André MAUROIS

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MAUROIS (André)Fragments d'un journal de vacances. Portrait par Angéline Béloff. Paris, Hazan, 1929. In-8° broché, 91 p., (collection « Un Chapitre de ma vie », n° 9), exemplaire numéroté sur vergé de Rives à la forme (n° 474), quelques rousseurs.

   

15 euros (code de commande : 24620).

 

[FLEMING (Alexander)]. MAUROIS (André) — La vie de Sir Alexander Fleming. Liège, Cercle des Lecteurs, 1959. In-8° sous reliure d'éditeur (maquette de Willy Copay), 319 p., exemplaire numéroté sur Bouffant supérieur (n° 1918), en très bel état.
Extrait de la note liminaire :
   Le choix de ce sujet surprendra. J'avais écrit jusqu'ici sur des poètes, sur des romanciers, sur des hommes d'action, jamais sur un chercheur scientifique. C'était une raison pour le faire. En un temps où la science transforme si profondément, pour le meilleur et pour le pire, la vie humaine, il est naturel de s'intéresser au savant, au fonctionnement de son esprit et à la nature de sa recherche.
   Et pourquoi Fleming ? Je pourrais dire, en toute vraisemblance, que l'importance de sa découverte justifie ma décision. À la vérité, une volonté autre que la mienne a joué, au départ, un rôle essentiel. En novembre 1955, je reçus de Lady Fleming une lettre où elle me disait qu'elle souhaitait que j'écrivisse la vie de son mari, mort au début de la même année. Cette lettre était émouvante. Je répondis que j'étais prêt à parler de ce projet.
   Lady Fleming vint à Paris. Étant elle-même médecin et bactériologiste, elle put m'exposer avec précision les problèmes que j'aurais à traiter, si j'acceptais. Elle offrait de mettre à ma disposition les papiers et travaux de son mari. Bien qu'elle fût persuasive, et que je fusse tenté par un sujet pour moi si neuf, je demandai un temps, d'ailleurs fort court, de réflexion.
   Il y avait, pour hésiter, des raisons assez fortes. D'une part, je pensais qu'un savant écrirait ce livre mieux que moi ; d'autre part, le caractère de Fleming, homme silencieux et secret, semblait difficile à peindre. Mais une difficulté est aussi un défi. Je fus tenté de le relever. Des amis français : les professeurs Robert Debré et Georges Portmann, qui avaient connu Fleming ; le docteur Albert Delaunay, de l'Institut Pasteur, qui m'offrit de m'enseigner ce qu'il me fallait savoir de bactériologie, m'encouragèrent.
   J'avais commencé ma vie littéraire en décrivant, au temps de ma jeunesse, un Écossais taciturne dans Les Silences du colonel Bramble. Ne serait-ce pas établir une symétrie, assez satisfaisante pour l'esprit, que d'écrire, dans ma vieillesse, Les Silences du professeur Fleming ? Les deux hommes possédaient, sous des formes différentes, les mêmes vertus. Un mélange de secret humour, de loyalisme et d'indépendance, de réserve et d'intelligence, était fait pour me plaire. Bref, j'acceptai.
   Je ne le regrette pas. À étudier de plus près les méthodes des chercheurs et leur mode de vie, j'ai beaucoup appris. En outre, j'ai vite découvert que les drames humains ne manquaient pas dans cette existence, en apparence si unie. Les rapports de Fleming et de son maître, Almroth Wright, contenaient à eux seuls les éléments d'un tel drame. La vie d'un laboratoire est celle d'un groupe ; j'ai essayé de la peindre. Quant à mon héros, mieux je l'ai connu, plus je me suis attaché à lui.

13 euros (code de commande : 23959 - vendu).

 

MAUROIS (André) — Les derniers jours de Pompéi. Portrait de l'auteur par L. Madrassi. Lithographies d'Edy Legrand. Paris, Lapina, 1928. In-8° broché sous étui, 103 p., un portrait gravé à pointe sèche en frontispice un fac-similé des premières pages du manuscrit et 8 lithographies hors texte, (collection « Les Images du Temps », n° V), exemplaire numéroté sur vergé de Rives B.F.K. pur chiffon (n° 585), en très bel état malgré le dos un peu insolé.

      
Couverture, portrait par Madrassi et illustration par Edy Legrand.

25 euros (code de commande : 22947 - vendu).

 

 

 

MAUROIS (André) — Byron. Vignettes de Hermine David. Tome premier et second (complet). Paris, Émile-Paul, 1931. Deux volumes in-8° demi-maroquin brun à coins, tête dorées, couvertures conservées (reliure signée par G. Apers), tome I : VI, 290 p., 1 portrait-frontispice en couleurs et 22 vignettes de tête de chapitre, tome II : 280 p., 1 frontispice en couleurs et 15 vignettes de tête de chapitre, exemplaire numéroté sur vélin de Rives (n° 374), ex-libris J. J. Olinger, reliures frottées, dos passés.
Préface :
   Les sources originales de toute Vie de Byron sont la correspondance (les six volumes de l'édition de Lord Ernle et les deux volumes complémentaires édités par Murray en 1922), les Poèmes, la Vie de Byron par Moore, l'Astarté de Lord Lovelace, et un certain nombre de Mémoires contemporains. On trouvera dans les notes qui sont à la fin de cet ouvrage les sources de chaque chapitre et les références des citations.
   Lady Lovelace a bien voulu m'autoriser à consulter ses archives. L'abondance des matériaux quelles contiennent est telle que la seule difficulté était de choisir. Je me suis attaché surtout aux textes qui éclairaient l'inquiétude religieuse de Byron et au journal inédit de Lady Byron. À Harold Nicolson, grand érudit byronien et confrère généreux, je dois la communication d'un document remarquable : l'exemplaire de Moore qui appartenait à Hobhouse, et qui a été annoté par l'ami le plus intime de Byron. Ces notes de Hobhouse apportent quelques anecdotes nouvelles et de curieuses indications sur la formation morale de Byron. Je dois remercier aussi Lord Lansdowne, qui m'a confié la correspondance inédite de Byron et de Miss Elphinstone ; le Colonel Murray qui, avec beaucoup de bonne grâce, a mis à ma disposition ses dossiers ; la Comtesse Le Marais qui m'a communiqué une lettre de l'Abbé de Brême sur Byron à Milan ; Lady Airlie, Lady Jersey ; Mr Clément du Pontet, bibliothécaire de Harrow ; Mr Brecknock, bibliothécaire de Hucknall Torkard ; Mr Charles Ion Fraser, l'actuel propriétaire de Newstead Abbey ; Mr Gordon George, qui a fait pour moi des recherches parmi les rapports de police de Vienne ; M. de Vivie de Régie, à qui l'on doit la publication des documents sur Médora en France ; et enfin, en Grèce, M. Camborouglou, M. Andréadès, et le Maire de Missolonghi. Je n'ai pas besoin de dire ce que, comme tous ceux qui étudient la vie et les œuvres de Byron, je dois à Lord Ernle.
   Au temps de la publication d'Ariel, plusieurs critiques m'avaient reproché l'absence de chronologie et la place insuffisante donnée aux œuvres dans cette vie d'un poète. Ces deux observations me semblent justes ; j'ai donc essayé ici de citer des dates aussi souvent que cela était possible, et j'ai ajouté à la fin du livre une chronologie byronienne. Pour les poèmes, la grande difficulté est de les traduire. La traduction en prose ne donne aucune idée de la miraculeuse coïncidence du sens et du rythme par où se révèle le génie d'un poète ; la traduction en vers est presque impossible. J'ai fait de mon mieux pour transposer (surtout dans la troisième partie, qui décrit la période de grande production poétique de Byron) certains fragments en prose rythmée.
   Ayant déjà écrit une Vie de Shelley, je ne pouvais guère raconter, une fois de plus, des faits qui pourtant sont nécessaires à l'intelligence de la vie de Byron. Je les ai rappelés brièvement. Le lecteur qui en ignore les détails et souhaite les connaître, les trouvera, soit dans la Vie de Shelley par Dowden, soit dans la Vie, plus récente, de W. E. Peck.
   Reste un sujet difficile, ou du moins que l'on a rendu tel en le déformant. Sur la question de l'inceste, tout biographe de Byron doit, qu'il le veuille ou non, prendre parti. J'emploie le mot pour suivre la tradition, et bien qu'à mon avis cet inceste soit un crime assez imaginaire. Non seulement Augusta Leigh n'était que la demi-sœur de Lord Byron, mais il ne l'avait presque jamais vue avant le moment où, en 1813, il la rencontra et l'aima. De la réalité de cet amour j'avoue ne pas comprendre comment l'on peut douter après la publication d'Astarté, des lettres à Lady Melbourne, et de la Vie de Lady Byron.
   Ce qui détermine ma conviction, c'est : 1° la correspondance avec Lady Melbourne dont personne ne nie l'authenticité et qui est, si l'on n'admet pas l'inceste, dépourvue de tout sens intelligible ; 2° les lettres innombrables échangées entre Lady Byron, Augusta, Mrs Villiers, Médora, Ada, et où l'amour de Byron pour Mrs Leigh est traité comme un fait connu, indiscuté ; 3° les lettres de Mrs Leigh elle-même qui s'efforce d'établir, non que les relations n'ont jamais existé, mais seulement qu'elles n'ont pas continué après le mariage de Byron, en quoi d'ailleurs elle dit la vérité, et son témoignage est confirmé par celui de Byron ; 4° le livre de M. de Vivie de Régie sur Médora, livre qui, en prouvant que Médora était une fille de Byron, fixe de façon certaine à l'été de 1813 le début de cette liaison.
   J'espère, tout en traitant cet épisode sans hypocrisie, avoir fait partager au lecteur les sentiments d'admiration et de pitié que, me semble-t-il, doit inspirer le caractère de Byron. Surtout je me suis attaché à observer les proportions véritables et à ne pas faire de ce thème secondaire le sujet central d'une Vie de Byron. Le conflit qui est l'essence du byronisme existait avant l'inceste, la cause de la séparation n'est pas l'inceste, et dès 1818, Augusta Leigh n'est plus, dans la vie de Byron, qu'une ombre légère et apaisée. On a souvent cherché à opposer Lord Byron et sa femme l'un à l'autre comme s'il était nécessaire que dans un mariage manqué il y eût un coupable. Lord et Lady Byron avaient tous deux des défauts irritants et de hautes vertus. Ils n'étaient pas faits pour une vie commune, mais on verra par les textes que je cite qu'ils avaient fini par se rendre une mutuelle justice avec plus de lucide sérénité que leurs champions posthumes.
   Au lecteur qui souhaiterait, sur cette question, former lui-même son jugement, je ne puis que conseiller de lire : contre ma thèse, le livre de Mr Richard Edgcumbe (Byron : the Last Phase) et ses articles ; pour une thèse intermédiaire, celle du doute, la première partie du livre de John Drinkwater et l'article de Lord Ernle dans la Quarterly Review ; dans le même sens que moi : Astarté, le Byron Mystery de Sir John Fox, le Byron de mon ami Charles du Bos, et la Vie de Lady Byron par Miss Ethel Colbum Mayne. Je ne veux pas citer Miss Mayne sans la remercier d'avoir, dans sa préface, rappelé si aimablement notre travail commun. J'ai conservé, moi aussi, le meilleur souvenir de sa courtoisie en ces circonstances.
   Je serais très heureux si ce livre avait la fortune de ramener à l'œuvre de Byron des lecteurs anglais et français qui la jugent avec sévérité sans la connaître.
   La poésie de Byron avait été celle d'une époque inquiète. La Révolution Française avait fait naître de grands espoirs quelle avait déçus. Les guerres napoléoniennes avaient été l'occasion d'actes héroïques et vains. Des millions d'hommes avaient éprouvé, comme Byron, le sentiment de l'injustice et de la folie de l'univers. Pour eux comme pour lui-même, ses poèmes avaient été « le volcan dont l'éruption empêche un tremblement de terre. »
   Après 1830, la vie de l'Europe changea. Les classes moyennes arrivaient au pouvoir ; la science mettait au service des hommes des forces dont on n'apercevait pas encore les limites. Époque d'espoirs bourgeois. Le Destin cédait. Un poème sur Don Juan choquait à la fois des aristocrates dévots et des boutiquiers triomphants. Les sujets de la reine Victoria, qui fondaient un Empire, ne voulaient pas savoir que les Empires se succèdent comme les vagues de la mer. Carlyle, qui avait aimé Byron, se détachait de lui. Un volcan ? Oui, pensait-il, Byron avait eu la force inutile et dangereuse d'un volcan. « Et maintenant, écrivait Carlyle, nous regardons tristement les cendres du cratère qui, avant longtemps, se remplira de neige. »
   Ainsi le prophète s'unissait au marchand pour condamner Childe Harold. Ça et là, quelque esprit plus hardi, Ruskin, Browning, reconnaissait sa force et sa grandeur. En France, Flaubert se nourrissait de Byron et, au cours d'un pèlerinage à Chilien, trouvait une joie religieuse à voir ce nom gravé dans la pierre. « Tout le temps j'ai songé à l'homme pâle qui un jour est venu là, s'y est promené de long en large, a écrit son nom sur la pierre et est reparti... Le nom de Byron est gravé de côté et il est déjà noir comme si on avait mis de l'encre dessus pour le faire ressortir ; il brille en effet sur la colonne grise et jaillit à l'œil dès en entrant : au-dessous du nom la pierre est un peu mangée comme si la main énorme qui s est appuyée là l'avait usée par son poids. » Mais les médiocres jouissaient de la déchéance d'un génie. Le jeune Leconte de Lisle étant allé voir Béranger, le chansonnier lui dit qu'il n'admirait pas Byron : « Des vers comme les siens, peuh ! moi, tous les soirs, j'en fais en rêve, quand je dors. » – « Ah ! mon cher maître, répondit Leconte de Lisle, que ne dormez-vous toujours ! »
   Puis la réaction anti-byronienne atteignit les meilleurs. En France comme en Angleterre, le réalisme de la prose et la vulgarité de la vie inspirèrent aux poètes le désir de chercher refuge dans la pureté de la forme. À Byron on préféra Keats, Shelley, Swinburne. En 1881, Matthew Arnold, dans une préface célèbre, défendit Byron, loua l'impérissable excellence de sa sincérité et de sa force, le mit au-dessus de Keats mort trop jeune et de Shelley, « bel ange inefficace qui bat en vain le vide de ses ailes lumineuses. » Swinburne et ses amis protestèrent et triomphèrent. Matthew Arnold avait prédit qu'en 1900, le premier nom que prononcerait l'Angleterre, récapitulant les gloires du siècle, serait celui de Byron. Il se trompait. En 1900 cette poésie ne rencontrait plus que la froide indifférence des esthètes. On jugeait Byron sur le Corsaire, sur le Giaour, sur des poèmes qu'il avait lui-même condamnés. Assez rares étaient (et sont encore) ceux qui avaient lu les derniers chants de Don Juan, le troisième chant de Childe Harold, les courts poèmes lyriques, le Prométhée et les admirables journaux en prose.
   Une vie de Byron n'est pas une étude critique sur la valeur poétique ou sur l'influence littéraire de Byron. J'ai indiqué le sujet ; je ne l'ai pas traité. À ceux qui souhaiteraient des idées complémentaires, je conseille de lire la Préface de Mr Coleridge à sa parfaite édition des Poèmes ; les conférences du Professeur Grierson, d'Edimbourg, et (dès qu'elles auront paru) les leçons professées à Cambridge par Mr Desmond Mac Carthy. Sur l'influence de Byron en France, il existe une thèse d'Estève : Byron et le Romantisme Français.

Les deux volumes : 45 euros (code de commande : 17655 - vendu).

 

MAUROIS (André) — Bernard Quesnay. Roman. Paris, Grasset, 1928. In-8° broché, 222 p., (collection « Œuvres de André Maurois » - « Bibliothèque Bernard Grasset », V), exemplaire numéroté sur vélin pur chiffon (n° 622), très bon exemplaire.

13 euros (code de commande : 17604).

 

MAUROIS (André) — Nico. Le petit garçon changé en chien. Photographies de Gérald Maurois. Paris, Calmann-Lévy, 1955. In-4° broché, [48] p., petites déchirures sans manque sur les bords de la jaquette sinon bon exemplaire.

15 euros (code de commande : 17605 - vendu).

 

MAUROIS (André) — Une carrière. Paris, À la Cité des Livres, 1926. In-8° broché, 65 p., (collection « L'Alphabet des Lettres », n° M), un des 350 exemplaires numérotés sur vergé à la forme d'Arches (n° 254), exemplaire en très bel état malgré le dos un peu insolé.

15 euros (code de commande : 17603).

 

MAUROIS (André) — Arabesques. [Paris]., Marcelle Lesage, 1925. In-12 broché, 72 p, deux reproductions d'extraits manuscrits contrecollés in-fine, (collection « La Folie du Sage », n° 1), un des 225 exemplaires numérotés sur Arches (n° 145), joli exemplaire.

20 euros (code de commande : 17553).

 

MAUROIS (André) — Les silences du colonel Bramble. Grasset, 1928. In-8° broché, 256 p., (collection « Bibliothèque Bernard Grasset », n° 1 - « Oeuvres de André Maurois »), exemplaire numéroté sur vélin pur chiffon (n° C691), très bon exemplaire.

15 euros (code de commande : 17552 - vendu).

 

MAUROIS (André) — La machine à lire les pensées. Récit. Paris, Gallimard, 1937. In-8° broché, 217 p., édition originale, exemplaire numéroté sur Alfa (n° 441) en très bel état.
Extrait de l'Encyclopédie de l'utopie et de la science-fiction, de Pierre Versins :
   Du début à la fin de sa carrière, [André Maurois] s'est intéressé activement à la conjecture, irrationnelle et, surtout, rationnelle.
   [En 1937 paraît le dernier de ses] romans conjecturaux, La machine à lire les pensées, dont le thème, encore, n'était pas très neuf. La morale de l'histoire tient en cette citation : « Cent fois, j'ai assisté à ceci : par un psychogramme honnêtement enregistré, je prouvais à tel partisan fanatique que l'un de ses adversaires était, malgré ses opinions, un citoyen loyal et qui aimait de tout cœur son pays. Le premier effet était de surprise incrédule ; suivait un temps assez long de silence, de malaise et de mécontentement ; puis l'orage éclatait et j'étais accusé de dissocier le parti (quel qu'il fût) par une propagande malsaine... »

15 euros (code de commande : 17533).

 

[VALÉRY (Paul)]. MAUROIS (André) — Introduction à la méthode de Paul Valéry. Paris, Éditions des Cahiers Libres, 1933. In-8° broché, 109 p., exemplaire numéroté sur Lafuma (n° 304), envoi de l'auteur, bel exemplaire.
    Ce texte est celui d'une conférence prononcée à l'Université des Annales, le 13 décembre 1932.

35 euros (code de commande : 17534 - vendu).

 

[DICKENS (Charles)]. MAUROIS (André) — Un essai sur Dickens. Paris, Grasset, 1927. In-4° tellière broché sous chemise et étui d'éditeur, 240 p., (collection « Les Cahiers Verts », deuxième série, n° 3), un des 250 exemplaires réimposés et numérotés sur vélin d'Arches (n° 101), exemplaire en très bel état.
Note :
   Cet essai est fait de quatre conférences et c'est un texte dicté, non écrit. Il a les défauts de l'improvisation, comme il en a peut-être le mouvement. Il me semble qu'il eût été à la fois artificiel et vain d'entreprendre de lui enlever ce caractère, qui est le sien.
Les quatre conférences sont :
   - La vie et les œuvres.
   - La vie et les œuvres (suite).
   - Dickens et l'art du roman.
   - La philosophie de Dickens.

40 euros (code de commande : 17472 - vendu).

 

MAUROIS (André) — Ni ange, ni bête. Illustrations de Pierre Gandon. Paris, Trémois, 1927. In-8° broché, 200 p., 39 illustrations (3 portraits hors texte, 27 vignettes de tête de chapitre, 9 culs-de-lampes), exemplaire numéroté sur Vélin pur fil Lafuma (n° 416), bon exemplaire.
Préface :
   Étrange expérience, pour un écrivain, que de relire un de ses premiers livres. Il s'y retrouve et ne s'y retrouve pas. Il souhaiterait effacer, reprendre et pourtant cet ouvrage si imparfait, il le sent tout proche de lui. Il se dit : « De quels matériaux avais-je fait cette scène ?... De quels êtres réels, ce vieillard, cette femme ?... Pourquoi avais-je choisi ce thème, cette période ?... » II rêve et le souvenir réel vient lentement se placer sous l'apparence transposée.
   1918. J'étais à Abbeville. Mon travail militaire ne m'occupait qu'une partie du jour. J'avais achevé de rédiger les notes qui devaient former le colonel Bramble. Je ne souhaitais pas les publier, mais voulais continuer à écrire. Je traversais cette période inquiète et difficile où l'esprit se pose sur mille sujets sans se décider au choix qui le délivrerait. Depuis longtemps je pensais à une Vie de Shelley ; il me semblait que j'y pourrais exprimer des sentiments que j'avais éprouvés et qui me troublaient encore. Du lycée, j'étais sorti socialiste ; brusquement transforme en industriel, j'avais trouvé mes idées en conflit avec mes actions. Théoricien rigide, j'avais voulu appliquer, dans ma vie sentimentale, des systèmes rationnels ; j'avais rencontré de tous côtés une matière vivante et sensible, qui ne se pliait pas à ma logique. J'avais fait souffrir et j'avais souffert. J'étais irrité contre l'adolescent que j'avais été, et indulgent parce que je savais qu'il n'aurait pu être différent. Je souhaitais à la fois l'exposer, le condamner et l'expliquer. Or Shelley avait connu les mêmes échecs, avec cent fois plus de grandeur et de grâce, mais pour des raisons assez voisines. L'attitude de Shelley envers Harriet, son impuissance à comprendre et a respecter la frivolité de cette femme-enfant, ses leçons de mathématiques et ses cours de morale, ses prédications à l'Irlande, je savais que, dans les mêmes circonstances et au même âge, j'aurais commis les mêmes erreurs. À l'orgueil et aux certitudes de mon adolescence succédait en moi un besoin vif de pitié, d'humilité, et la aussi je retrouvais les traces de Shelley, celles de ses derniers jours. Oui, vraiment, le sujet me semblait admirable.
   Mais j'habitais Abbeville, sans bibliothèque anglaise, sans document et tout le travail préparatoire nécessaire à une telle entreprise m'était évidemment interdit aussi longtemps que durerait la guerre. Un jour l'idée me vint que peut-être il serait possible de faire, de cette vie réelle, un roman. Seulement était-il vraisemblable de transporter l'histoire de Shelley, de Harriet et de Mary dans la vie moderne ? Tant de romantisme serait-il supportable hors de la période romantique ? Le problème m'occupa longtemps. Je l'aurais plus vite résolu si je n'avais été retenu par un farouche refus de mettre en œuvre ma propre expérience. Autant je me sentais libre de m'exprimer sous le masque de personnages évidemment détachés de moi, autant je me sentais incapable d'écrire un livre qui pût être considéré comme une confession. Incapable de confronter mon héros, jeune homme de 1905, de 1910, avec les problèmes réels qui avaient été les miens, je dus reconnaître qu'il était absurde de lui proposer les problèmes de Shelley. Je me souviens que je faisais alors des promenades à cheval dans la vallée de la Somme et je ne puis penser à cette rivière tranquille, aux arbres qui la bordent, aux chemins de halage, sans évoquer aussi mes hésitations et mon anxiété d'alors. C'était irritant. Je connaissais la direction générale, le ton sentimental et comme l'attitude de mon roman, mais je n'arrivais pas à en fixer le sujet.
   J'aimais beaucoup la ville où les hasards de la guerre me faisaient vivre ; j'aimais ses églises, les belles cours pavées de ses vieux hôtels et ses maisons de bois sculpté. Je me mis à lire des histoires d'Abbeville et, entre autres, la correspondance de Boucher de Perthes, érudit abbevillois assez connu par ses travaux sur la préhistoire. L'homme écrivait de façon agréable et l'époque m'intéressait. C'était la un du règne de Louis-Philippe, la Révolution de 48 et le début du Second Empire. Je ne me souviens plus du texte exact qui m'éclaira, mais brusquement je crus comprendre que 48 était l'époque a laquelle il convenait de situer, en France, un Shelley. Ses sentiments, sa grandiloquence, son idéalisme pur, devenaient alors vraisemblables. Et, puisque j'aimais tant Abbeville, pourquoi ne pas le faire vivre à Abbeville ? Boucher de Perthes me fournissait l'image d'un monde conservateur, en opposition parfaite avec mon héros. Tout cela semblait excellent. Restait à voir ce qu'avait été la Révolution à Abbeville.
   J'obtins du sous-préfet la permission de feuilleter ses archives et là, tout de suite, je tombai sur le dossier des Ponts et Chaussées. On y pouvait suivre les déboires d'un malheureux ingénieur aux prises avec la mer et dont les travaux les plus soigneusement calculés s'étaient trouvés sans cesse détruits par les vagues. Le symbole me plut (il me plaît encore) ; je décidai que mon Shelley serait ingénieur. À partir de ce moment, le roman s'organisa avec une rapidité qui me surprit. Un lit étant creusé, les souvenirs et les émotions s'y précipitaient. Dans le plan primitif, Philippe Vinies (mon héros) devait d'abord aimer et enlever Clotilde, fuie d'un cabaretier d'Abbeville, et cet épisode aurait correspondu à l'histoire d'Harriet dans la vie de Shelley. Mais je reconnus assez vite que je ne connaissais pas Clotilde et que je n'avais rien à dire sur elle. Geneviève, au contraire, me plaisait parfaitement et ce fut autour d'elle que cristallisèrent tous les événements sentimentaux. Il restait à trouver un personnage qui fût à Philippe Viniès ce que Hogg avait été à Shelley, c'est-à-dire l'ami cynique et infidèle. Je cherchai longtemps le moyen de l'introduire. Comme je m'étais mis à lire quantité de mémoires sur la Révolution de 48, je découvris ce Lucien Delaborde, qui fut à la fois agent secret de la police Royale et membre influent de sociétés révolutionnaires. C'était l'homme qu'il me fallait et il devint Lucien Malessart. Le lecteur qui s'intéresse à ces détails techniques pourra voir que la scène où Lucien cherche à séduire Geneviève et la scène qui suit, entre Lucien et Philippe, sont, transposées (et très maladroitement d'ailleurs), les scènes entre Harriet, Hogg et Shelley à York.
   Bertrand d'Ouville est naturellement Boucher de Perthes. Lecardonnel est un être dont la naissance m'a toujours étonné, car il est fait entièrement de la silhouette du vieux Lachelier, le philosophe entrevu par moi pendant une heure, un jour qu'il nous inspectait. Mais cette grosse tête inclinée, ce nez enfoui dans un grand mouchoir jaune m'avaient frappé et surgirent au premier appel, dès que j'eus besoin d'un chef pour Philippe Viniès.
   Ni Ange, Ni Bête fut publié au début de 1919 et n'eut à peu près aucun succès. Pourtant quelques-uns de mes amis (et le plus sévère d'entre eux, mon maître Alain) en aimèrent certaines parties, ce qui m'empêcha de perdre confiance. Mon éditeur accusa un titre mal choisi et le moment de la publication, II me sembla qu'un échec aussi complet devait avoir des causes plus profondes. Je résolus d'essayer de refaire le livre en peignant cette fois Mary, Harriet et Hogg sous leurs traits véritables, c'est-à-dire d'écrire une Vie de Shelley.
   Je viens de relire Ni Ange, Ni Bête que j'avais tout à fait oublié et, à mon avis, le grand défaut du livre, c'est qu'il n'a pas de héros. Les lois du romanesque exigent que le lecteur se puisse attacher à un personnage. Ici je poursuivais en Philippe Viniès un ancien « moi » auquel j'étais hostile et j'avais pour lui trop peu de sympathie pour être capable de le rendre sympathique. La véritable héroïne eût été, si j'avais mieux su mon métier, Geneviève. Le livre aurait porté son nom et l'histoire de son ménage aurait été beaucoup plus développée. Ou bien encore, il était possible de transformer Viniès en héros, mais en l'aimant davantage et en le comprenant plus profondément. Il faut, pour faire un romancier, générosité et impartialité. Voyez comme Tosltoï traite Karénine et le vieux Prince Bolkonsky. Et Stendhal, qui guillotine Sorel, il l'aime bien mieux que je n'aimais ce Philippe. Sa récompense : Le Rouge et le Noir.

20 euros (code de commande : 17469).

 

MAUROIS (André) — Contact. Frontispice de Bernard Boutet de Monvel. Maastricht, Stols, 1928. In-8° broché, 144 p., (collection « Les Belles Heures », n° III), un des 400 exemplaires numérotés sur vélin anglais (n° 16), bel exemplaire.

   
Couverture et frontispice.

50 euros (code de commande : 17417 - vendu).

 

[BYRON (George Gordon)]. MAUROIS (André)Byron. Tomes I et II (complet). Paris, Grasset, 1930. Deux volumes in-4° tellière brochés sous chemises et étui d'éditeur, 364 et 361 p., (collection « Les Cahiers Verts », quatrième série, n° 7 et n° 8), un des 35 exemplaires réimposés et numérotés sur Or Turner (n° 30), étui partiellement insolé et petites taches sur les dos des chemises, bon exemplaire non coupé.
Préface :
   Les sources originales de toute Vie de Byron sont la correspondance (les six volumes de l'édition de Lord Ernle et les deux volumes complémentaires édités par Murray en 1922), les Poèmes, la Vie de Byron par Moore, l'Astarté de Lord Lovelace, et un certain nombre de Mémoires contemporains. On trouvera dans les notes qui sont à la fin de cet ouvrage les sources de chaque chapitre et les références des citations.
   Lady Lovelace a bien voulu m'autoriser à consulter ses archives. L'abondance des matériaux quelles contiennent est telle que la seule difficulté était de choisir. Je me suis attaché surtout aux textes qui éclairaient l'inquiétude religieuse de Byron et au journal inédit de Lady Byron. À Harold Nicolson, grand érudit byronien et confrère généreux, je dois la communication d'un document remarquable : l'exemplaire de Moore qui appartenait à Hobhouse, et qui a été annoté par l'ami le plus intime de Byron. Ces notes de Hobhouse apportent quelques anecdotes nouvelles et de curieuses indications sur la formation morale de Byron. Je dois remercier aussi Lord Lansdowne, qui m'a confié la correspondance inédite de Byron et de Miss Elphinstone ; le Colonel Murray qui, avec beaucoup de bonne grâce, a mis à ma disposition ses dossiers ; la Comtesse Le Marais qui m'a communiqué une lettre de l'Abbé de Brême sur Byron à Milan ; Lady Airlie, Lady Jersey ; Mr Clément du Pontet, bibliothécaire de Harrow ; Mr Brecknock, bibliothécaire de Hucknall Torkard ; Mr Charles Ion Fraser, l'actuel propriétaire de Newstead Abbey ; Mr Gordon George, qui a fait pour moi des recherches parmi les rapports de police de Vienne ; M. de Vivie de Régie, à qui l'on doit la publication des documents sur Médora en France ; et enfin, en Grèce, M. Camborouglou, M. Andréadès, et le Maire de Missolonghi. Je n'ai pas besoin de dire ce que, comme tous ceux qui étudient la vie et les œuvres de Byron, je dois à Lord Ernle.
   Au temps de la publication d'Ariel, plusieurs critiques m'avaient reproché l'absence de chronologie et la place insuffisante donnée aux œuvres dans cette vie d'un poète. Ces deux observations me semblent justes ; j'ai donc essayé ici de citer des dates aussi souvent que cela était possible, et j'ai ajouté à la fin du livre une chronologie byronienne. Pour les poèmes, la grande difficulté est de les traduire. La traduction en prose ne donne aucune idée de la miraculeuse coïncidence du sens et du rythme par où se révèle le génie d'un poète ; la traduction en vers est presque impossible. J'ai fait de mon mieux pour transposer (surtout dans la troisième partie, qui décrit la période de grande production poétique de Byron) certains fragments en prose rythmée.
   Ayant déjà écrit une Vie de Shelley, je ne pouvais guère raconter, une fois de plus, des faits qui pourtant sont nécessaires à l'intelligence de la vie de Byron. Je les ai rappelés brièvement. Le lecteur qui en ignore les détails et souhaite les connaître, les trouvera, soit dans la Vie de Shelley par Dowden, soit dans la Vie, plus récente, de W. E. Peck.
   Reste un sujet difficile, ou du moins que l'on a rendu tel en le déformant. Sur la question de l'inceste, tout biographe de Byron doit, qu'il le veuille ou non, prendre parti. J'emploie le mot pour suivre la tradition, et bien qu'à mon avis cet inceste soit un crime assez imaginaire. Non seulement Augusta Leigh n'était que la demi-sœur de Lord Byron, mais il ne l'avait presque jamais vue avant le moment où, en 1813, il la rencontra et l'aima. De la réalité de cet amour j'avoue ne pas comprendre comment l'on peut douter après la publication d'Astarté, des lettres à Lady Melbourne, et de la Vie de Lady Byron.
   Ce qui détermine ma conviction, c'est : 1° la correspondance avec Lady Melbourne dont personne ne nie l'authenticité et qui est, si l'on n'admet pas l'inceste, dépourvue de tout sens intelligible ; 2° les lettres innombrables échangées entre Lady Byron, Augusta, Mrs Villiers, Médora, Ada, et où l'amour de Byron pour Mrs Leigh est traité comme un fait connu, indiscuté ; 3° les lettres de Mrs Leigh elle-même qui s'efforce d'établir, non que les relations n'ont jamais existé, mais seulement qu'elles n'ont pas continué après le mariage de Byron, en quoi d'ailleurs elle dit la vérité, et son témoignage est confirmé par celui de Byron ; 4° le livre de M. de Vivie de Régie sur Médora, livre qui, en prouvant que Médora était une fille de Byron, fixe de façon certaine à l'été de 1813 le début de cette liaison.
   J'espère, tout en traitant cet épisode sans hypocrisie, avoir fait partager au lecteur les sentiments d'admiration et de pitié que, me semble-t-il, doit inspirer le caractère de Byron. Surtout je me suis attaché à observer les proportions véritables et à ne pas faire de ce thème secondaire le sujet central d'une Vie de Byron. Le conflit qui est l'essence du byronisme existait avant l'inceste, la cause de la séparation n'est pas l'inceste, et dès 1818, Augusta Leigh n'est plus, dans la vie de Byron, qu'une ombre légère et apaisée. On a souvent cherché à opposer Lord Byron et sa femme l'un à l'autre comme s'il était nécessaire que dans un mariage manqué il y eût un coupable. Lord et Lady Byron avaient tous deux des défauts irritants et de hautes vertus. Ils n'étaient pas faits pour une vie commune, mais on verra par les textes que je cite qu'ils avaient fini par se rendre une mutuelle justice avec plus de lucide sérénité que leurs champions posthumes.
   Au lecteur qui souhaiterait, sur cette question, former lui-même son jugement, je ne puis que conseiller de lire : contre ma thèse, le livre de Mr Richard Edgcumbe (Byron : the Last Phase) et ses articles ; pour une thèse intermédiaire, celle du doute, la première partie du livre de John Drinkwater et l'article de Lord Ernle dans la Quarterly Review ; dans le même sens que moi : Astarté, le Byron Mystery de Sir John Fox, le Byron de mon ami Charles du Bos, et la Vie de Lady Byron par Miss Ethel Colbum Mayne. Je ne veux pas citer Miss Mayne sans la remercier d'avoir, dans sa préface, rappelé si aimablement notre travail commun. J'ai conservé, moi aussi, le meilleur souvenir de sa courtoisie en ces circonstances.
   Je serais très heureux si ce livre avait la fortune de ramener à l'œuvre de Byron des lecteurs anglais et français qui la jugent avec sévérité sans la connaître.
   La poésie de Byron avait été celle d'une époque inquiète. La Révolution Française avait fait naître de grands espoirs quelle avait déçus. Les guerres napoléoniennes avaient été l'occasion d'actes héroïques et vains. Des millions d'hommes avaient éprouvé, comme Byron, le sentiment de l'injustice et de la folie de l'univers. Pour eux comme pour lui-même, ses poèmes avaient été « le volcan dont l'éruption empêche un tremblement de terre. »
   Après 1830, la vie de l'Europe changea. Les classes moyennes arrivaient au pouvoir ; la science mettait au service des hommes des forces dont on n'apercevait pas encore les limites. Époque d'espoirs bourgeois. Le Destin cédait. Un poème sur Don Juan choquait à la fois des aristocrates dévots et des boutiquiers triomphants. Les sujets de la reine Victoria, qui fondaient un Empire, ne voulaient pas savoir que les Empires se succèdent comme les vagues de la mer. Carlyle, qui avait aimé Byron, se détachait de lui. Un volcan ? Oui, pensait-il, Byron avait eu la force inutile et dangereuse d'un volcan. « Et maintenant, écrivait Carlyle, nous regardons tristement les cendres du cratère qui, avant longtemps, se remplira de neige. »
   Ainsi le prophète s'unissait au marchand pour condamner Childe Harold. Ça et là, quelque esprit plus hardi, Ruskin, Browning, reconnaissait sa force et sa grandeur. En France, Flaubert se nourrissait de Byron et, au cours d'un pèlerinage à Chilien, trouvait une joie religieuse à voir ce nom gravé dans la pierre. « Tout le temps j'ai songé à l'homme pâle qui un jour est venu là, s'y est promené de long en large, a écrit son nom sur la pierre et est reparti... Le nom de Byron est gravé de côté et il est déjà noir comme si on avait mis de l'encre dessus pour le faire ressortir ; il brille en effet sur la colonne grise et jaillit à l'œil dès en entrant : au-dessous du nom la pierre est un peu mangée comme si la main énorme qui s est appuyée là l'avait usée par son poids. » Mais les médiocres jouissaient de la déchéance d'un génie. Le jeune Leconte de Lisle étant allé voir Béranger, le chansonnier lui dit qu'il n'admirait pas Byron : « Des vers comme les siens, peuh ! moi, tous les soirs, j'en fais en rêve, quand je dors. » – « Ah ! mon cher maître, répondit Leconte de Lisle, que ne dormez-vous toujours ! »
   Puis la réaction anti-byronienne atteignit les meilleurs. En France comme en Angleterre, le réalisme de la prose et la vulgarité de la vie inspirèrent aux poètes le désir de chercher refuge dans la pureté de la forme. À Byron on préféra Keats, Shelley, Swinburne. En 1881, Matthew Arnold, dans une préface célèbre, défendit Byron, loua l'impérissable excellence de sa sincérité et de sa force, le mit au-dessus de Keats mort trop jeune et de Shelley, « bel ange inefficace qui bat en vain le vide de ses ailes lumineuses. » Swinburne et ses amis protestèrent et triomphèrent. Matthew Arnold avait prédit qu'en 1900, le premier nom que prononcerait l'Angleterre, récapitulant les gloires du siècle, serait celui de Byron. Il se trompait. En 1900 cette poésie ne rencontrait plus que la froide indifférence des esthètes. On jugeait Byron sur le Corsaire, sur le Giaour, sur des poèmes qu'il avait lui-même condamnés. Assez rares étaient (et sont encore) ceux qui avaient lu les derniers chants de Don Juan, le troisième chant de Childe Harold, les courts poèmes lyriques, le Prométhée et les admirables journaux en prose.
   Une vie de Byron n'est pas une étude critique sur la valeur poétique ou sur l'influence littéraire de Byron. J'ai indiqué le sujet ; je ne l'ai pas traité. À ceux qui souhaiteraient des idées complémentaires, je conseille de lire la Préface de Mr Coleridge à sa parfaite édition des Poèmes ; les conférences du Professeur Grierson, d'Edimbourg, et (dès qu'elles auront paru) les leçons professées à Cambridge par Mr Desmond Mac Carthy. Sur l'influence de Byron en France, il existe une thèse d'Estève : Byron et le Romantisme Français.

Le coffret : 150 euros (code de commande : 16552 - vendu).

 

Le côté de Chelsea. Paris, Gallimard, 1932. [Mention de 25e édition.] In-12 broché, 120 p.

7,50 euros (code de commande : LF/3085).

 

La conversation. Notes et maximes. Paris, Hachette, 1964. In-8° sous cartonnage d'éditeur, 90 p., envoi de l'auteur.

25 euros (code de commande : 94/68).

 

Fragment d’un journal (août-septembre 1930). Relativisme suite. Paris, Éditions du Sagittaire, 1931. In-12 broché, 190 p., (collection « Regards », n° 3), un des 212 exemplaires hors commerce numérotés.

15 euros (code de commande : 93/60).

 

Mes songes que voici. Paris, Grasset, 1932. In-12 broché, 271 p.

7,50 euros (code de commande : 84/63).

 

Ni ange, ni bête. S.l., Club du Livre du Mois, 1953. In-8° sous reliure toilée d'éditeur, 230 p., une illustration en frontispice, exemplaire numéroté.

7,50 euros (code de commande : 6420).


LIENS :

Nous n'avons pas trouvé de site consacré à André Maurois ;
une page lui est cependant consacrée sur le site de
l'Académie française.
et une autre sur le site de la
commune de Bischwiller.


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