RETZ (Jean-François Paul de GONDI, Cardinal de).

Mémoires du Cardinal de Retz, contenant ce qui s'est passé de remarquable en France pendant les premieres années du regne de Louis XIV. Nouvelle Edition exactement revue & corrigée.
Tomes I, II, III et IV (complet).

Genève, Fabry & Barillot, 1777.
[A Geneve, Chez Fabry & Barillot. M. DCC LXXVII.]

Quatre volumes in-12 plein veau d'époque, dos lisses ornés, reliures usagées, tome I : XXIV, 472 p., tome II : 510 p., tome III : 500 p., tome IV : 480 p.

Extrait de la notice de Bourgeois et André :
   Ce fils d'un général des galères sous Louis XIII, cet élève de Vincent de Paul, puis du collège de Clermont, ce chanoine de Notre-Dame de Paris à l'âge de quatorze ans, destiné à l'église uniquement pour conserver à sa famille les bénéfices de l'archevêché de Paris, a été pendant toute sa vie dirigé, non par l'humilité religieuse, mais par l'ambition politique. Inquiétant déjà Richelieu par son livre sur la Conjuration de Fiesque et par ses liaisons avec le comte de Soissons, déçu dans son espoir d'occuper le premier rang, lorsque après la mort de Louis XIII Anne d'Autriche se confie tout entière à Mazarin, Retz profite de sa situation de coadjuteur de l'archevêque de Paris pour poursuivre dans la révolte ouverte le but qu'il s'est proposé d'atteindre ; écarté des conseils par la régente, il s'imposera à elle en lui montrant quelle est sa force. Mais il est bien au-dessous de ceux contre lesquels il a intrigué sans cesse : il n'y a pas en lui l'étoffe d'un Richelieu ou d'un Mazarin. C'est son intérêt particulier dont il recherche constamment la réalisation, et il désire le chapeau de cardinal pour se rapprocher de celui qui dirige véritablement la France. Dans cette lutte, il devait être vaincu et réduit à s'enfuir à l'étranger, d'où il essaya vainement de susciter des difficultés au gouvernement qui avait compris qu'il fallait se débarrasser de ce brouillon impénitent. Lorsqu'on 1661 la mort de Mazarin le délivra de son adversaire le plus redoutable, Retz crut encore que l'occasion s'offrait à lui de reparaître sur la scène politique et d'y jouer un grand rôle. Réconcilié dans cet espoir avec le roi, au prix de concessions humiliantes, il se fit le serviteur empressé de la monarchie nouvelle, déployant toute son habileté dans les négociations dont il fut chargé à Rome, pour attirer sur lui l'attention du souverain et le forcer à reconnaître ses mérites. Mais Louis XIV était l'élève de Mazarin, et les conseils que celui-ci lui avait adressés ne furent pas oubliés ; s'il loua le cardinal de sa dextérité et de ses succès, il ne lui accorda nullement, ce que l'ancien frondeur rêvait : car il voulait gouverner lui-même et avec des hommes à lui. Aussi Retz, cachant son dépit, voyant ses calculs totalement déjoués, s'apercevant enfin qu'il était un homme d'un temps déjà ancien, revint-il sur ses vieux jours à la religion, faisant preuve d'une humilité peut-être sincère. Ses illusions étaient perdues, son rêve évanoui : mais, avant de mourir, il voulut laisser sa vengeance et il écrivit ses mémoires.
   Il semble en avoir commencé la rédaction en 1658 pendant qu'il était exilé et qu'il menait une vie errante, de Rome en Franche-Comté, et de là en Allemagne, en Hollande, en Belgique, en Angleterre. Il a revu cette première rédaction dans sa retraite de Commercy, où il vécut depuis 1665, peut-être sur la demande de Mme de Sévigné qui lui avait exprimé le désir de le voir « s'occuper et s'amuser » soit « à faire écrire », soit à « écrire son histoire ». C'est seulement après 1670 qu'il voulut vraiment faire un grand travail et que, pour le mener à bien, il prit deux collaborateurs, les pères bénédictins Picart et Hubert Belhomme. La mort l'empêcha de terminer son œuvre : les mémoires ne vont en effet que jusqu'à l'année 1655. [...]
   Si ces mémoires ont une valeur littéraire incontestable, il n'en est pas de même au point de vue historique. Œuvre de passion, écrite par un auteur vaniteux et vantard, qui, même après vingt ans, n'a pas oublié ses haines d'autrefois, ils manquent de bonne foi et de sincérité. Si Retz s'est abondamment servi du Journal du Parlement et de l'Histoire de mon temps jusqu'à les copier quelquefois textuellement, c'est, non pas pour venir au secours de sa mémoire fléchissante et incertaine, mais pour donner le change, pour tromper sciemment le lecteur. Il n'a été préoccupé que d'une idée, faire son apologie, et, pour cela, accabler celui qui l'avait vaincu, Mazarin, le poursuivre de ses traits acérés, l'accuser d'impéritie et de la ruine de la France, le calomnier même : contre cet homme néfaste toutes les attaques étaient permises et il était du devoir d'un bon Français de se révolter contre celui qui malgré tout restait un étranger, un Italien : Retz a voulu justifier le rôle qu'il avait joué et il n'a pas craint de transformer le caractère des événements, de les faire tourner à son profit et de mentir effrontément lorsqu'il en était besoin pour sa défense ou l'éloge de sa conduite.
   Il ne faut donc pas rechercher la vérité dans cette œuvre de combat, de polémique contre un homme qui ne pouvait plus riposter. Ces mémoires sont cependant utiles pour une étude générale de la société à l'époque de la Fronde : on y verra quel faible sens moral avaient alors ceux qui luttaient contre le premier ministre, quels mobiles ambitieux et intéressés dictaient leur conduite, à quelles extrémités ils étaient capables de se porter pour satisfaire leurs désirs. Retz possède un art admirable pour composer une scène, dépeindre les personnages principaux avec leurs caractères, leurs travers, leurs passions, leurs projets, et mener les intrigues jusqu'à la fin en graduant l'intérêt : rien de plus curieux que celles où il est le « grand premier rôle » dont il fait le portrait avec un soin infini, une variété parfaite de nuances délicates et de couleurs fortes. Ses mémoires sont à la fois une comédie en cent actes divers et une condamnation de la Fronde.

Bibliographie :
   - Bourgeois (Émile) et André (Louis), Les sources de l'histoire de France XVIIe siècle (1610-1715), n° 797.

Les quatre volumes : 90 euros (code de commande : 16506/vit1a).


 


Mémoires du cardinal de Retz (16506)
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