[ROHAN (Henri II, duc de)].

Les memoires du duc de Rohan. [Suivi de :] Veritable discours de ce qui s'est passé en l'assemblée politique des Eglises reformées de France, tenue à Saumur, par la permission du Roy, l'an 1612. Servant de supplement aux Memoires du Duc de Rohan.

Amsterdam, Hoogenhuysen, 1693.
[A Amsterdam, Chez André de Hoogenhuysen. cIc Icc xciii.]

In-12 plein veau d'époque, dos à 4 nerfs orné de fers dorés, [1 (titre)], [1 bl.], 196, 118 p.

Relié avec :

Memoires de Messire Jacques de Saulx, comte de Tavannes, lieutenant general des Armées du Roy. Où l'on rapporte avec une exacte fidelité, les causes, les motifs, & les divers mouvemens des factions des Princes, du Parlement, & de Paris ; durant les derniers troubles qui ont affligé la France jusqu'en l'année 1653.

Cologne, Pierre Marteau, 1691.
[A Cologne. Chez Pierre Marteau. cIc Icc XCI.]

247, [1 (privilège)] p.

À propos des Mémoire du duc de Rohan :
   « La première édition date de 1644 ; elle est due à Samuel de Sorbière qui s'était procuré un manuscrit des mémoires en Languedoc : elle est incomplète et s'arrête à 1626. La seconde édition porte le titre suivant : Mémoires sur les choses advenues en France depuis la mort de Henri le Grand jusques à la paix faite avec les réformés au mois de juin 1629, dernière édition augmentée d'un quatrième livre et de divers discours politiques du même auteur, ci-devant non imprimés, 1646. Réimpressions en 1661, 1662, 1693, 1698, 1726, 1706.
   L'importance du rôle joué par l'auteur dans le premier quart du XVIIe siècle devrait faire attribuer à ces mémoires une grande valeur. Gendre de Sully, Rohan fut en effet, après 1610, le chef reconnu du parti protestant et, tout en se déclarant constamment le partisan de la conciliation, il participa aux révoltes contre l'autorité royale : après 1620 surtout et jusqu'à la paix d'Alais, en 1629, il fut un condottiere dangereux qui n'hésita pas à s'allier avec l'Espagne, mais qui sut signer aussi son accommodement avec le roi. Quand il vit que la cause protestante était perdue définitivement et que le cardinal de Richelieu était fermement résolu à ne pas se laisser former en France un état dans l'état, il préféra, plutôt que de se soumettre, devenir le condottiere de Venise. Plus tard seulement, en 1633, il rentra au service de la France, fut chargé par Richelieu de conduire la guerre dans la Valteline et fit dans ce pays des campagnes mémorables. Mais la méfiance du cardinal l'obligea encore une fois à désobéir et à chercher fortune ailleurs : il alla rejoindre Bernard de Saxe-Weimar et, en combattant avec lui, fut blessé mortellement au siège de Rhinfelden.
   Le caractère allier et inquiet de ce chef de parti, de cet attardé de la Ligue, se dévoile tout entier dans ses mémoires. Que Rohan n'ait pas épargné les attaques contre ses adversaires, en particulier Richelieu, rien d'étonnant à cela. Mais ses coreligionnaires et ses alliés ne sont pas à l'abri de ses reproches amers ou de ses appréciations acerbes, à tel point que l'un d'eux, le prince de Condé, se trouvant trop maltraité, fit acheter au libraire et détruire ensuite presque tous les exemplaires de la première édition. La partialité et le manque de sang-froid de Rohan étaient d'ailleurs reconnus déjà par des hommes du XVIIe siècle : le diplomate Grotius, qui avait lu le manuscrit des mémoires, écrit, par exemple, à Oxenstierna dès 1638 : « Ce livre ne sera bien reçu ni en Angleterre, ni dans les Provinces-Unies, ni en France. Le roi de la Grande-Bretagne et les États Généraux y sont accusés d'avoir abandonné les intérêts de leur religion et fourni de quoi la détruire ; les principaux seigneurs réformés de la France sont taxés de trahison et de perfidie ; enfin le génie de ceux qui sont encore ici au timon des affaires y est vivement dépeint. » Si le père Lelong, dans sa Bibliothèque historique, se contente de dire que ces mémoires sont « curieux et écrits avec simplicité », l'abbé Le Gendre est beaucoup plus explicite dans son Histoire de France « Ces mémoires, dit-il, sentent son homme de qualité qui parle également bien de la guerre et du cabinet... Ce duc donne à tout ce qu'il dit un air à se faire croire dans les occasions même où il doit être le plus suspect. »
   Rédigés avec lourdeur, entremêlés de détails de sièges et d'opérations militaires, les mémoires de Rohan ressemblent à ceux d'Agrippa d'Aubigné. Ils ne donnent pas la physionomie vraie de leur auteur ; mais ils permettent de se rendre compte des dissensions religieuses et politiques qui arrêtèrent le développement de la France jusqu'au moment où Richelieu se décida à prendre La Rochelle. « Par contraste avec la France nouvelle qui se constitue, ce testament politique du parti protestant, de dix ans antérieur à celui de son vainqueur, par la forme et par le fond, a sa marque et son intérêt. On y voit ce qu'était ce parti, ce qu'il voulait, ses divisions, ses prétentions et ses habitudes de complot et de négociations avec l'étranger. » Écrits à Venise, où Rohan s'était retiré après la signature de la paix d'Alais, ils reflètent les déceptions et les rancunes du chef du parti vaincu. »

À propos des Mémoire de Tavannes :
   Il s'agit de la contrefaçon de la première édition publiée à Paris la même année.
   « Grand bailli de Dijon et lieutenant des gendarmes de Condé, Tavannes fit la guerre dès 1639 avec le duc d'Enghien, dont il devint un serviteur fidèle. À la fin de 1602, il rentra dans le devoir, mais tomba en disgrâce et ne servit plus.
   Tavannes raconte la Fronde des princes dans la région parisienne. Ses mémoires n'étaient pas terminés en 1672, puisqu'il relate la mort du chancelier Séguier. Il les a écrits pour deux raisons : il a voulu d'abord dire quelle part il avait prise aux événements ; il a voulu surtout se justifier d'avoir fait tirer le canon contre l'armée royale, ce qui aurait entraîné sa disgrâce. Il s'attache principalement à exposer les actions militaires : c'est un guerrier, et non pas un diplomate ou un homme d'intrigue comme Lenet ; il a été l'ami de Condé sans doute, mais il n'a pas été dans le secret des négociations. Ses relations du combat de Bléneau, du siège d'Étampes, de la bataille du faubourg Saint-Antoine ont un réel intérêt parce qu'elles ont été rédigées par un témoin oculaire que n'emporte pas la passion politique.
   Ce n'est pas à dire que Tavannes ne se trompe pas ; à distance, sa mémoire n'est pas toujours fidèle. Mais ces erreurs ne sont pas voulues : elles sont produites par ce fait que Tavannes a une trop bonne opinion de lui-même et exagère, sans s'en douter, l'importance de ses actions. Sa sincérité ne saurait être mise en doute : il est sans malice et sans artifice. »

Bibliographie :
   Bourgeois et André, Les sources de l'histoire de France XVIIe siècle (1610-1715), n° 706 et 807.

250 euros (code de commande : 19600).



Rohan Tavannes (19600)
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