quête chevaleresque, de même le Malin illustre la dérision des quêtes amoureuses, des sacrifices héroïques, des voyages inutiles. Ebenezer est un autre Phœbus, délavé, mais c'est Gilliatt qui se noie dans la contemplation comme Quasimodo tombe en poussière à Montfaucon. La paternité et la folie de la science sont le partage de Frollo l'alchimiste comme de Lethierry l'ingénieur ; les retours en arrière du récit interviennent à peu près à la même place, non tant comme commodités romanesques que comme indices de la régression, lieux de l'envie, de l'impopularité, de la distance intérieure et de l'écart social. Tout le travail, le labeur accumulé par les héros s'emploie en une lutte contre les tempêtes d'hommes ou de mer, s'annule en des assauts érotiques de cloches et de bélier, de jets de plomb, d'incendie, de tonnerre, d'embrasements de l'imagination et d'embrasement s par tentacules de pieuvre. L'écueil avec ses deux tours répète la cathédrale de pierre, la fièvre et le vertige accompagnent toutes les faims. En fin de compte, au bout de ces malentendus, quiproquos et quasi modo, la reconnaissance de la Esmeralda par la sachette et la reconnaissance de Lethierry pour Gilliatt portent le même verdict : la mort.
   C'est donc qu'il y a, ailleurs, autre chose. Dieu, si l'on veut, ou le grand Tout, ou l'Histoire, ou la Nature, ou l'Amour, ou l'Avenir, ou le Mythe. Nous avons passé, Yves Gohin et moi, trop d'années dans ces romans, dans les manuscrits dont nom avons relevé toutes les variantes, pour ignorer que Hugo a la manie d'économiser les majuscules. Trop d'années encore dans la documentation ironiquement encyclopédique du romancier pour ne pas savoir comment il traite le dictionnaire de l'idéologie. Trop d'années aussi de notre propre intimité à fouiller les papiers intimes du maniaque pour oser trancher de ces questions. Sortant de ce labeur, passant la main à d'autres et leur souhaitant le plaisir comme la peine, la trouvaille et le doute, la victoire dans l'échec, nous voudrions offrir au lecteur cette lecture impossible : l'énorme distance qui sépare de fait Les Travailleurs de Notre-Dame, si elle s'abolit en ce livre, se répercute en chaque instant de ces deux romans et ne s'évade pas en un Paradis à retrouver, pas même dans l'épopée socialiste des Misérables. Alchimie ratée, utopie décapitée, elle se dissémine incessamment dans le travail du texte. C'est l'ordre du désordre romantique qui arrache l'histoire à tout spectacle rassurant, le roman à toute échappatoire romanesque. Trente ans après avoir fondé et miné une théorie de l'histoire, Hugo élude délibérément une théorie du travail. Mais il indique, dans la préface de la cathédrale comme dans L'Archipel de la Manche, les érosions et corrosions nécessaires. Au lecteur de ruiner, prenant sa propre distance, cette ruine des monuments, cette distance de l'auteur. Posant enfin leurs outils sur l'établi, les ouvriers de l'histoire littéraire ne commenteront plus ce chantier de subversion.

30 euros (code de commande : 24647).

 

[HUGO (Victor)]. Album Hugo. Iconographie réunie et commentée par Martine Ecalle et Violaine Lumbroso. Paris, Gallimard, 1964. In-8° sous reliure, jaquette (au nom de la librairie Jean Bonnel, à Maubeuge) et Rhodoïd d'éditeur, [10], 330, [20] p., (collection « Albums de la Bibliothèque de la Pléiade », n° 3), exemplaire en bel état.
Extrait de l'avertissement :
   
Ce troisième Album de la bibliothèque de la Pléiade suit la voie tracée par Jean-A. Ducourneau et continuée par Henri Mitterand et Jean Vidal. Après Balzac et Zola, introduire Victor Hugo dans une collection iconographique était opportun à un moment où le recul permet, dans des perspectives nouvelles, l'examen d'une œuvre immense étalée sur presque tout le XIXe siècle. La succession des images fait songer à un film ou, mieux, à une « exposition de poche » dans laquelle les documents de vitrine que sont manuscrits, éditions originales ou lettres, auraient été complétés par la peinture et par l'estampe.
   Les trois grandes étapes de la vie du poète, délimitées par lui-même, Avant l'exil, Pendant l'exil, Depuis l'exil, sont d'abord jalonnées par de nombreux portraits de lui, de sa famille, de son entourage : peintures, dessins, lithographies d'une belle qualité pendant la première moitié du siècle, mais auxquels nous avons préféré ensuite des images prises sur le vif, quand Charles Hugo et Auguste Vacquerie se passionnaient pour ce nouveau procédé : la photographie, images plus émouvantes et moins connues que les clichés des photographes professionnels.
   Parmi les événements historiques du siècle nous avons dû nous limiter à ceux qui concernent directement Hugo et ce sont, très vite, les événements importants, pour un poète qui s'était voulu attentif à son temps.
   Autant que faire se peut nous avons donné un visage à tous ceux, écrivains et artistes, qui ont tenu une place dans la vie de Hugo. Ses demeures parisiennes qui subsistent encore, nous les avons recherchées et les plus intéressantes ont été photographiées. Des estampes donnent une idée de celles qui ont disparu et quelquefois de leur décor.
   La beauté du graphisme des manuscrits nous a souvent conduites à donner au lecteur, avec leur reproduction, ce contact privilégié avec l'œuvre.
   Mais c'est volontairement que nous avons résisté à la tentation de multiplier les dessins de Hugo. En dehors des croquis de voyage et de quelques illustrations d'œuvres qui s'imposaient, nous ne faisons que quelques allusions à la partie imaginaire et proprement créatrice de son œuvre dessiné.
   De même que le manuscrit et le dessin mettent le lecteur en contact avec l'œuvre dans son jaillissement, la correspondance, les mémoires, les témoignages des contemporains font revivre l'événement ; nous y avons eu recours le plus souvent possible comme nous avons fréquemment laissé la parole à ce témoin de choix que fut Mme Victor Hugo dans son irremplaçable Victor Hugo raconté par un témoin de sa vie, surtout à propos de la jeunesse du poète.
   Notre tâche s'est trouvée singulièrement facilitée par nos travaux quotidiens dans la maison qu'habita Victor Hugo, place des Vosges, consacrée depuis plus de soixante ans par la Ville de Paris au souvenir du poète [...]. Il nous était aisé de faire un choix parmi les collections réunies par Paul Meurice et accrues par nos prédécesseurs : MM. Raymond Escholier et Jean Sergent.
   Les enrichissements considérables apportés par les généreuses et récentes donations des descendants de Victor Hugo, et particulièrement MM. Jean et François Hugo et Mlle Marguerite Hugo, nous ont fourni de nombreux documents souvent inédits.
   Déjà grâce au don magnifique qu'ils avaient fait à la Ville de Paris en 1927 de la maison d'exil de Guernesey, il nous était facile d'évoquer et de faire revivre pour nos lecteurs une période exceptionnellement féconde de la vie du poète.
   Les catalogues documentés des expositions successives organisées ces dernières années place des Vosges par M. Jean Sergent, déjà utiles aux spécialistes par les nombreux documents inédits qu'ils présentent, ont souvent orienté et facilité nos recherches.
   Mais nos démarches personnelles pour essayer de renouveler une iconographie parfois trop connue ont abouti à des découvertes dont nous sommes heureuses d'offrir la primeur au lecteur.

180 euros (code de commande : 24112).

 

HUGO (Victor)Œuvres poétiques. II. Les Châtiments. Les Contemplations. Édition établie et annotée par Pierre Albouy. Paris, Gallimard, 2005. In-8° sous reliure souple, Rhodoïd et coffret illustré d'éditeur, CVIII, 1792 p., (collection « Bibliothèque de la Pléiade », n° 195), quelques soulignements crayonnés.
Ce volume contient :
   Introduction.
   Avertissement.
   Chronologie.
   Les Châtiments.
      - Édition de 1853.
      - Pièces ajoutées dans l'édition de 1870.
      - Alentours et suite des « Châtiments » :
         - Boîte aux lettres.
         - Nouveaux Châtiments.
         - L'album de 1869.
         - Fragments divers.
         - La voix de Guernesey.
   Les Contemplations.
      - 
Préparations et alentours des « Contemplations » :
         - Fragments divers.
         - Choses de la Bible.
         - Le Koran.

35 euros (code de commande : 20433).


 

Romans. Tome premier : Han d'Islande, Bug-Jargal, Le dernier jour d'un condamné, Notre-Dame de Paris, Claude Gueux. Paris, Seuil, 1963. In-8° sous reliure, jaquette et Rhodoïd d'éditeur, 425 p., (collection l'Intégrale").

10 euros (code de commande : Hugo04).


 

OUVRAGES CONSACRÉS À VICTOR HUGO
ET À SON OEUVRE

 


LE BRETON (André) — La jeunesse de Victor Hugo. Paris, hachette, 1928. In-12 broché, 233 p., non coupé.
Table des matières :
Le général Hugo
La mère de Victor Hugo
Les Feuillantines
Études scolaires et premiers essais
Le roman de jeunesse
La première édition des Odes
Victor Hugo dans la bataille romantique : Han d'Islande et Bug-Jargal, les Ballades, Cromwell.
Le poème du foyer dans les éditions successives des Odes
La première inspiration épique : L'Ode à la colonne
L'éveil de la pitié sociale : Le Dernier Jour d'un Condamné
Le peintre et le musicien : Les Orientales . . Victor Hugo en 1829. Conclusion

12 euros (code de commande : Hugo07).


La légende des siècles de Victor Hugo. Étude et analyse par Paul Berret. Paris, Mellottée, s.d. In-12 broché, 308 p., (collection « Les Chefs d'Œuvre de la Littérature expliqués »), exemplaire sur vergé, non coupé.

10 euros (code de commande : 91/73).


L'œuvre de Victor Hugo. Poésie, prose, théâtre. Édition classique. Choix, notices et notes par Maurice Levaillant. Deuxième édition revue. Paris, Delagrave, 1931. In-8° broché, 696 p., illustration, non coupé, bel exemplaire.

13 euros (code de commande : Hugo05).


SOUCHON (Paul) — Autour de « Ruy Blas ». Lettres inédites de Juliette Drouet à Victor Hugo. Paris, Albin Michel, 1939. In-8° broché, 253 p., queue renforcée avec de l'adhésif.
Introduction :
   Grâce à l'amitié de M. Louis Icart, qui s'est voué, ainsi que sa femme, à la dévotion de Juliette Drouet, j'ai pu compulser à loisir, dans ses beaux étuis de maroquin rouge, l'énorme correspondance de celle qui fut la maîtresse passionnée de Victor Hugo.
   Près de dix-sept mille lettres de Juliette à Victor ont été peu à peu recueillies et classées par M. et Mme Icart. Un si grand nombre, en somme, peut s'expliquer, car, pendant cinquante ans, et deux fois par jour, sauf en voyage, ou à de rares exceptions, Juliette écrivit à son illustre amant, ce qui fait une moyenne de quatre à cinq cents lettres par an.
   Il ne saurait être question d'analyser ici ces prodigieux témoins de toute une vie, qui sont avant tout les preuves, palpitantes et brûlantes même aujourd'hui, de l'amour d'une femme exceptionnelle pour le premier poète de son époque.
   Une lecture complète et attentive de ces vieux papiers jaunis, mais si émouvants, avec leur écriture frémissante et précipitée, leurs petits dessins et leurs pâtés d'encre, sur lesquels brillent encore des parcelles de poudre d'or, m'a permis de constater que le trésor de cette ample correspondance avait été, forcément, et à peine, effleuré, et qu'il y avait des perles innombrables à ramener au jour.
   Je pense en faire, pour les amateurs de théâtre et de psychologie amoureuse, une démonstration partielle à propos de Ruy Blas.
   Je verse, en effet, – avec la très aimable autorisation de M. Louis Icart – au dossier du centenaire de Ruy Blas, entières ou par fragments, cent quatre-vingt-cinq lettres inédites de Juliette Drouet à Victor Hugo, lettres écrites pendant l'été et l'automne 1838, l'hiver et le printemps 1839, c'est-à-dire pendant que le poète composait Ruy Blas, le faisait répéter et représenter.
   Ce coup de sonde ainsi jeté dans l'océan des Lettres de Juliette montrera, je l'espère, de quel secours précieux une telle correspondance s'atteste pour la connaissance de la vie quotidienne et profonde des deux grands amants romantiques.
   Je laisserai ces documents suivre leur chemin chronologique, à peu près tout seuls, me contentant de les relier par de courts commentaires ou de les soutenir par d'autres documents contemporains.
   On jugera mieux ainsi de la spontanéité et de l'ardeur des sentiments de Juliette Drouet pour Victor Hugo, des grâces primesautières de son esprit, du naturel et du charme de son style et de son cœur. Elle écrit comme elle sent et comme elle parle et on ne fera pas difficulté, j'imagine, pour la placer au premier rang de nos « épistolières », aux côtés de Mme de Sévigné et de Mme de Lespinasse, et, en tout cas, parmi les plus grandes amoureuses de tous les pays et de tous les temps.
   L'amour était, pour elle, la principale affaire de la vie. La période qui s'étend de juin 1838 à février 1839, et qui se rattache à Ruy Blas, en apporte de nouvelles preuves. C'est le moment, dramatique entre tous, pour l'actrice Juliette Drouet, où elle doit renoncer non seulement à jouer un rôle dans une pièce de Victor Hugo, mais même à remonter jamais sur les planches. Les rancœurs et la désolation de l'artiste déçue s'expriment avec véhémence dans les lettres de cette époque. Ces rancœurs et cette désolation ne parviennent jamais, cependant, à faire taire chez elle la voix de la passion. Elle est avant tout, répétons-le, une amoureuse.
   On verra que Juliette ne parle, la plupart du temps, de Ruy Blas, que par rapport à son amour. Elle se plaint, pendant la composition de la pièce, d'être plus seule que jamais. Quand la pièce est jouée, elle l'admire comme elle admire tout dans Victor Hugo, sans détailler ni analyser. L'amour a aboli en elle, dirait-on, tout esprit de critique.
   Il est bien certain, cependant, que ses lettres, même très franches et bi-quotidiennes, ne nous disent pas tout. Juliette réservait évidemment pour la conversation des appréciations et des jugements sur l'œuvre, sur les acteurs et sur les comptes rendus des journaux et des revues, qui manquent ici.
   Nous avons, en revanche, grâce à elles, des clartés inattendues sur certaines circonstances sentimentales et secrètes qui accompagnèrent la composition et la première carrière du chef-d'œuvre dramatique de Victor Hugo.
   Nous avons des révélations et des indications très précieuses sur le caractère de Juliette Drouet et du poète, ainsi que sur les mœurs d'une époque où l'on s'aimait farouchement, où l'on se « torturait », où les passions étaient, à la fois, plus renfermées et plus lyriques.
   À travers ces lettres, la sincérité des deux héros de l'amour romantique et de la littérature n'apparaît pas douteuse. C'est elle qui, malgré toutes les différences, et l'éloignement du temps, les rapproche de nous. C'est encore cette sincérité qui les rendra, je l'espère, plus humains et plus vivants que jamais.

10 euros (code de commande : 15477).


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