ROUSSEAU (Jean-Baptiste).

Odes, cantates, épitres et poésies diverses de J. B. Rousseau. Édition stéréotype, d'après le procédé de Firmin Didot.
Tomes I et II (complet).

Paris, Didot, 1799.
[A Paris, / de l'imprimerie et de la fonderie stéréotypes / de Pierre Didot l'aîné, et de Firmin Didot. / An VII. (1799.)]

Deux volumes in-12 sous leur brochage d'époque, 234 et 218 p.

Préface :
   Loin de me piquer de ne devoir rien qu'à moi-même, j'ai toujours cru, avec Longin, que l'un des plus sûrs chemins pour arriver au sublime étoit l'imitation des écrivains illustres qui ont vécu avant nous, puisqu'en effet rien n'est si propre à nous élever l'âme et à la remplir de cette chaleur qui produit les grandes choses, que l'admiration dont nous nous sentons saisis à la vue des ouvrages de ces grands hommes. C'est pourquoi, si je n'ai pas réussi dans les odes que j'ai tirées de David, je ne dois en accuser que la foiblesse de mon génie ; car je suis obligé d'avouer que si j'ai jamais senti ce que c'est qu'enthousiasme, c'a été principalement en travaillant à ces mêmes cantiques que je donne ici à la tête de mes ouvrages.
   Je leur ai donné le titre d'odes, à l'exemple de Racan, celui de traduction ne me paroissant pas convenir à une imitation aussi libre que la mienne, qui, d'un autre côté, ne s'écarte pas assez de son original pour mériter le nom de paraphrase. Et d'ailleurs, si on a de l'ode l'idée qu'on en doit avoir, et si on la considère, non pas comme un assemblage de jolies pensées rédigées par chapitres, mais comme le véritable champ du sublime et du pathétique, qui sont les deux grands ressorts de la poésie, il faut convenir que nul ouvrage ne mérite si bien le nom d'odes que les psaumes de David ; car où peut-on trouver ailleurs rien de plus divin, ni où l'inspiration se fasse mieux sentir, rien, dis-je, de plus propre à enlever l'esprit et en même temps à remuer le cœur ? Quelle abondance d'images ! quelle variété de figures ! quelle hauteur d'expression ! quelle foule de grandes choses, dites, s'il se peut, d'une manière encore plus grande ! Ce n'est donc-pas sans raison que tous les hommes ont admiré ces précieux restes de l'antiquité profane où on entrevoit quelques traits de cette lumière et de cette majesté qui éclatent dans les cantiques sacrés ; et quelques beaux raisonnements qu'on puisse étaler, on ne détruira pas cette admiration tant qu'on n'aura à leur opposer que des amplifications de college, jetées toutes, pour ainsi dire, dans le même moule, et où tout se ressemble, parceque tout y est dit du même ton et exprimé de la même manière ; semblables à ces figures qui ont un nom particulier parmi les peintres, et qui, n'étant touchées qu'avec une seule couleur, ne peuvent jamais avoir une veritable beauté, parceque l'ame de la peinture leur manque, je veux dire le coloris.
   Je me suis attaché sur toutes choses à éviter cette monotonie dans mes odes du second livre, que j'ai variées à l'exemple d'Horace, sur lequel j'ai tâché de me former, comme lui-même s'étoit formé sur les anciens lyriques. Ce second livre est suivi d'une autre espèce d'odes toute nouvelle parmi nous, mais dont il seroit aisé de trouver des exemples dans l'antiquité. Les Italiens les nomment cantates, parcequ'elles sont particulièrement affectées au chant : ils ont coutume de les partager en trois récits coupés par autant d'airs de mouvement ; ce qui les oblige à dîversifier les mesures de leurs strophes, dont les vers sont tantôt plus longs et tantôt plus courts, comme dans les chœurs des anciennes tragédies et dans la plupart des odes de Pindare. J'avois entendu quelques unes de ces cantates ; et cela me donna envie d'essayer si on ne pourrait point, à l'imitation des Grecs, réconcilier l'ode avec le chant : mais comme je n'avois point d'autre modèle que les Italiens, à qui il arrive souvent, aussi-bien qu'à nous autres François, de sacrifier la raison à la commodité des musiciens, je m'apperçus, après en avoir fait quelques unes, que je perdois du côté des vers ce que je gagnois du côté de la musique, et que je ne ferois rien qui vaille tant que je me contenterois d'entasser de vaines phrases poétiques les unes sur les autres sans dessein ni liaison ; c'est ce qui me fît venir la pensée de donner une forme à ces petits poèmes en les renfermant dans une allégorie exacte dont les récits lissent le corps, et les airs chantants l'ame ou l'application. Je choisis parmi les fables anciennes celles que je crus les plus propres à mon dessein ; car toute l'histoire fabuleuse n'est pas propre à être allégoriée : et cette manière me réussit assez pour donner envie à plusieurs auteurs de travailler sur le même plan. De savoir si ce plan est le meilleur que j'eusse pu choisir, c'est ce qu'il ne me convient pas de décider, parcequ'en matière de nouveautés rien n'est si trompeur qu'une première vogue, et qu'il n'y a jamais que le temps qui puisse apprécier leur mérite et les réduire a leur juste valeur.
   Quant à mes épîtres, je les ai travaillées avec la même application que mes autres ouvrages, et j'y ai même donné d'autant plus de soin, qu'avant à y parler de moi en plusieurs endroits, il fa'loit relever en quelque sorte la petitesse de la matière par les agréments de la diction. Du reste, je me suis assujetti, dans ces épîtres, aussi-bien que dans les allégories et les épigrarnmes qui suivent, à une mesure de vers qui avoit été assez négligée pendant tout le siècle passé, et qui est pourtant la plus convenable de toutes au style naïf et à la narration ; ce qu'il me seroit aisé de prouver, si je ne craignois d'ennuyer le lecteur par un détail d'observations dont, il n'a que faire. Ce n'est pas que je prétende par-là que toutes les grâces de ce style, dont Marot nous a laissé un si excellent modèle, soient uniquement renfermées dans la mesure de ses vers et dans le langage de son temps ; ce seroit rendre très aisée une chose très diffïcile : mais il est certain qu'avec le génie, qui ne s'acquiert point, cette espèce de mécanique, dont l'usage est facile a acquérir, contribue fort à l'élégance d'un ouvrage, et que c'est souvent la contramte apparente de la mesure et de l'arrangement des rimes qui donne au style cet air de liberté que n'ont point les vers les plus libres et les plus faciles à faire.

Les deux volumes : 40 euros (code de commande : 26901).



Rousseau - Odes... (26901)
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