Francis CARCO

 Page de la section "Littérature française"
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CARCO (Francis) — Rien qu'une femme. Eaux-fortes de Chas Laborde. Paris, [Éditions de la Roseraie], 1925. In-8° broché sous couverture rempliée, 162 p., une vignette de titre gravée et xx eaux-fortes en couleurs hors texte, tirage limité à 276 exemplaires, un des 200 numérotés sur vélin de Rives (n° 224), en bon état.
En préambule du premier chapitre :
   C’est, à coup sûr, ce soir de mi-carême, bruyant et pluvieux, que le diable entra chez nous. Je le vis. Il courait après Mariette, une de nos servantes, et s’engouffra, derrière elle, dans la maison : j’en eus une frayeur atroce mais, à ma grande surprise et malgré les cris que jetait Mariette, nulle odeur de brûlé ne me révéla sa présence et rien, durant un certain temps, ne nous arriva d’extraordinaire si ce n’est que les affaires, sans aller mal, prirent une tournure capricieuse à laquelle personne de nous n’était habitué.
   J’avais alors quinze ans. Ma mère tenait, près de la gare, un hôtel de voyageurs très réputé dans la région, pour la bonne chère qu’on y faisait, la propreté des chambres, le service empressé des domestiques et la modicité des prix. La vie, en ce temps-là, n’était pas ce qu’elle est aujourd’hui, et ma mère, en maîtresse femme, mettait son point d’honneur à traiter ses clients à meilleur compte que n’importe où... Cela n’allait pas, certes, sans tapage, mais, pour qui connaissait, comme on le disait, « la patronne », il lui était impossible de ne pas la soutenir dans les colères qu’elle prenait contre les filles de la campagne qu’elle employait et qui, les premiers temps, ne savaient absolument rien faire de leurs dix doigts.
   C’était de grandes disputes et des remontrances et des jérémiades de toute sorte, à chaque servante nouvelle. Puis, ou que ma mère se lassât, ou que la malheureuse qu'elle avait tant tarabustée se fût familiarisée avec les habitudes de la maison, la vie devenait plus agréable et un silence, tout relatif, succédait aux injures et aux larmes.
   Les clients ne s’en apercevaient guère car ce n’était pas, bien entendu, devant eux que ma mère gourmandait ses bonnes. Mais ai-je assez eu les oreilles rompues de ces « Ma fille ! » par-ci ; « Zélie ! » par-là : « Toinette ! Ursule ! Angèle ! » qui ébranlaient l’hôtel entier... Tous les noms du calendrier y ont passé, je crois. Et je n’avais garde alors de lever le nez de dessus mes cahiers de classe ni d’attirer sur moi l’attention de personne, parce que je savais, pour l'avoir expérimenté à mes dépens, ce qui se serait produit.
   ...Qu’ai-je besoin de remonter à cette période de ma vie où ma mère me corrigeait ferme, tout en m’aimant beaucoup à sa manière, et faisait de son mieux pour m’élever correctement ? Je n’en conserve qu’un souvenir banal, qui ne me donne aucune curiosité de l’enfant que je dus être, entre ces quatre ou cinq servantes, le chef, notre cocher Redu et les inconnus de toute espèce qu’il trimballait, de la gare à l’hôtel, et remportait, quelquefois pour toujours, le lendemain, dans sa guimbarde. Je n’en parlerai donc pas, ni de l’hôtel qui avait pour enseigne : Au Cheval Blanc et se voyait de loin, à cause de sa toiture d’ardoises coiffant trois étages de façade, vers le bout du faubourg.
   Et pourtant, que la description m’en plairait à faire par le détail, depuis le porche d’où débouchait Redu cinq fois par jour avec son omnibus, jusqu’aux chambres des bonnes éclairées, tout en haut, par des fenêtres à tabatière ! Mais à quoi bon ? et comment m’y prendrais-je pour ne pas m’embrouiller dans une fastidieuse énumération de pièces, à peu près toutes semblables, où l’on couchait, de corridors, d’escaliers, de recoins, sans oublier la vaste salle du rez-de-chaussée, où se trouvait la table d’hôte et à laquelle on accédait, de la rue, par un assez beau vestibule ?
   Je revois toutes ces choses, témoins muets de mon enfance et de ma singulière jeunesse. J’en porte en moi le goût natal, comme ces armoires qui conservent à jamais une odeur de linge, si pénétrante qu’elle vous trouble à l’égal d’un parfum...

180 euros (code de commande : 30593).

 

RENÉ-JACQUES (Jacques Giton, dit) et CARCO (Francis) — Envoûtement de Paris. Paris, Nathan, 1988. In-4° sous reliure toilée et jaquette illustrée d'éditeur, 44 p. et l'album de 87 reproductions pleine page en noir, (collection « Nathan Image »), petit cachet humide ex-libris en bas de la page de titre.
Sur le rabat de la jaquette :
   Suivez Francis Carco et René-Jacques, le poète de la ville et le photographe, dans le dédale de Paris. Celui des petites gens et des belles combines. Des matins pâles et des arbres au bord de l'eau. Entre bancs et péniches, on se confie. On raconte de drôles de métiers, on pratique une bonne liberté.
   Suivez et vous serez captivé.
   1938-1988, cinquante berges ! « Une paye » comme aurait dit Carco. Pourtant, par transparence, nous reconnaissons ce Paris. Les deux promeneurs du temps passé, Messieurs Naguère, le conteur et l'imagier, sans s'en douter, de Paris, ils avaient attrapé l'éternité.
   René-Jacques est connu pour ses illustrations, par la photographie, de livres de Montherlant, Peisson ou Héron de Villefosse. Ses œuvres ont figuré dans de nombreuses expositions et publications en France et à l'étranger.

25 euros (code de commande : 25841).

 

CARCO (Francis) — Maman Petitdoigt. Neuvième édition. Paris, Crès et Cie, 1922. In-8° broché, 90 p., couverture un peu défraîchie.
Note de l'éditeur :
   Ces quelques pages ne représentaient pour l'auteur – lorsqu'elles parurent dans la Revue de Paris – que les premiers chapitres d'un volume de souvenirs qui ne sera saris doute jamais écrit. Publiées en 1920, l'édition en fut aussitôt épuisée. Mais cette édition, par son prix, sa présentation de haut luxe et son tirage limité, ne s'adressait qu'aux bibliophiles. Nous voulons, aujourd'hui, rendre possible au grand public la lecture de ce petit ouvrage et permettre à tous d'apprécier les qualités qui lui ont valu son succès.

10 euros (code de commande : 23509).



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