SAINT-FOIX (Germain-François Poullain de).

Œuvres de theatre de Monsieur de Saintfoix.
Tome[s] premier [et] second
(complet).

Paris, Prault fils, 1748.
[A Paris, / Chez Prault Fils, Libraire, Quai / de Conti, vis-à-vis la descente / du Pont-Neuf, à la Charité. / M. DCC. XLVIII. / Avec Approbation & Privilege du Roi.]

Deux volumes in-12 plein veau marbré d'époque, dos lisses ornés de fleurons dorés, dos frottés avec un manque en queue du tome II, tranches marbrées, tome I : [2 bl.], [1 (titre)], [1 bl.], [1 (table)], [1 bl.], 298, [2 bl.] p., tome II : [2 bl.], [1 (titre)], [1 bl.], [1 (table)], [1 bl.], 218, [2 bl.] p., ex-libris.

Les deux volumes contiennent :
   Tome I : L'Oracle - Pirrha & Deucalion - Les Veuves turques - Le Silphe - L'Isle sauvage - Les Grâces.
   Tome II : Julie ou l'Heureuse épreuve - Divertissement à l'occasion du mariage de M. le Dauphin avec la Princesse de Saxe - Égérie - Le Double déguisement - Zéloïde, tragédie - Arlequin au serrail.

Extrait de la Correspondance de Grimm et Diderot :
   M. Germain-François Poulain de Saint-Foix, né à Rennes en 1703, historiographe de l'ordre du Saint-Esprit, est mort à Paris vers la fin du mois de juillet. Les lettres lui doivent plusieurs ouvrages estimables. Son Théâtre, quoique d'un genre fort inférieur à celui de nos grands maîtres, offre plusieurs tableaux d'une composition ingénieuse, d'un faire agréable et spirituel. L'Oracle et les Graces feront encore long-temps les délices de la scène française. Il y a dans les Essais sur Paris et dans l'Histoire de l'Ordre du Saint-Esprit, une foule de recherches curieuses et d'anecdotes piquantes. Le style de M. de Saint-Foix est en général simple et pur, naturel et précis. C'est un mérite qu'on ne saurait trop apprécier depuis que l'affectation du bel esprit, le jargon métaphysique, et les petites prétentions à la chaleur et au génie, l'ont rendu si rare.
   Le caractère de M. de Saint-Foix formait un contraste assez singulier avec celui de ses ouvrages. L'auteur des Graces était bien le mortel le plus sec et le plus bourru qu'il fût possible de rencontrer. Tout le monde sait son aventure avec le chevalier de Saint-Louis, comme il se battit pour une bavaroise, comme il reçut un grand coup d'épée, et comme il s'obstina toujours à dire qu'une bavaroise était un fichu dîner. Il eut vingt affaires dans sa vie pour des sujets de la même importance ; et toujours malheureux, rien ne put le corriger d'une manie si étrange, et surtout si peu commune à messieurs les gens de lettres.
   Si ses écrits étaient en opposition avec son caractère, ils ne l'étaient guère moins avec ses goûts. M. de Saint-Foix n'a rien fait, du moins d'imagination, qui ne soit d'un genre facile et gracieux, et tous ses jugemens en littérature étaient d'une sévérité très-exclusive, pour ne pas dire très-injuste. Il n'estimait que les ouvrages d'une touche austère et vigoureuse. Corneille était son idole, Racine avait, à son gré, trop de mollesse et de douceur. Il avait pris, je ne sais pourquoi, l'aversion la plus décidée pour Henri IV ; et une des dernières occupations de sa vieillesse fut de rassembler un grand nombre de matériaux qu'il prétendait employer à détruire l'enthousiasme avec lequel la France entière adore la mémoire de ce bon roi. Seraient-ce les opéra du citoyen de Toulouse [Durozoi] qui lui auraient donné cet excès de mauvaise humeur ?
   M. de Saint-Foix pensait fort librement sur la religion. Il détestait les prêtres, mais il n'aimait pas mieux les philosophes, et se plaisait souvent à raconter la leçon que lui fit un jour son père sur les dangers d'une philosophie trop hardie. Cet honnête vieillard avait appris que son fils, encore fort jeune, avait formé, avec quelques-uns de ses camarades, le projet d'attaquer ouvertement les objets les plus sacrés de notre culte. Il le fit venir, lui parla de cette entreprise avec beaucoup d'indulgence et de douceur, l'engagea même à lui faire confidence des motifs qui l'avaient déterminé à des mesures qu'il comptait prendre ; et après l'avoir écouté avec beaucoup de patience : « Mon fils, lui dit-il, regardez ce crucifix : cet homme fut un juste ; voyez comme on le traita, rentrez en vous-même.... » Jamais l'aspect d'un crucifix n'avait opéré conversion plus subite et moins miraculeuse.
   A la première représentation des Philosophes, M. de Villemorin, l'un des tenans de la ferme générale, ayant trouvé M. de Saint-Foix au foyer, s'approcha de lui d'un air fort empressé, et lui dit : « Vous avez vu ces Philosophes, Monsieur, eh bien ! cela n'est-il pas très-plaisant ? » – « Pas tant, » lui répliqua notre gentilhomme breton avec cet accent brusque et lent qui lui était propre, « pas tant que Turcaret.... » On se souvient que messieurs les fermiers-généraux avaient offert cent mille francs à Lesage pour ne point faire jouer sa pièce ; mais, quoiqu'il fût dans la misère, il préféra sa vengeance à sa fortune.

Bibliographie :
   - Cioranescu (Alexandre), Bibliographie de la littérature française du dix-huitième siècle, n° 58298.
   - Grimm (Friedrich Melchior), Correspondance littéraire, philosophique et critique de Grimm et de Diderot depuis 1753 jusqu'en 1790. Tome 9, Septembre 1776, pp. 200-202.

Les deux volumes : 80 euros (code de commande : 24964).



Saint-Foix (24964)
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