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BIBLIOTHÈQUE DE LA PLÉIADE

 Page de la section "Littérature française"
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Publiés par les éditions Gallimard, les volumes de cette célèbre collection sont tous au format in-12, sous reliure d'éditeur.

Voyez également, plus loin, la page consacrée aux Albums de la Pléiade

   

Nouvelle(s) entrée(s)

 

MARX (Karl) — Œuvres. Économie. Tomes I et II (complet). Préface par François Perroux. Édition établie par Maximilien Rubel. Paris, Gallimard, 1969-1968. Deux volumes in-8° sous reliure, jaquette et Rhodoïd d'éditeur, t. I : CLXXVI, 1821, t. II : CXXXII, 1970 p., (collection « Bibliothèque de la Pléiade », n° 164 et 204), exemplaire en bel état.
Table des matières :
   Tome I.

   - Préface, par François Perroux.
   - Avertissement, par Maximilien Rubel.
   - Chronologie de Marx, par Maximilien Rubel.
   - Misère de la philosophie.
   - Discours sur le libre-échange.
   - Le Manifeste communiste.
   - Travail salarié et capital.
   - Introduction générale à la Critique de l'économie politique.
   - Critique de l'économie politique.
   - Adresse inaugurale et statuts de l'Association Internationale des Travailleurs.
   - Salaire, prix et plus-value.
   - Le Capital (livre premier).
   - Critique du programme du Parti Ouvrier Allemand.
   - Appendices.
   - Notes et variantes.
   - Index nominatif et bibliographique.
   - Index des idées.
   Tome II.
   - Avertissement, par Maximilien Rubel.
   - Introduction, par Maximilien Rubel.
   - Économie et philosophie.
   - Salaire.
   - Principes d'une critique de l'économie politique.
   - Matériaux pour l'« Économie ».
   - Le Capital (livre deuxième).
   - Le Capital (livre troisième).
   - Appendices.
   - Notes et variantes.
   - Index nominatif et bibliographique.
   - Index des idées.

Les deux volumes : 55 euros (code de commande : 25878 - vendu).

 

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APOLLINAIRE (Guillaume) — Œuvres en prose. I. Textes établis, présentés et annotés par Michel Décaudin. Paris, Gallimard, 1981. In-8° sous reliure, jaquette et Rhodoïd d'éditeur, XVI, 1518 p., (collection « Bibliothèque de la Pléiade », n° 267), exemplaire en bel état.
Ce volume contient :
   - Préface.
   - Contes et récits.
      - Les grandes œuvres et leurs annexes.
         - L'enchanteur pourrissant.
         - L'hérésiarque et Cie.
         - Le poète assassiné.
            - Contes écartés du Poète assassiné).
         - La femme assise.
         - Contes retrouvés.
      - L'histoire romanesque.
         - La fin de Babylone.
         - Les trois Don Juan.
         - La femme blanche des Hohenzollern.
      - Ébauches et fragments.
   - Théâtre.
      - Pièce écrites en collaboration avec André Salmon.
         - La température.
         - Le marchand d'anchois.
         - Jean-Jacques.
      - Fragments et projets de Guillaume Apollinaire.
         - La Colombelle.
         - Fragments divers.
   - Cinéma.
      - La Bréhatine.
      - C'est un oiseau qui vient de France.
   - Notices, notes et variantes, bibliographie.

25 euros (code de commande : 25215).


 

ALAIN — Les passions et les sagesses. Texte établi et présenté par Georges Bénézé. Préface d'André Bridoux. 1964.XLVI + 1430 P., Rhodoïd, pas de jaquette ni d'étui (n° 143).
Ce volume contient :
Introduction par Georges Bénézé.
Les idées et les âges
Les sentiments familiaux
Les aventures du cœur
Souvenirs de guerre mars ou la guerre jugée
Souvenirs concernant Jules Lagneau
Abrégés pour les aveugles
Platon
Descartes
Hegel
81 chapitres sur l'esprit et les passions
Entretiens au bord de la mer
Index

25 euros (code de commande : Pl/143).


 

AUBIGNÉ (Théodore Agrippa d') — Œuvres. Introduction, tableau chronologique et historique par Henri Weber. Texte établi par Henri Weber et annoté par Henri Weber, Jacques Bailbé et Marguerite Soulié. Paris, Gallimard, 1969. In-8° sous reliure, jaquette (petite déchirure) et Rhodoïd d'éditeur, LXV, 1594 p., (collection « Bibliothèque de la Pléiade », n° 206), ouvrage épuisé au catalogue de l'éditeur, bon exemplaire.
Ce volume contient :
   - Introduction.
   - Tableau chronologique et historique.
   - Les Tragiques.
   - Le Printemps
(extraits).
   - Poésies diverses (extraits).
   - Discours pas stances.
   - Poésies religieuses (extraits).
   - Sa vie à ses enfants.
   - Du debvoir mutuel des roys et des subjects.
   - Méditations sur les psaumes.
   - La confession catholique du Sieur de Sancy

   - Les aventures du baron de Fæneste.
   - Lettres touchant quelques poincts de diverses sciences.
   - Appendices.
   - Notes et variantes.
   - Bibliographie.
   - Glossaire.
   - Index.

30 euros (code de commande : 24390).


 

BALZAC (Honoré de) — La Comédie humaine. I. Études de mœurs : Scènes de la vie privée, I. Texte établi et préfacé par Marcel Bouteron. Paris, Gallimard, 1969. In-8° sous reliure, jaquette et Rhodoïd d'éditeur, XXXII, 1065 p., (collection « Bibliothèque de la Pléiade », n° 26), exemplaire en bel état.
Table des matières :
   - Balzac et la Comédie Humaine, par Marcel Bouteron.
   - Avant-propos.
   - La Maison du Chat-qui-pelote.
   - Le Bal de Sceaux.
   - Mémoires de deux jeunes mariées.
   - La Bourse.
   - Modeste Mignon.
   - Un Début dans la vie.
   - Albert Savarus.
   - La Vendetta
.
   - Une double famille.
   - La Paix du ménage.
   - Madame Firmiani.
   - Étude de femme.

   - Tables : Table générale - Index alphabétique des titres.

25 euros (code de commande : 25214).


BALZAC — La Comédie humaine. Études de moeurs : scènes de la vie privée, II. Texte établi et préface par Marcel Bouteron. 1971. 1172 p., jaquette et Rhodoïd jauni, pas d'étui (n° 27).
Ce volume contient :
La fausse maitresse
Une fille d'Ève
Le message
La grenadière
La femme abandonnée
Honorine
Béatrix
Gobseck
La femme de trente ans
Le père Goriot
Le colonel Chabert
La messe de l'athée


25 euros (code de commande : Pl/27).


 

BAUDELAIRE — Œuvres complètes. Tome I. Texte établi, présenté et annoté par Claude Pichois. 1980. XVII + 1604 p. On joint le Tome II. 1976. 1691 p. Jaquettes et Rhodoïd un peu jaunis, d'éditeur, pas d'étui (n° 1 et 7).
Le tome I contient :
Les fleurs du mal
Poésies de jeunesse
Poésies diverses
Poésies écrites en collaboration
Poésies attribuées à Baudelaire
Poésies retrouvées
Poésies latines
Poésies traduites de l'anglais et de l'américain
Le spleen de paris
Petits poèmes en prose
Les paradis artificiels
Essais et nouvelles
Théâtre
Journaux intimes
Carnet
Le tome II contient :
Critique littéraire
Critique d'art
Critique musicale
Sur la Belgique
Œuvres en collaboration
Journalisme littéraire et politique



Les deux volumes : 60 euros (code de commande : Pl/1 et 7).


 

La Bible. L'Ancien Testament. Tomes I et II (complet). Édition publiée sous la direction d'Édouard Dhorme. Paris, Gallimard, 1975 - 1981. Deux volumes in-8° sous reliure souple, jaquettes et Rhodoïd (un peu frottés) d'éditeur, t. I : CXXVI, 1730 p., t. II : CLXXXVII, 1971 p., (collection « Bibliothèque de la Pléiade », n° 120 et 139).
Extrait du catalogue de la collection :
   La Bible est une bibliothèque dont les livres ont été rédigés au cours du Ier millénaire avant notre ère (Ancien Testament) et du Ier siècle de notre ère (Nouveau Testament). Mais le lecteur occidental ne doit jamais oublier qu'ils ont tous été pensés au Proche-Orient. Ils comportent des récits mythiques et des annales historiques, des enseignements de prophètes ou de sages, et des poèmes. La Bible a retenu des littératures précédentes ou voisines et des traditions tribales ou magistrales, tout ce qui donne une signification à l'imminent et donc du courage à chacun. « Que votre cœur ne se trouble pas. »

Les deux volumes : 65 euros (code de commande : 24211).


 

BOSSUET — Œuvres. Chronologie, notes et variantes, bibliographie. textes établis et annotés par l'abbé Velat et Yvonne Champailler. 1961. XXXVI + 1573 p., jaquette et Rhodoïd, pas d'étui en carton, (n° 33), ex-libris collé à la contre-garde, cachet sec à la page de titre et à la page de table.
Ce volume contient :
Introduction.
Chronologie.
Oraisons funèbres.
Panégyriques.
Discours sur l'histoire universelle.
Sermons.
Méditation sur la brièveté de la vie.
Sermon sur la providence
Second sermon sur la providence
Sermon sur la mort
Relation sur le quiétisme
Notes et variantes.
Bibliographie.

25 euros (code de commande : Pl/33).


 

[CÆSAR (Caius Iulius)]. Historiens romains. Historiens de la République. II. César. Introduction, chronologie, traduction nouvelle, notices, notes, bibliographie et table analytique par Gérard Walter. Paris, Gallimard, 1968. In-8° sous reliure, jaquette et Rhodoïd (jauni) d'éditeur, 1214 p., (collection « Bibliothèque de la Pléiade », n° 203), bon exemplaire.
Table des matières :
   - César. L'écrivain et l'orateur.
   - La guerre des Gaules.
   - La guerre civile.
   - Appendice : Corpus césarien.
   - Bibliographie.
   - Cartes.
   - Table analytique.

25 euros (code de commande : 25251).


 

CÉLINE - Romans. Voyage au bout de la nuit. Mort à crédit. Avant-propos d'Henri Mondor.1963. XXVIII, 1089 p., soulignements au crayon dans la Chronologie, pas de jaquette, pas de Rhodoïd, pas d'étui.

20 euros (code de commande : Pl/57).


 

CLAUDEL — Théâtre. II. Notice bibliographique et textes établis par Jacques Madaule. 1963. 1388 p., Rhodoïd, pas de jaquette ni d'étui, (n° 73).
Ce volume contient :
L'annonce faite à Marie (Première version et version définitive pour la scène.)
L'otage Protée (première et deuxième version.)
Le pain dur..
Le père humilié.
La nuit de Noël 1914.
L'ours et la lune.
L'homme et son désir.
La femme et son ombre (première et deuxième version.)
Le soulier de satin (version intégrale et version pour la scène.)
La parabole du festin.
La sagesse ou la parabole du festin.
Sous le rempart d'Athènes.
Le livre de Christophe Colomb.
Jeanne d'arc au bûcher.
L'histoire de Tobie et de Sara.
La lune à la recherche d'elle-même.
Le jet de pierre.
Le ravissement de Scapin.

25 euros (code de commande : Pl/73).

 


 

CONRAD — Œuvres. Tome I. Édition publiée sous la direction de Sylvère Monod avec la collaboration d'André Bordeaux, Henriette Bordenave, Pierre Coustillas, Maurice-Paul Gautier, Raymond Las Vergnas et Anne-Marie Soulac. 2001. LIX, 1410 p., Rhodoïd, étui illustré, (n° 299), ex-libris manuscrit sur la page de titre.
Ce volume contient :
La folie Almayer.
Un paria des îles.
Le nègre du "Narcisse"
Inquiétude.
Lord Jim.

25 euros (code de commande : Pl/299).

 

 

CONRAD — Œuvres. Tome III. Édition publiée sous la direction de Sylvère Monod avec la collaboration de Pierre Coustillas, Jean Deurbergue et Roger Hibon. 1987. XL, 1505 p., Rhodoïd, pas de jaquette ni d'étui, (n°343).
Ce volume contient :
L'agent secret.
Six nouvelles :
  Gaspar Ruiz
  Le mouchard.
  La brute.
  Un anarchiste.
  Le duel.
  Conde.
Sous les yeux de l' Occident.
Souvenirs personnels.
Entre terre et Mer

25 euros (code de commande : Pl/343).


 

DICKENS (Charles) — Esquisses de Boz - Martin Chuzzlewit. Édition publiée sous la direction de Sylvère Monod, avec la collaboration d'Henriette Bordenave et de Françoise Du Sorbier. Paris, Gallimard, 1986. In-8° sous reliure souple, Rhodoïd et étui imprimé d'éditeur, XIII, 1793 p., (collection « Bibliothèque de la Pléiade », n° 334), ouvrage épuisé au catalogue de l'éditeur, exemplaire bel état.
Extrait de la préface :
   [...] les Esquisses de Boz et Martin Chuzzlewit [...] appartiennent très clairement l'une et l'autre à la première phase de la carrière du romancier. Quand s'achèvera la publication de Martin Chuzzlewit en juillet 1844, il y aura à peine plus de huit ans que la signature de Boz a été pour la première fois imprimée sur la couverture d'un livre. Les Esquisses de Boz, composées de 1833 à 1836 et rassemblées en 1836, étaient un ouvrage d'apprenti des lettres, mais d'un apprenti déjà presque magistral. Martin Chuzzlewit est un roman ample, riche et complexe, produit des talents d'un compagnon accompli. De l'un à l'autre, on aura l'occasion de voir l'humour jaillir avec une fraîche spontanéité, mais aussi dans un certain désordre généreux, sans qu'il soit possible d'affirmer qu'en 1845-1844 (ou d'ailleurs plus tard dans la carrière de l'écrivain) on cesse de rencontrer les scories rejetées à la surface de l'œuvre par le bouillonnement surabondant de la perception et de l'invention comiques. Ce volume est bien le lieu privilégié pour se livrer à l'observation et surtout à la dégustation de ce phénomène littéraire exceptionnel qu'est l'humour de Charles Dickens.

35 euros (code de commande : 25002).


 

DOSTOÏEVSKI — Les frères Karamazov. Les carnets des Frères Karamazov. Niétotchka Niézvano. Introduction par Pierre Pascal. Traductions et notes par H. Mongault, B. de Schloezer, L. Désormonts et S. Luneau. 1972. XXIII + 1268 p., jaquette (jaunie), Rhodoïd, étui.(n° 91).

25 euros (code de commande : Pl/91).

 

DOSTOÏEVSKI — L'idiot. Les Carnets de L'Idiot. Humiliés et offensés. Introduction par Pierre Pascal. Traductions et notes d'A. Mousset, B. de Schloezer et S. Luneau. 1987. XXII + 1372 p., étui illustré, (n° 94), pas de Rhodoïd.

25 euros (code de commande : Pl/94).


 

DUMAS (Alexandre) — Les Trois Mousquetaires. Vingt ans après. Édition établie et annotée par Gilbert Sigaux. Paris, Gallimard, 1977. In-8° sous jaquette et Rhodoïd d'éditeur, LXIV, 1735 p., (collection « Bibliothèque de la Pléiade », n° 159), exemplaire en très bel état.
Note de l'éditeur :
   Aucun manuscrit de Dumas n'a été conservé intégralement ni pour les Trois Mousquetaires, ni pour Vingt ans après. (Nous avons appris grâce à Jean Rich5r, en 1965, que certains fragments du manuscrit de Vingt ans après, les chapitres XXII à XXX, se trouvaient à la Huttington Library de Los Angeles).
   Chacun des romans ayant fait l'objet d'une publication dans le Siècle avant sa sortie en librairie, on peut choisir comme base soit le texte du journal, soit celui de la première édition originale, en librairie. Nous avons préféré cette dernière ; mais nous devons ajouter aussitôt qu'il n'y a pour ainsi dire pas de différence entre la version pré-originale du journal et la version originale du livre. On sait que Dumas, travailleur voué à la rapidité (à la fois par son tempérament et par la nécessité de remplir de multiples engagements), ne corrigeait guère ses épreuves. Les variantes que l'on peut, ici et là, constater d'une version à l'autre, sont de peu d'importance : il est très vraisemblable qu'elles sont dues aux soins d'un correcteur anonyme plutôt qu'à ceux de l'auteur. Nous avons, dans les notes, signalé les plus intéressantes de ces variantes.
   On trouvera donc ici le texte des premières éditions de chacun des deux romans. Ce texte, si on le soumettait à une analyse rigoureuse, révélerait quelques faiblesses : certaines tournures de Dumas sont grammaticalement hérétiques. Mais nous les avons volontairement ignorées. En effet, s'il est intéressant de donner (ou d'essayer de donner) un commentaire du contenu historique du roman, il est bien inutile de discuter, références brandies, les menues défaillances d'un style de vainqueur. Quelques imparfaits du subjonctif (qui, au demeurant, détonneraient souvent dans la claire, vive, simple musique de marche du récit), quelques accords : abandonnons sans remords ces victimes au bord du chemin. Balzac, Hugo, Stendhal, aussi, pour ne citer qu'eux, ont parfois négligé la grammaire. Pas plus qu'eux Dumas ne doit être traité en élève ; ses fautes contre l'orthodoxie sont certes des négligences plutôt que des innovations volontaires ; mais les relever serait un travail sans intérêt.

30 euros (code de commande : 24337).

 


 

GIDE (André) — Romans. Récits et Soties. Œuvres lyriques. Introduction par Maurice Nadeau. Notices et bibliographie par Yvonne Davet et Jean-Jacques Thierry. 1989. XL + 1614 p., (n° 135), rhodoïd et étui illustré.
Ce volume contient :
Le traité du narcisse.
Le voyage d' Urien.
La tentative amoureuse.
Paludes.
Les nourritures terrestres.
Les nouvelles nourritures.
Le Prométhée mal enchaîné.
El hadj ou le traité du faux prophète.
L'immoraliste.
Le retour de l'enfant prodigue.
La porte étroite.
Isabelle.
Les caves du Vatican.
La symphonie pastorale.
Les faux-monnayeurs.
L'école des femmes.
Robert.
Geneviève ou la confidence inachevée.
Thésée.

30 euros (code de commande : Pl/135).


 

HUGO (Victor) — Notre-Dame de Paris 1482. Les Travailleurs de la mer. Textes établis, présentés et annotés par Jacques Seebacher et Yves Gohin. Paris, Gallimard, 1975. In-8° sous reliure, jaquette et Rhodoïd d'éditeur, XI, 1749 p., (collection « Bibliothèque de la Pléiade », n° 260), exemplaire en très bon état.
Avant-propos :
   Voici deux romans du même poète, l'un archiconnu, l'autre presque ignoré, rassemblés par les nécessités de l'édition et les contingences de la recherche, séparés dans l'histoire par plus de trente années, par la quasi-totalité de l'œuvre lyrique et épique, par la masse énorme des Misérables. Contemporains l'un de la révolution de juillet, l'autre des premiers temps de la Première Internationale. L'un passe pour un roman historique, mais l'action en fait dériver le sens de Reims à Parti, de la légitimité du sacre à la prophétie révolutionnaire, de la mort de Louis XI à toute Renaissance, suspens de l'histoire, avènement du Peuple. L'autre vaut comme roman élémentaire, « naturalise » en un sens étrange, mais le temps du récit le ramène à la Restauration, son lieu national n'est autre que l'exil, sa fatalité n'est pas la verroterie de l'espérance, mais la clôture d'un regard noyé, indifférent à l'éclosion printanière, au rut de la nature. Notre-Dame de Paris fournit la décoration du sombre vestibule d'entrée de Hauteville-House, maison-poème, Les Travailleurs de la mer sont ce qu'on voit du haut de la bâtisse, de ce look-out impératif où règnent, par-dessus les dogmes et les lois, la transparence des choses, plus haut que les commodités bourgeoises et les fantaisies mobilières du génie, la nudité de l'écriture, au-delà des symboles pesants et des caprices familiaux, le silence de la fatalité intérieure : l'abîme du cœur humain. Tombe en plein ciel, caverne retournée, Moi révulsé en un indicible On, en une distance d'auteur qui a cessé de dénoncer, renoncé à signaler et feint de se résigner à indiquer.
   Cet index s'interdit de désigner les interdits. Le rapprochement brutal qu'opère cette édition transforme pourtant une concomitance en interférence, dessine les anneaux de la similitude. Dans un cas comme dans l'autre, le roman subit et effectue de longues préparations, pour une action cataclysmique, une catastrophe pathétique plus encore que tragique, oit les moyens du mélodrame cachent et révèlent l'importance et l'urgence de l'enjeu. Où l'incision de l'écriture sur l'écorce des choses fait pleurer la tendresse de l'aubier, oublier la robustesse du cœur de l'arbre, la vigueur de la sève, le torrent du rire. Dans les deux romans, il s'agit de sorcellerie et d'enchantements trop facilement explicables par les héritiers de Voltaire ; de la danse et de la musique comme substituts du corps ; de la chanson comme réalité de l'impossibilité populaire du poème ; des langues étranges comme envers d'une société à l'envers. La Cour des Miracles est Jacressarde, les gueux et les bandits ne sont pas toujours ceux qu'on croit, Trouillefou ou Rantaine ; de Clopin à Clubin, de Claude Frollo et de son démon claudicant à Coppenole et à Rym, les misérables jouent à cloche-pied avec la misère, le pouvoir singe, sans savoir qu'il la reproduit, la mutilation universelle, la déraison qui rimerait avec l'histoire s'il n'y avait l'utopie.
   De même que Gringoire s'en allait à la recherche de la gloire littéraire et de quelques deniers, de même Gilliatt tente l'aventure de sauver la Durande en perdition et de gagner quelque mariage. De même que le poète bateleur transformait en bouffonnerie le grand air de la quête chevaleresque, de même le Malin illustre la dérision des quêtes amoureuses, des sacrifices héroïques, des voyages inutiles. Ebenezer est un autre Phœbus, délavé, mais c'est Gilliatt qui se noie dans la contemplation comme Quasimodo tombe en poussière à Montfaucon. La paternité et la folie de la science sont le partage de Frollo l'alchimiste comme de Lethierry l'ingénieur ; les retours en arrière du récit interviennent à peu près à la même place, non tant comme commodités romanesques que comme indices de la régression, lieux de l'envie, de l'impopularité, de la distance intérieure et de l'écart social. Tout le travail, le labeur accumulé par les héros s'emploie en une lutte contre les tempêtes d'hommes ou de mer, s'annule en des assauts érotiques de cloches et de bélier, de jets de plomb, d'incendie, de tonnerre, d'embrasements de l'imagination et d'embrasement s par tentacules de pieuvre. L'écueil avec ses deux tours répète la cathédrale de pierre, la fièvre et le vertige accompagnent toutes les faims. En fin de compte, au bout de ces malentendus, quiproquos et quasi modo, la reconnaissance de la Esmeralda par la sachette et la reconnaissance de Lethierry pour Gilliatt portent le même verdict : la mort.
   C'est donc qu'il y a, ailleurs, autre chose. Dieu, si l'on veut, ou le grand Tout, ou l'Histoire, ou la Nature, ou l'Amour, ou l'Avenir, ou le Mythe. Nous avons passé, Yves Gohin et moi, trop d'années dans ces romans, dans les manuscrits dont nom avons relevé toutes les variantes, pour ignorer que Hugo a la manie d'économiser les majuscules. Trop d'années encore dans la documentation ironiquement encyclopédique du romancier pour ne pas savoir comment il traite le dictionnaire de l'idéologie. Trop d'années aussi de notre propre intimité à fouiller les papiers intimes du maniaque pour oser trancher de ces questions. Sortant de ce labeur, passant la main à d'autres et leur souhaitant le plaisir comme la peine, la trouvaille et le doute, la victoire dans l'échec, nous voudrions offrir au lecteur cette lecture impossible : l'énorme distance qui sépare de fait Les Travailleurs de Notre-Dame, si elle s'abolit en ce livre, se répercute en chaque instant de ces deux romans et ne s'évade pas en un Paradis à retrouver, pas même dans l'épopée socialiste des Misérables. Alchimie ratée, utopie décapitée, elle se dissémine incessamment dans le travail du texte. C'est l'ordre du désordre romantique qui arrache l'histoire à tout spectacle rassurant, le roman à toute échappatoire romanesque. Trente ans après avoir fondé et miné une théorie de l'histoire, Hugo élude délibérément une théorie du travail. Mais il indique, dans la préface de la cathédrale comme dans L'Archipel de la Manche, les érosions et corrosions nécessaires. Au lecteur de ruiner, prenant sa propre distance, cette ruine des monuments, cette distance de l'auteur. Posant enfin leurs outils sur l'établi, les ouvriers de l'histoire littéraire ne commenteront plus ce chantier de subversion.

30 euros (code de commande : 24647 - vendu).


 

MARIVAUX (Pierre Carlet de Chamblain de) — Romans suivis de Récits, contes & nouvelles extraits des Essais et des Journaux de Marivaux. Texte présenté et préfacé par Marcel Arland. Paris, Gallimard, 1949. In-8° sous reliure, Rhodoïd et étui d'éditeur, LIV, 1138 p., (collection « Bibliothèque de la Pléiade », n° 78), petits coups au Rhodoïd, la jaquette manque.
Table :
   - Chronologie de Marivaux.
   - Préface.
   - La voiture embourbée.
   - La vie de Marianne ou les Aventures de Madame la Comtesse de ***.
   - Le paysan parvenu ou les Mémoires de M***.
   - Récits, contes et nouvelles :
      - Lettres contenant une aventure.
      - L'Amour et la Vertu.
      - Une jeune fille m'a demandé l'aumône.
      - Double histoire de la fille séduite et de la demoiselle avisée.
      - La femme avare et son mari.
      - La fille de la dévote.
      - Le Scythe et le solitaire.
      - Le fils ingrat.
      - Journal d'un Espagnol.
      - Mémoires d'une dame retirée du monde.
      - Histoire d'une vie.
      - Le voyageur dans le Nouveau Monde.
      - La veuve et le magicien.
      - Entre le zist et le zest.
   
- Notes et appendices.
      - Tableau chronologique des romans de Marivaux.
      - Pharsamon ou les Folies romanesques.
      - Les aventures de *** ou les Effets surprenants.
      - La voiture embourbée.
      - La vie de Marianne - Suite de Marianne par Madame Riccoboni.
      - Le paysan parvenu.

20 euros (code de commande : 19296).


 

MONTESQUIEU (Charles Louis de Secondat, baron de La Brède et de) — Œuvres complètes. Tomes I et II (complet). Texte présenté et annoté par Roger Caillois. Paris, Gallimard, 1979-1976. Deux volumes in-8° sous reliures, jaquettes et Rhodoïd (un peu frottés) d'éditeur, tome I : XLIV, 1675 p., tome II ; 1809 p., (collection « Bibliothèque de la Pléiade », n° 81, n° 86), bons exemplaires.
Ces volumes contiennent :
   - Préface.
   - Vie de Montesquieu.
   - Édition.
   - Bibliographie.
   I. Discours et mémoires :
      - Discours de réception à l'Académie des Sciences de Bordeaux, prononcé le 1er mai 1716.
      - Discours prononcé à la rentrée de l'Académie de Bordeaux, le 15 novembre 1717.
      - Discours sur la cause de l'Écho, prononcé le 1er mai 1718.
      - Discours sur l'usage des glandes rénales, prononcé le 25 août 1718.
      - Projet d'une histoire physique de la terre ancienne et moderne (1719).
      - Discours sur la cause de la pesanteur des corps, prononcé le 1er mai 1720.
      - Discours sur la cause de la transparence des corps, prononcé le 25 août 1720.
      - Observations sur l'histoire naturelle, lues le 20 novembre 1721.
      - Discours prononcé à la rentrée du Parlement de Bordeaux (1725).
      - Discours sur les motifs qui doivent nous encourager aux sciences, prononcé le 15 novembre 1725.
      - Discours contenant l'éloge du duc de La Force, prononcé le 25 août 1726.
      - Discours de réception à l'Académie française, prononcé le 24 janvier 1728.
      - Mémoire sur les dettes de l'État.
      - Mémoire contre l'arrêt du Conseil du 27 février 1725.

   II. Œuvres académiques :
      - Dissertation sur la politique des Romains dans la religion.
      - Discours sur Cicéron.
      - Éloge de la sincérité.
      - Analyse du Traité des devoirs.
      - De la politique.
      - De la considération et de la réputation.
   III. Œuvres littéraires :
      - Lettres persanes.
      - Le Temple de Gnide.
      - Césiphe et l'amour.
      - Histoire véritable.
      - Arsace et Isménie.
   IV. Portraits politiques :
      - Dialogue de Sylla et d'Eucrate.
      - Dialogue de Xantippe et de Xénocrate.
      - Lettre de Xénocrate à Phérès.
      - Réflexions sur le caractère de quelques princes et sur quelques événements de leur vie.
   V. Voyages :
      - Voyage en Autriche.
      - Voyage de Gratz à la Haye.
      - Notes sur l'Angleterre.
      - Mémoires sur les mines.
      - Réflexions sur les habitants de Rome.
      - Lettre sur Gênes.
      - Florence.
      - De la manière gothique.

   VI. Mes pensées.
   VII. Préparation de l'Esprit des lois.
   VIII. De l'Esprit des lois.
   IX. Après l'Esprit des lois.
   X. Dernières œuvres.

      - Mémoire sur la Constitution.
      - Ébauche de l'éloge historique du maréchal de Berwick.
      - Souvenirs de la cour de Stanislas Leckzinski.
      - Lysimaque.
      - Essai sur le goût dans les choses de la nature et de l'art.

   XI. Spicilège.
   XII. Appendice :

      - Discours prononcé au Parlement de Bordeaux.
      - Extraits d'une Historia romana.
      - Voyage à Paphos.
      - Poésies.

   - Notes.

Les deux volumes : 60 euros (code de commande : 24454).


 

PROUST (Marcel) — Jean Santeuil. Précédé de Les Plaisirs et les jours. Édition établie par Pierre Clarac avec la collaboration d'Yves Sandre. Paris, Gallimard, 1982. In-8° sous reliure souple, jaquette et Rhodoïd d'éditeur, X, 1123 p., (collection « Bibliothèque de la Pléiade », n° 228).
Extrait de l'avant-propos :
   En 1952, M. Bernard de Fallois a donné une première édition de Jean Santeuil, en trois volumes. Il y combinait et agençait ingénieusement les fragments de cette œuvre interrompue, pour essayer de la présenter comme un roman bien construit. Nous pensions, Ferré et moi, qu'un jour il faudrait la faire connaître dans l'état d'inachèvement où Proust l'a laissée. Au gré de l'inspiration, à mesure que ressuscitaient en lui des moments de son passé, il écrivait quelques pages, parfois seulement quelques lignes. Les fragments s'amassaient ainsi. Le moment du « jointoiement », comme dit Gide, et de la mise en ordre viendrait ensuite. Il n'est jamais venu. Cette succession de morceaux indépendants pourra étonner le lecteur. Mais c'est un vif plaisir, et bien instructif, que de surprendre l'écrivain au travail, de voir comment et sous quelle forme les idées naissaient en lui.
   Pendant de longues heures, la loupe à la main, nous avons tâché, Sandre et moi, de déchiffrer les hiéroglyphes de Marcel Proust. Notre patience n'a pas toujours été déçue. Nous avons même découvert bien des passages qui n'avaient pas encore été publiés. C'est un Jean Santeuil assez nouveau et parfois inédit que nous présentons au lecteur.

25 euros (code de commande : 24958).


 

RABELAIS (François) — Œuvres complètes. Texte établi et annoté par Jacques Boulenger. Édition revue et commentée par Lucien Scheler. Paris, Gallimard, 1978. In-8° sous reliure, jaquette et Rhodoïd d'éditeur, XXIII, 1033 p., (collection « Bibliothèque de la Pléiade », n° 15), coup au dos du Rhodoïd sinon bon exemplaire.
Table des matières :
   - Introduction, par Jacques Boulenger.
   - La vie très horrificque du grand Gargantua, père de Pantagruel.
   - Pantagruel, Roy des Dipsodes.
   - Le tiers livre des faicts et dicts héroïques du bon Pantagruel.
   - Le quart livre des faicts et dicts héroïques du bon Pantagruel.
   - Le cinquiesme et dernier livre des faicts et dicts héroïques du bon Pantagruel.
   - Œuvres diverses.
   - Lettres.
   - 
Bibliographie.

25 euros (code de commande : 25249).


 

RACINE — Œuvres complètes. I. Théâtre - Poésies. Édition présentée, établie et annotée par Georges Forestier. 1999. XX + 1801 p., Rhodoïd et étui, (n° 5), trace d'usage.
Ce volume contient :
Introduction.
Lire Racine.
Chronologie.
Note sur la présente édition par Georges Forestier.
Poésies d'adolescence et de jeunesse.
Le Paysage.
Poésies latines.
À Antoine Vitart.
Autre billet à Antoine Vitart.
Sur la naissance d'un enfant de Nicolas Vitart.
[Petites pièces galantes].
La Nymphe de la Seine à la Reine.
Ode sur la convalescence du Roi.
La Renommée aux Muses.
Épigramme sur la signature du formulaire.
La Thébaïde ou les frères ennemis.
Alexandre le Grand.
Andromaque.
Les plaideurs.
Britannicus.
Bérénice.

25 euros (code de commande : PL/5).


 

RETZ (Cardinal de) — Œuvres. Édition établie par Marie-Thérèse Hipp et Michel Pernot. 1983. LXI + 1808 p., il manque le Rhodoïd et l'étui (n°53), traces d'usage.
Ce volume contient :
Introduction.
Chronologie de la vie de Retz.
Bibliographie.
Note sur la présente édition.
La conjuration du comte Jean-Louis de Fiesque [1665].
Pamphlets.
Mémoires.
Appendices.
Histoire de la conjuration du comte Jean-Louis de Fiesque [1682].
Avis désintéressé sur la conduite de monseigneur le coadjuteur.
Notices, notes et variantes.
Cartes.
Index.

20 euros (code de commande : Pl/53).


 

SAINT-SIMON (Louis de Rouvroy, duc de)Traités politiques et autres écrits. Édition établie par Yves Coirault. Paris, Gallimard, 1996. In-12 sous reliure souple, Rhodoïd et étui illustré d'éditeur, XXXII, 1853 p., (collection « Bibliothèque de la Pléiade », n° 431), exemplaire très bon état.
Ce volume contient :
   - Introduction.
   - Liste chronologique des principaux écrits de Saint-Simon.
   - Avertissement.
   - Brouillons des projets.
   - Mémoire sur les maisons de Lorraine, de Rohan et de La Tour.
   - Sur le mariage du jeune prince de Rohan.
   - Projets de rétablissement du royaume de France.
   - Collections sur feu Monseigneur le Dauphin.
   - Mémoire succinct sur les formalités.
   - Mémoire contre M. le duc de La Rochefoucauld.
   - Vues sur l'avenir de la France.
   - Projets de gouvernement.
   - Textes à l'usage du duc d'Orléans.
   - Sur les usurpations des « légistes » et les matières de Rome.
   - Mémoire sur les légitimités.
   - Mémoire des prérogatives que les ducs ont perdues.
   - Ducs de France et autres seigneurs.
   - Mémoire sur les affaires étrangères.
   - Préambule aux maisons d'Albret, d'Armagnac et de Châtillon.
   - Sur les élites sociales du Royaume.
   - Parallèle des trois premiers rois bourbons.
   - Matériaux sur les qualités prises par M. de Soubise.
   - Notes et variantes.
   - Complément bibliographique.
   - Index.

45 euros (code de commande : 23577).


 

VIGNY (Alfred de) — Œuvres complètes. Tome II. Texte présenté et annoté par F. Baldenserger. Paris, Gallimard, 1965. In-8° sous reliure, jaquette et Rhodoïd (jauni avec petite déchirure) d'éditeur, 1398 p., (collection « Bibliothèque de la Pléiade », n° 76).
Ce volume contient :
   - Avant-propos.
   - Cinq-Mars.
   - La Maréchale d'Ancre.
   - Servitude et grandeur militaires.
      - Souvenirs de servitude militaire.
      - Souvenirs de grandeur militaire.
   - Quitte pour la peur.
   - L'Alméh.
   - Daphné.
   - Les Français au Canada.
   - Le journal
.
   - Commentaires.

20 euros (code de commande : 24480).


 

VILLIERS DE L'ISLE-ADAM — Œuvres complètes. Édition établie par Alain Raitt et Pierre-Georges Castex avec la collaboration de Jean-Marie Bellefroid. Tomes I et II (complet). Paris, Gallimard, 1986. In-12 sous reliure, jaquette et Rhodoïd (frottés, manques), LXXIX, 1657 et 1780 p., (collection « Bibliothèque de la Pléiade », n° 328-329), traces d'usage. 
Table des matières :
   Tome I :
      - Présentation.
      - Chronologie de la vie et de l'œuvre de Villiers de l'Isle-Adam.
      - Bibliographie générale.
      - Description des documents iconographiques.
      - Avertissement.
      - Pour la lecture des variantes.
      - Premières poésies.
      - Isis.
      - Elën.
      - Le prétendant [Version définitive de Morgane].
      - La révolte.
      - Le nouveau monde.
      - Contes cruels.
      - L'Ève future.
      - Introduction, notices, notes et variantes.
   Tome II :
      - L'amour suprême.
      - Tribulat Bonhomet.
      - Histoires insolites.
      - Nouveaux contes cruels.
      - Chez les passants.
      - Axël.
      - L'évasion.
      - Œuvres non recueillies.
      - Ébauches et fragments.
      - Introduction, notices, notes et variantes.

Les deux volumes : 45 euros (code de commande : PL/328-329).

 


 

COLLECTION
ENCYCLOPÉDIE DE LA PLÉIADE

 

Ethnologie régionale. Tome I : Afrique - Océanie. Publié sous la direction de Jean Poirier. 1972. XVI + 1608 p., illustrations, jaquette, Rhodoïd et étui, (n° 33), ex-libris manuscrit, .

30 euros (code de commande : EPl/33).


 

La France et les Français. Sous la direction de Michel François. 1972. XIII + 1675 p., illustrations et cartes, jaquette et Rhodoïd, (n° 32), pas d'étui, épuisé.

 

30 euros (code de commande : EPl/32).


 

Géographie générale. Volume publié sous la direction d'André Journaux, Pierre Deffontaines et M. Jean-Brunhes Delamarre. 1966. 1883 p., (n°20), jaquette, Rhodoïd frotté et jauni, pas d'étui.

30 euros (code de commande : Pl/302).


 

Histoire de l'Art. Tome I : Le monde non-chrétien. Sous la direction de Pierre Devambez. 1961. XXII, 2204 p., illustrations, (n°12), jaquette et Rhodoïd, pas d'étui, épuisé.

 

30 euros (code de commande : EPl/12).


 

Histoire des littératures. I. Littératures anciennes, orientales et orales. Volume publié sous la direction de Raymond Queneau. 1955. XXII + 1768 p., jaquette un peu jaunie, Rhodoïd, (n° 1), pas d'étui, en bon état.

25 euros (code de commande : EPl/1).

Histoire des littératures. II. Littératures occidentales. Volume publié sous la direction de Raymond Queneau. 1956. XVIII + 1972 p., jaquette, Rhodoïd, (n° 3), pas d'étui, en bon état.

30 euros (code de commande : EPl/3).


 

Histoire des mœurs. Tome I : Les coordonnées de l'homme et la culture matérielle. Édition publiée sous la direction de Jean Poirier. Paris, Gallimard, 1990. In-8° sous reliure souple, Rhodoïd et étui d'éditeur, XVII, 1738 p., illustrations, (collection « Encyclopédie de la Pléiade », n° 47), très bon exemplaire, épuisé dans cette collection au catalogue de l'éditeur mais réédité en livre de poche...
Note de l'éditeur :
   Cette Histoire des mœurs, effort d'analyse et de comparaison interculturelles sans précédent, a nécessité de longues années de préparation. Elle constitue une tentative d'exposition ordonnée des mœurs, mais elle laisse apparaître les interactions et les imbrications – toujours complexes, parfois secrètes – des différentes pratiques humaines.
   L'ensemble de ces études permettra sans doute une première approche de ces relations de l'être au groupe qui n'ont jamais ni en aucun lieu reçu de définition, qui ne sont fondées que sur la tradition ou le consensus : cet éthos, qui demeure la plus importante des régulations sociales.
   Ce qui importe, c'est de montrer des identités de structure, de repérer ces lois non écrites qui gouvernent l'existence des hommes en société.
Sommaire :
   - Le temps, l'espace et les rythmes.
   - Les techniques du corps.
   - L'homme et l'objet.
   - L'homme et son milieu naturel.
   - Rubriques complémentaires.

35 euros (code de commande : 25857 - vendu).

 

Histoire des mœurs. Tome II : Modes et modèles. Édition publiée sous la direction de Jean Poirier. Paris, Gallimard, 1991. In-8° sous reliure souple, Rhodoïd et étui d'éditeur, VII, 1658 p., illustrations, (collection « Encyclopédie de la Pléiade », n° 48), très bon exemplaire.
Sommaire :
   - L'homme, la parole et le geste.
   - Codes et modèles.
   - L'homme et l'amour.
   - Éthiques et esthétiques.
   - L'homme et ses modes de pensée.
   - Rubriques complémentaires.

30 euros (code de commande : 25858 - vendu).

 

 

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ALBUMS PLÉIADE

 

Depuis 1960, les éditions Gallimard publient ces Albums qui ne sont pas mis en vente au public mais bien aux libraires de "livres neufs", qui, en principe, les offrent à l'occasion de la "Quinzaine de la Pléiade" à chaque client qui fait l'acquisition de trois volumes de la collection. L'éditeur précise bien que ces ouvrages ne seront pas réimprimés.

Tous ces volumes sont au format in-8° sous reliure pleine peau d'éditeur.

La liste qui suit constitue le catalogue complet de cette collection. Le classement est chronologique. Les titres dont nous disposons et qui sont en vente sont suivis de leur prix et d'un code de commande. Nous maintenons (en gris) la description des ouvrages vendus sur cette page à titre d'information bibliographique.


 

1960.
Dictionnaire des auteurs de la Pléiade.
Textes de Jean-Jacques Thierry. Avertissement de Roger Nimier. Paris, Gallimard, 1960. In-8° sous reliure, jaquette et Rhodoïd d'éditeur, [8], 350, [22] p., illustrations en noir, exemplaire en très bel état.
Avertissement :
   
Vue de haut, la littérature ne donne pas une impression très gaie. Les plaques du cimetière indiquent : Poète français, né à Paris – connu comme auteur – nous ne possédons aucune indication – Gédéon naquit à la Rochelle – mourut sans doute – En 1806, il épousa Christiane Vulpius. Ces indications funéraires nom disent mal la paupière de Goethe, l'oreille de Tallemant des Réaux, les grands naseaux de La Fontaine ou les pochons sous les yeux de Montaigne. Il est vrai que les écrivains, malheureux jusque dans la mort, continuent à remuer sous leur tombeau et que leurs livres témoignent d'une agitation durable. Où les humains serrent les dents, se livrent au courant, les auteurs babillent encore et, sur le sombre rivage, font renaître les prairies et les rires.
   On peut soutenir une autre hypothèse, prétendre que la littérature a toujours été, sera toujours l'œuvre d'une seule personne, diversement incarnée. Cette théorie explique les rapprochements, les affinités, les résurgences, qui sont le principal de l'histoire littéraire. Loin d'être une classe où l'on se copie, la littérature apparaît alors comme un être majestueux, qui s'offre les plaisirs de la variété. Ce fleuve, s'il était calme et suffisant, s'appellerait tour à tour Homère, Lucrèce, Rabelais, Shakespeare ou Bossuet. Il n'en est rien, car il s'amuse en route, il se déguise en cours d'eau, il se fait torrent, delta, mare stagnante ou verre d'eau, cascade ou goutte de pluie (sort charmant de bien des poètes). Son répertoire est si grand que les lutteurs s'y perdent. Aussi croient-ils naïvement qu'il faut préférer Racine à Corneille, que Victor Hugo est un fakir incomparable, Dostoïevsky le meilleur spéléologue, Nietzsche un alpinisme fameux. Aussi sont-ils perdus, parlant en langage boutiquier d'une matière que seuls les anges savent effleurer de leurs doigts. Les lecteurs, les professeurs, les critiques, qui affirment que Rimbaud est un plus grand poète que Verlaine ou que Dickens est un moins grand romancier que Tolstoï vivent dans un monde hagard ; et quelle démence les pousse à comparer comme si la littérature se trouvait transportée aux Halles centrales, soumise aux variations des cours, au soleil et à la pluie ?
   Les éditeurs, souvent victimes de la nervosité quand il s'agit des contemporains, ont le sentiment d'une égalité nécessaire lorsque le temps est passé. Il ne leur viendrait pas à l'esprit d'imprimer Virgile sur japon et Horace sur papier à cigarettes.
   Le format de la Pléiade est d'une ordonnance militaire – et les couleurs des siècles, comme celles des régiments, n'admettent pas l'injustice. Autant de galons sur chacune de ces manches d'uniformes qui se succèdent sur les bibliothèques et sont l'intendant militaire Stendhal, le général de Laclos, l'historiographe Racine, les canonniers Apollinaire et Courier, le mousquetaire Saint-Simon ; même des civils impénitents comme La Fontaine ou Villon se trouvent bien de ce voisinage. Les voilà enrôlés dans le Royal-Déserteur, corps d'élite qui assure la moitié de nos victoires.
   Cette unité, cette permanence, cette discipline de la littérature n'interdisent pas la curiosité. En soulevant ces manches galonnées apparaissent des visages très différents et le Dieu de l'Écriture a vraiment pris les masques les plus étranges. Voici ces visages, voici ces masques, quelque chose comme le bestiaire de la littérature universelle, avec des notices qu'on aurait aimé confier à M. de Buffon : « Le Casanova appartient à l'espèce des aigles dont il a l'envergure, mais il a plus d'impudence que de courage et plus de vivacité que de force » ou bien : « Le Vigny est un échassier de nos provinces qui se nourrit de vase et de mélancolie ». Ou encore : « L'Homère est un animal fabuleux que les Grecs vénéraient. Il tenait du dragon, du dauphin, du cheval et du phœnix. »
   Parfois, l'écriture est la vraie physionomie de l'homme. Là, il dépouille son écorce ingrate, un cœur tendre s'avoue. Toutes ces mains courant sur le papier depuis des siècles, sur la pierre depuis des millénaires, donnent le sentiment d'un fil ininterrompu, qui ne cassera pas. Tomberont les maisons et les murs, s'achèveront les civilisations, un signe perceptible reliera toujours les hommes entre eux ; et de même que Ronsard venait remplacer du Bellay à sa table de travail, au milieu de la nuit, une humanité, suivant l'autre, reprendra sa tâche. Tâche qui con fi fie à survivre, à décrire, à inventorier, à supplier, à consoler, à redire, tâche inutile sur l'instant, et ne trouve son prix que dans le désordre des siècles.
   Du temps des grands Empires de sable et des dieux géants, nous sont restées des pierres couvertes de signes, dont nous avons appris le langage. Les petites briques de la Pléiade sont ainsi jetées dans le monde pour traverser les âges. Mais une seule vie, dans le fracas des jours, réclame aussi des témoignages. Et Montaigne qui fut à la guerre avec nous, et Retz qui fut la fièvre de l'adolescence, et Proust qui nous permit de franchir les nuits, et Balzac, et Dickens, et Platon, font aussi que nous aurons reçu, entre ces signes, entre ces pages.


 

1962.
[BALZAC (Honoré de)]. Album Balzac.
Iconographie réunie et commentée par Jean A. Ducourneau. Paris, Gallimard, 1962. In-8° sous reliure, jaquette (au nom de la librairie Jean Bonnel, à Maubeuge) et Rhodoïd d'éditeur, VIII, [1], [1 bl.], 334, [7] p., (collection « Albums de la Bibliothèque de la Pléiade », n° 1), exemplaire en très bel état.
Extrait de l'avertissement :
   
Ce premier Album illustré de la collection la Pléiade a été conçu à la manière d'un film documentaire ou du moins, comme un film, il offre une succession d'images empruntées à la vie et à l'œuvre de Balzac. Le texte, ici, n'a la valeur que d'un commentaire. Notre intention n'a pas été d'illustrer une vie de Balzac mais, au contraire, de commenter une iconographie balzacienne.
   Cette iconographie s'est révélée à la mesure de Balzac lui-même : prodigieuse. Sur un ensemble de plus de huit cents documents – qui auraient pu être plus de mille – nous en avons reproduit quatre cent quatre-vingt-six. Le choix n'a pas été la moindre de nos difficultés. Certaines séquences de cette vie en images auraient pu être tout à fait différentes et aussi fidèles à notre intention. Parmi les lieux réels qui ont servi à Balzac pour ses décors, ou les contemporains qu'il a utilisés comme modèles de ses personnages, il a fallu faire un choix. Nous l'avons fait en donnant la préférence aux documents inédits ou moins connus. On trouvera ainsi la ferme Gibary où se déroule un épisode dramatique des Chouans, la rue du Val-Noble à Alençon où se situe l'hôtel de la vieille fille, le vieux quartier des Tuileries où demeure la cousine Bette. Mme d'Agoult, George Sand, Listz, Gustave Planche s'offrent à nos yeux comme les prototypes des personnages principaux de Béatrix, tandis que la princesse Bagration, au visage si pur, sert de modèle à la cruelle Foedora de la Peau de chagrin. La famille, les amitiés masculines et féminines, les « enfants », les éditeurs de Balzac découvrent leurs visages et leurs secrets, beaucoup de ces visages nous étaient inconnus. Les Balzac apprenti-tragédien à la manière de Racine ou apprenti-romancier à l'imitation de Radcliffe et de Walter Scott, imprimeur malheureux, journaliste de l'opposition par conviction ou néo-légitimiste par amour, romancier, correcteur redoutable d'une œuvre sans cesse remaniée, homme de théâtre dont la scène ne voulut guère, grand voyageur qui parcourut l'Europe en diligence, dessinateur occasionnel et non sans talent, collectionneur naïf de bric-à-brac, propriétaire et si fier d'acquitter le cens électoral, garde-national malgré lui, dandy à la canne moins énorme que célèbre, amoureux de marquises et de duchesses, tous les Balzac nous apparaissent, dans leur grandeur et aussi dans leur petitesse, car le génie a sa manière à lui d'être, parfois, au-dessous du commun. Les caricatures, les charges, les portraits sont aussi en grand nombre et si différents qu'il se dégage de l'ensemble plusieurs Balzac, comme si le modèle n'était pas unique. La cafetière de Balzac ? Oui, que l'on se rassure, elle n'a pas été omise. Mais elle fut, sans aucun doute, le document le plus difficile à placer. Balzac a bu tant de café, mais il semble qu'il n'ait eu qu'une seule cafetière. Celle que lui a conservé la légende.
   Autour de tout cela et de lui-même, une époque : le Romantisme. Époque de rébus, si transparente et si proche de la nôtre par certains aspects. Elle a ses modes, comme le diorama, ou ses inventions, comme le daguerréotype. Homme de son temps, et du nôtre, Balzac nous en fait percevoir les résonances à travers son œuvre.
   Nous fera-t-on le reproche de n'avoir pas été au-delà du lit mortuaire et de clore ce livre sur une image que l'on peut croire triste ? Les funérailles, la gloire posthume, les êtres chers qui restent et qui vont vieillir, fallait-il montrer tout cela ? Nous n'avons voulu pénétrer dans le cimetière du Père-Lachaise qu'avec un Balzac jeune allant y chercher l'inspiration. Nous laissons à d'autres fervents le soin de fleurir sa tombe. La statue – si laide – de Falguière et celle – si puissante – de Rodin n'auraient rien ajouté au visage de Balzac que nous voulions évoquer dans ces images. Après Balzac il ne peut y avoir rien d'autre qu'une œuvre immense. L'épouse tardive et vieillissante ne nous intéresse plus dès lors que son éternel fiancé est entré dans l'immortalité. Mieux était donc de quitter Balzac ici, emportant la vision de ses traits mortels que le peintre Giraud fixe pour la postérité.


 

1963.
[ZOLA (Émile)]. Album Zola.
Iconographie réunie et commentée par Henri Mitterand et Jean Vidal. Paris, Gallimard, 1963. In-8° sous reliure, jaquette (imprimée pour la librairie Jean Bonnel, à Maubeuge) et Rhodoïd d'éditeur, 318, [24] p., (collection « Album de la Pléiade », n° 2), pas d'étui, exemplaire en très bel état.
Extrait de l'avertissement :
   
Nous avons conçu cet ouvrage, à la manière de l'Album Balzac, présenté par Jean-A. Ducourneau, comme une iconographie commentée d'Émile Zola, plutôt que comme une biographie illustrée.
   L'Exposition du Cinquantenaire, que MM. Jean Adhémar et Marcel Thomas organisèrent en 952, à la Bibliothèque nationale, avait déjà montré l'abondance des documents conservés dans les collections privées et publiques.
   Il nous a fallu, à notre tour, compulser plus d'un millier de pièces, pour choisir les 470 images qui se succèdent dans cet album. Les portraits de l'écrivain – que nous avons voulu nombreux – se mêlent aux illustrations qui ont pu servir de source à son œuvre ou au contraire trouver en elle leurs motifs, aux fac-similés de textes manuscrits ou imprimés, à l'évocation des épisodes de la vie politique, mondaine, intellectuelle, artistique, auxquels Zola a pris part.
   Le jeune visage émacié des années 60, qui a eu le privilège d'inspirer les deux plus grands peintres français du siècle, Cézanne et Manet, s'empâte après 1875, dans le confort tranquille de Médan, et pour la commodité des caricaturistes Ceux-ci marqueront un temps d'arrêt, devant le Zola aminci de la cinquantaine, l'élégant président de la Société des Gens de Lettres. Leur verve se déchaînera de nouveau – et avec quelle complaisance dans la laideur ! – au moment de l'Affaire Dreyfus, qui nous vaut, d'autre part, les meilleurs portraits de Zola que nous ayons gardés.
   Nous avons fait une place à Alexandrine et à Jeanne, ainsi qu'aux enfants, Denise et Jacques ; et aussi aux amis, aux adversaires, aux contemporains qui ont été mêlés à la vie de Zola, qui ont peuplé les chroniques du journaliste ou servi de modèles aux personnages du romancier.
   Nous avons voulu évoquer, à leur place chronologique, les sites qui ont défilé sous les yeux de l'écrivain : Aix et la campagne aixoise, le Quartier latin sous le Second Empire, la banlieue sud, de Montrouge aux bois de Verrières, les bords de Seine à Bennecourt, la rive gauche sans le boulevard Saint-Michel, la rive droite sans l'Opéra, Montmartre sans le Sacré-Cœur ; puis, dans le Paris tout neuf du baron Haussmann, la place Clichy, la Gare Saint-Lazare ; l'Exposition de 1878 et le Trocadéro, celle de 1900 et la Tour Eiffel. Enfin la demeure de Médan, l'intérieur bourgeois de la rue de Bruxelles, les images de vacances et de l'exil.
   Pour retrouver l'univers intime de l'écrivain, il nous a suffi de puiser parmi les centaines de clichés qu'il a pris lui-même. À partir de l'année 1888 où il s'initie à la pratique de cet art, Zola ne cesse de photographier les choses et les visages qui l'entourent. Portraits d'amis, scènes de famille, photos de voyage, tableaux de Paris : les plaques au gélatino-bromure nous restituent les regards que Zola vivant a jetés sur les êtres qu'il aimait et le décor de son existence.
   Ainsi s'ordonne, à la manière d'un film, une suite d'images dont le déroulement permettra peut-être de mieux déceler le dépôt qu'ont laissé, dans la substance de l'œuvre, la vie de l'homme et celle de son siècle.

150 euros (code de commande : 24455).


 

1964.
[HUGO (Victor)]. Album Hugo.
Iconographie réunie et commentée par Martine Ecalle et Violaine Lumbroso. Paris, Gallimard, 1964. In-8° sous reliure, jaquette (au nom de la librairie Jean Bonnel, à Maubeuge) et Rhodoïd d'éditeur, [10], 330, [20] p., (collection « Albums de la Bibliothèque de la Pléiade », n° 3), exemplaire en bel état.
Extrait de l'avertissement :
   
Ce troisième Album de la bibliothèque de la Pléiade suit la voie tracée par Jean-A. Ducourneau et continuée par Henri Mitterand et Jean Vidal. Après Balzac et Zola, introduire Victor Hugo dans une collection iconographique était opportun à un moment où le recul permet, dans des perspectives nouvelles, l'examen d'une œuvre immense étalée sur presque tout le XIXe siècle. La succession des images fait songer à un film ou, mieux, à une « exposition de poche » dans laquelle les documents de vitrine que sont manuscrits, éditions originales ou lettres, auraient été complétés par la peinture et par l'estampe.
   Les trois grandes étapes de la vie du poète, délimitées par lui-même, Avant l'exil, Pendant l'exil, Depuis l'exil, sont d'abord jalonnées par de nombreux portraits de lui, de sa famille, de son entourage : peintures, dessins, lithographies d'une belle qualité pendant la première moitié du siècle, mais auxquels nous avons préféré ensuite des images prises sur le vif, quand Charles Hugo et Auguste Vacquerie se passionnaient pour ce nouveau procédé : la photographie, images plus émouvantes et moins connues que les clichés des photographes professionnels.
   Parmi les événements historiques du siècle nous avons dû nous limiter à ceux qui concernent directement Hugo et ce sont, très vite, les événements importants, pour un poète qui s'était voulu attentif à son temps.
   Autant que faire se peut nous avons donné un visage à tous ceux, écrivains et artistes, qui ont tenu une place dans la vie de Hugo. Ses demeures parisiennes qui subsistent encore, nous les avons recherchées et les plus intéressantes ont été photographiées. Des estampes donnent une idée de celles qui ont disparu et quelquefois de leur décor.
   La beauté du graphisme des manuscrits nous a souvent conduites à donner au lecteur, avec leur reproduction, ce contact privilégié avec l'œuvre.
   Mais c'est volontairement que nous avons résisté à la tentation de multiplier les dessins de Hugo. En dehors des croquis de voyage et de quelques illustrations d'œuvres qui s'imposaient, nous ne faisons que quelques allusions à la partie imaginaire et proprement créatrice de son œuvre dessiné.
   De même que le manuscrit et le dessin mettent le lecteur en contact avec l'œuvre dans son jaillissement, la correspondance, les mémoires, les témoignages des contemporains font revivre l'événement ; nous y avons eu recours le plus souvent possible comme nous avons fréquemment laissé la parole à ce témoin de choix que fut Mme Victor Hugo dans son irremplaçable Victor Hugo raconté par un témoin de sa vie, surtout à propos de la jeunesse du poète.
   Notre tâche s'est trouvée singulièrement facilitée par nos travaux quotidiens dans la maison qu'habita Victor Hugo, place des Vosges, consacrée depuis plus de soixante ans par la Ville de Paris au souvenir du poète [...]. Il nous était aisé de faire un choix parmi les collections réunies par Paul Meurice et accrues par nos prédécesseurs : MM. Raymond Escholier et Jean Sergent.
   Les enrichissements considérables apportés par les généreuses et récentes donations des descendants de Victor Hugo, et particulièrement MM. Jean et François Hugo et Mlle Marguerite Hugo, nous ont fourni de nombreux documents souvent inédits.
   Déjà grâce au don magnifique qu'ils avaient fait à la Ville de Paris en 1927 de la maison d'exil de Guernesey, il nous était facile d'évoquer et de faire revivre pour nos lecteurs une période exceptionnellement féconde de la vie du poète.
   Les catalogues documentés des expositions successives organisées ces dernières années place des Vosges par M. Jean Sergent, déjà utiles aux spécialistes par les nombreux documents inédits qu'ils présentent, ont souvent orienté et facilité nos recherches.
   Mais nos démarches personnelles pour essayer de renouveler une iconographie parfois trop connue ont abouti à des découvertes dont nous sommes heureuses d'offrir la primeur au lecteur.

180 euros (code de commande : 24112).


 

1965.
[PROUST (Marcel)]. Album Proust.
Iconographie réunie et commentée par Pierre Clarac et André Ferré. Paris, Gallimard, 1965. In-8° sous reliure, jaquette (au nom de la librairie Jean Bonnel, à Maubeuge) et Rhodoïd d'éditeur, [10], 321, [21] p., (collection « Albums de la Bibliothèque de la Pléiade », n° 4), pas d'étui, exemplaire en bel état.
Extrait de l'avertissement :
   
D'autres recueils d'iconographie proustienne ont précédé celui-ci, et nous voulons d'abord rendre hommage à nos devanciers. Dès janvier 1923, au lendemain de la mort de Proust, le numéro de la Nouvelle Revue Française qui lui était consacré contenait en hors-texte douze illustrations, portraits de l'écrivain et reproductions de pages tirées de ses manuscrits. Un véritable album, qui fut en son temps une révélation, accompagnait l'étude de Pierre Abraham éditée chez Rieder en 1930. Parmi les publications plus récentes on doit signaler, pour la qualité des images et le goût avec lequel elles sont présentées, l'essai de M. Claude Mauriac publié aux Éditions du Seuil dans la collection « Écrivains de toujours », le recueil de M. Georges Cattaui qui comprendra deux tomes dont le premier seul a paru, le numéro de la revue Point intitulé Univers de Proust et le Monde de Proust présenté par M. André Maurois.
   Comme il était inévitable, bien des gravures que nous reproduisons figuraient déjà dans ces beaux ouvrages. On en trouvera pourtant ici plusieurs qui sont inédites : pièces d'archives, portraits de famille, croquis, brouillons, et même deux strophes autographes sur Van Dyck composées pour Reynaldo Hahn.
   Nous n'avions pas à écrire une biographie de Marcel Proust, mais seulement à situer et à commenter les images qui illustrent sa vie. Elles s'offraient à nous assez nombreuses pour les années où il s'est mêlé au monde, soucieux d'élargir le cercle de ses relations, pèlerin passionné de musées et d'églises romanes. Elles se font bien plus rares lorsqu'il devient, dans sa chambre de malade, le prisonnier de son œuvre. Il est plus facile d'illustrer le Temps perdu que le Temps retrouvé.
   C'était d'ailleurs une idée chère à Proust, et c'est l'un des thèmes de son roman, que la vie extérieure d'un écrivain ne saurait rien nous apprendre sur l'activité créatrice qui se poursuit au profond de lui-même et dont les sollicitations du dehors ne peuvent que troubler ou interrompre le cours. Du moins avons-nous essayé d'évoquer non seulement l'atmosphère de ses longues souffrances et de ses rares joies, mais celle aussi du travail de son esprit. On trouvera reproduit dans notre album quelques-uns des tableaux, des monuments, des paysages dont le souvenir hantait son génie. En comparant Illiers a Combray, le Loir a la Vivonne, le Pré Catelan au parc de Tansonville, on entreverra le mystère de transfiguration et d'enrichissement dont s'accompagnent les résurgences de la mémoire involontaire.
   Nous avons essayé aussi, en rapprochant de quelques passages de son œuvre des toiles de Renoir, de Degas, de Claude Monet, de rendre sensibles les affinités qui unissent l'inspiration de Marcel Proust à celle des grands impressionnistes de son temps. L'objet de l'art, à ses yeux, était d'atteindre « une réalité cachée par une trace matérielle ». Nous ne pouvions guère recueillir ici que des « traces matérielles » d'une vie si ardente et si vite brisée. Mais peut-être, par elles et au delà d'elles, arrivera-t-on à surprendre quelques aspects de son paysage intérieur.

200 euros (code de commande : 24097).
Aller à la page Marcel Proust.


 

1966.
[STENDHAL (pseudonyme de Henri Beyle)]. Album Stendhal.
Iconographie réunie et commentée par V. Del Litto. Paris, Gallimard, 1966. In-8° sous reliure, jaquette (imprimée pour la librairie J. Bonnel, à Maubeuge), Rhodoïd et étui d'éditeur, [8], 321, [19]  p., (collection « Albums de la Bibliothèque de la Pléiade », n° 5), bel exemplaire.
Extrait de l'avertissement :
   
Plusieurs des études biographiques consacrées à Stendhal depuis une trentaine d'années sont accompagnées d'une illustration plus ou moins sommaire et, en quelque sorte, accessoire, depuis le Stendhal d'Alain paru chez Rieder en 1935, et qui a constitué une nouveauté pour l'époque, jusqu'à notre très récente Vie de Stendhal (1965), en passant par le petit livre île Claude Roy, Stendhal par lui-même (1951), et l'ouvrage que tout stendhalien se doit de connaître, Le Cœur de Stendhal, par Henri Martineau.
   Le seul recueil iconographique – car on ne peut qualifier de ce nom L'Iconographie de Stendhal entrebâillée de Paul Guillemin (1916), stendhalien passionné certes, mais candide et non préparé à ce genre de travaux – est celui d'Henry Débraye, Stendhal. Documents iconographiques, publié en 1950 chez Cailler à Genève. En réalité, il ne s'agit pas d'une véritable iconographie systématique, mais simplement du catalogue illustré du Musée Stendhal de Grenoble, dont l'auteur a été le conservateur de 1938 à 1948. En effet, l'ouvrage reproduit – avec un classement rudimentaire et contestable : portraits et faux portraits de Stendhal, portraits de ses amis et connaissances, sites et paysages, fac-similés – un certain nombre de pièces de ce Musée, pièces dont l'intérêt est fort inégal, les portraits originaux et d'une inestimable valeur par Dedreux Dorcy et par Lehmann voisinant avec de médiocres reproductions, d'anciennes et mauvaises photographies, voire des cartes postales ; il faut souligner aussi que les collections du Musée sont loin d'être complètes.
   Cet Album est donc le premier essai d'iconographie stendhalienne proprement dite.


 

1967.
[RIMBAUD (Arthur)]. Album Rimbaud.
Iconographie réunie et commentée par Henri Matarasso et Pierre Petitfils. Paris, Gallimard, 1967. In-12 sous reliure, jaquette, Rhodoïd et étui d'éditeur, 320 p., nombreuses illustrations, (collection « Album de la Pléiade », n° 6), la jaquette a été imprimée pour la Librairie des Arcades à Bruxelles, exemplaire en parfait état.
Avertissement :
   Après Balzac, Hugo, Zola, Proust et Stendhal, ces Goliaths de la littérature, voici qu'entre dans la série des Albums de la Pléiade le jeune David-Rimbaud, qui n'eut qu'une petite fronde... Ces hautes figures expriment leur siècle, leur œuvre est le reflet de la vie sociale, littéraire, politique, militaire, diplomatique, mondaine du temps qu'ils vécurent. Ce sont des témoins.
   Rimbaud ne rend témoignage que de lui-même et s'il décrit un monde, c'est, dans les Illuminations, celui, transfiguré par son génie, que nul homme n'a jamais vu et ne verra jamais. Il a traversé le ciel poétique ainsi qu'un météore qui se désintègre au contact de l'atmosphère terrestre. La lumière brille toujours dans son œuvre, mais du météore lui-même, que reste-t-il, sinon quelques poussières éparses, retombées au hasard ? Ce sont ces poussières qui, recueillies avec patience, emplissent ce sixième Album, établi dans la ligne de ses devanciers.
   Mallarmé a dit de Rimbaud qu'il fut un « passant considérable ». C'est vrai, mais il n'a été considérable – et considéré – que longtemps après être passé. De son vivant, si l'on excepte Paul Verlaine et Léon Valade qui crurent à son génie, personne n'aurait imaginé que cet insupportable gamin pût devenir un jour l'un des dix premiers poètes français du XIXe siècle.
   En 1871-1872, plus célèbre au Quartier latin par ses scandales que par son œuvre, il avait été mis à l'écart et oublié par ses contemporains. La génération suivante, vers 1885-1889, s'est souvenue du sonnet des Voyelles, dont elle a fait un canular, mais l'auteur avait disparu comme par enchantement, et les jeunes d'alors le distinguaient mal de Mitrophane Crapoussin, le « Dada » de l'époque.
   Heureusement Verlaine veillait, encore que perclus et amoindri. Sans lui, ne disons pas que Rimbaud aurait été moins connu, disons qu'il ne l'eût pas été du tout. Jamais ses vers de jeunesse, jadis donnés à Paul Demény, jamais les Illuminations, demeurées entre les mains de Charles de Sivry, jamais Une Saison en enfer, restée en souffrance dans les greniers de l'éditeur Jacques Poot de Bruxelles, n'auraient vu le jour.
   En 1883, les « Poètes maudits » de Verlaine ont suscité un vaste mouvement de curiosité et de recherche. Alors les langues se sont déliées, les témoignages ont afflué, les autographes et les documents sont sortis de leurs cachettes.
   Par bonheur, plusieurs témoins importants dit poète vécurent assez âgés pour traverser la zone d'ombre qui suivit sa mort et assister à la naissance de sa célébrité. Si Georges Izambard, son professeur, et Ernest Delahaye, son ami de toujours, étaient décédés à cinquante ans, nous ne connaîtrions rien de l'écolier et de l'adolescent Rimbaud. Verlaine disparut assez jeune (52 ans), mais du moins avait-il entièrement rempli sa tâche. Après lui, Paterne Berrichon a poursuivi l'enquête, qu'ont reprise d'innombrables chercheurs. Il n'est guère d'années qu'on ne retrouve des textes ou des documents que l'on croyait perdus : avant-hier, les pièces du dossier de Bruxelles, hier, les vers de collège et les dessins d'Ernest Delahaye, plus récemment, l'Album zutique et, tout dernièrement, la correspondance avec Alfred Ilg. L'essentiel a été sauvé. Mais, sur le plan iconographique, que de lacunes ! Aucun portrait de madame Rimbaud, rien du Capitaine, le père du poète, presque rien de sa mur Isabelle et de son frère Frédéric. Perdus, de nombreux dessins de Verlaine, de Delahaye, de Forain, d'André Gill (de ce dernier un grand portrait de Rimbaud à la proue du « bateau ivre » a disparu au cours de la dernière guerre).
   Pourtant, il est possible de raconter en images la vie terrestre du poète. Cette forme, presque filmée, à quelle autre vie conviendrait-elle mieux qu'à celle, prodigieusement mouvementée, d'Arthur Rimbaud ?
   Au surplus, la jalonner de documents authentiques et d'évocations précises, c'est donner la biographie la plus objective, c'est-à-dire la plus exacte qu'il se puisse faire. La prolifération des exégèses et des interprétations personnelles a voilé la physionomie de Rimbaud. On a fait de lui une panoplie de mythes ; un éminent professeur l'a montré et s'est amusé à les détruire. C'est le poète dégagé des bandelettes de la légende, le seul qui importe à ceux qu'ont touchés ses vers d'or et sa prose de diamant, qui revit en ces pages.


 

1968.
[ÉLUARD (Paul)]. Album Éluard.
Iconographie réunie et commentée par Roger-Jean Ségalat. Paris, Gallimard, 1968. In-8° sous reliure, jaquette et Rhodoïd (un peu jauni) d'éditeur, [10], 322, [20] p., (collection « Albums de la Bibliothèque de la Pléiade », n° 7), exemplaire en bel état.
Avertissement :
   
Paul Eluard est mort le 18 novembre 1952, voici seize ans. Il avait bâti sa vie sur l'amitié, et ses amis ne l'ont pas oublié, ils le racontent, ils chantent son nom et ses poèmes, ils écrivent : « j'ai connu Paul Éluard et il était ainsi. »
   Je n'ai pas connu Paul Éluard et ceci n'est donc pas un livre de l'amitié, j'ai essayé, à l'aide de documents, de reconstituer sa vie ainsi qu'elle transparaît à travers les images qu'il a laissées, à travers son œuvre, à travers les récits de ceux qui l'ont approché, à travers les quelques études qui existent sur lui ou sur le Surréalisme, l'une des périodes les plus importantes et les plus mal connues de notre histoire littéraire. Ce n'était pas facile. Vue de l'extérieur, l'existence de Paul Éluard est démesurée.
   D'ici quelques dizaines d'années, l'Histoire qui clarifie par l'oubli, aura simplifié cette vie. On n'en saura que l'essentiel, ce que l'on sait de Verlaine ou de Hugo. Aujourd'hui, Éluard est déjà trop loin de nous pour que, dans la mémoire de ses contemporains, son souvenir ne soit pas sublimé et infidèle ; mais trop près de nous encore pour que les détails d'une œuvre et d'une vie trop remplies, les petits côtés qui font qu'« il n'y a pas de grand homme pour son valet », ne nous cachent pas une partie de l'essentiel.
   Les quelques études mi-biographiques, mi-littéraires concernant Paul Éluard ont été, pour la plupart, écrites de son vivant ou immédiatement après sa mort. Inspirées par l'amitié, elles contiennent plus de bons sentiments que de faits précis. Quelquefois Éluard les a personnellement corrigées et a essayé de donner de lui-même, par le souci bien naturel qu'ont les demi-dieux de préparer pour la postérité leur propre histoire idéale, une image simplifiée ou conventionnelle.
   J'ai suivi, pour l'enfance et l'adolescence du poète, les notes et commentaires de Robert Valette dans son édition critique des Lettres de jeunesse ; pour la période Dada et le Surréalisme, l'admirable Dada à Paris de Michel Sanouillet et l'Histoire du Surréalisme de Maurice Nadeau. Les études de Claude Roy et de Lucien Scheler m'ont fourni les éléments relatifs à la vie d'Éluard pendant et après la dernière guerre. La biographie et surtout la bibliographie qui Lucien Scheler a composées pour l'édition des Œuvres poétiques d'Éluard dans la Pléiade, et qu'il a bien voulu me communiquer, m'ont été très précieuses.
   La plus grande partie des documents contenus dans cet album provient soit des albums personnels de Paul Éluard, soit du musée de Saint-Denis où Mme Banaigs, conservateur, a patiemment réuni les images et les objets qui touchaient au poète. Le catalogue de l'Exposition Éluard à Saint-Denis reste d'ailleurs, malgré quelques erreurs, l'instrument de travail indispensable à toute iconographie éluardienne. Enfin, la dernière part de ces images m'a été communiquée par les compagnons et les amis de Paul Éluard. Et je veux dire ici mm amitié et ma profonde gratitude à toutes celles et à tous ceux qui ont fait que ce livre existe : à Dominique Éluard ; à Mme Cécile Éluard-Valette ; à Mme Valentine Hugo ; à Mme Jacqueline Trutat ; à Line Duhème ; à Diane de Riaz ; à Sir Roland Penrose ; à Lucien Scheler et Jean Hugues ; à P. A. Martin ; à René Char, Jean Marcenac, André Frénaud, Louis Aragon et Claude Roy ; au docteur Lucien Bonnafé ; à Yvonne et Christian Zervos ; à Man Ray ; à Marcel Roques ; à MM. Chapon et Gilet.

60 euros (code de commande : 23987).


 

1969.
[SAINT-SIMON (Louis de Rouvroy, duc de)
]. Album Saint-Simon. Iconographie réunie et commentée par Georges Poisson. Paris, Gallimard, 1969. In-12 sous reliure souple, jaquette imprimée pour la Librairie Giard à Valenciennes, Rhodoïd et étui en carton d'éditeur, [8], 323, [12] p., (collection « Album de la Pléiade », n° 8), exemplaire en très bonne condition.
Extrait de l'avertissement :
   On ne trouve dans Saint-Simon que ce qu'il a bien voulu y mettre. Cet homme qui, soixante ans durant, a passionnément regardé autour de lui, y a surtout vu des caractères et des situations politiques, et, s'il a complaisamment décrit son attitude, il s'est rarement regardé vivre lui-même. De sa famille, nous connaissons surtout les origines et les honneurs. Sans doute ne pourra-t-on lui reprocher d'avoir tracé un portrait de son pire plus flatté que celui des contemporains, mais on aurait aimé en savoir davantage sur sa mère, devant qui il semble avoir tremblé cinquante ans durant. S'il laisse transparaître la tendresse qu'il voua à son épouse, il ne songe pas à nous en tracer le portrait. Peu de chose sur ses fils, et pratiquement rien sur sa fille. Même un beau-frère aussi attachant que Lauzun n'a pas dans les Mémoires la place qu'il mériterait.
   Il est aussi peu loquace au sujet de ses logis : s'il nous décrit son appartement de Versailles ou nous permet de localiser celui de Fontainebleau, c'est que ces logements jouaient leur rôle dans la bataille qu'il a livrée toute sa vie, mais il ne fait aucune allusion à son propre hôtel versaillais, où il vécut trente ans durant. Lorsque le duc se voit logé à Meudon, nous devinons sa satisfaction d'y succéder à la « cabale » qui l'avait chansonné, mais il ne lui vient pas à l'idée de nous le décrire. Quant au château de La Ferté-Vidame, un dessin ancien nous renseigne mieux sur lui que les brèves allusions qu'y fait son seigneur. D'ailleurs, nous ignorons tout du Saint-Simon châtelain : les revenus à toucher, les fondations pour les pauvres, les dons aux églises du Perche, de tout cela il n'a jamais parlé, pas plus qu'il ne mentionne, bien souvent, les lieux on il fut reçu. Aujourd'hui encore nous ne pouvons dire s'il vint à Chantilly, à Choisy-le-Roi, à Villeroy, au Louvre même.
   On se tromperait cependant si on jugeait Saint-Simon indifférent au décor : pendant son voyage d'Espagne, il lui porte attention, mais il y voit davantage un cadre pour les passions humaines qu'une œuvre à juger pour elle-même. En cela, il ressemble à bien des touristes modernes.
   C'est dire que nous avons sans doute rencontré dans la préparation de cet ouvrage, le premier consacré à un écrivain du XVIIe, des difficultés supérieures à celles résolues par les auteurs des précédents albums, car aux problèmes nés du caractère de Saint-Simon s'ajoutent ceux propres à tonte étude sur cette époque. Nous avons été particulièrement frappés par la rareté des documents conservés. Toute notre connaissance iconographique de la vie de Versailles à cette époque repose sur quelques gravures et tableaux. La disposition intérieure du château ne nous est connue que par des plans reconstitués, et cet emploi du temps de la Cour, si décrit, nous est, visuellement, pratiquement inconnu. Les décors mêmes où vécut Saint-Simon ont en majeure partie disparu. De la chapelle on il fut baptisé, de ses appartements de Versailles et de Fontainebleau, ne restent que les emplacements. Disparus, les décors des entretiens avec le duc de Bourgogne ou des conseils du Palais-Royal. Le Cabinet du roi a changé d'aspect, Marly n'est plus qu'un fantôme et La Ferté-Vidame est partie pour le paradis des archéologues.
   On est frappé aussi de la perte définitive de ces objets qui tinrent une telle place dans la vie nobiliaire de l'époque, et en particulier dans celle de Saint-Simon : impossible aujourd'hui de trouver un justaucorps à brevet, un « bonnet » de président au parlement, un « carreau » pour s'agenouiller. Versailles ne possède pas un tabouret de duchesse antérieur au XVIIIe siècle, et le musée de l'Armée n'a conservé qu'un bâton de maréchal de l'époque.
   On ne s'étonnera donc pas de voir cet album comporter une bonne part de portraits. Nous avons cependant tenu à ne représenter que les personnages ayant directement participé à la vie de notre duc et les événements qui ont impérieusement marqué son existence.
   Le domaine des effigies de notre héros nous était lui aussi presque fermé. Il n'existe de Saint-Simon que deux portraits, qui encadrent sa vie publique. Cette indigence iconographique symbolise bien le peu d'importance politique ou mondaine d'un homme qui, on l'eût bien scandalisé en le lui révélant, était surtout un écrivain.
   Ainsi avons-nous tenté de suivre Saint-Simon pas à pas au cours de sa vie passionnante et passionnée, en cherchant à présenter de nombreux documents inédits.


 

1970.
Album Théâtre classique.
La vie théâtrale sous Louis XIII et Louis XIV. Iconographie réunie et commentée par Sylvie Chevalley. Paris, Gallimard, 1970. In-8° sous reliure, jaquette et Rhodoïd (un peu jauni) d'éditeur, [10], 325, [17] p., (collection « Albums de la Bibliothèque de la Pléiade », n° 9), exemplaire en bel état.
Extrait de l'avertissement :
   
Théâtre classique : Corneille, Molière, Racine. Des valeurs sûres, reconnues, respectées, mais dévitalisées et qui semblent avoir perdu leur saveur de nouveauté et leur pouvoir d'émerveillement. L'accoutumance rend insensible et aveugle. Pas de meilleur remède à l'admiration indifférente que l'on porte aux trois grands maîtres de l'âge classique que de pénétrer dans le monde du théâtre sous Louis XIII et Louis XIV, de mesurer le chemin parcouru depuis les grossières farces qui font rire la populace et le bon roi Henri jusqu'aux chefs-d'œuvre semés à profusion, d'année en année, sous les pas de Louis XIV.
   Lorsque Molière, Corneille et Racine disparaissent, leurs pièces illuminent la scène de la jeune Comédie-française et servent de modèles à une nouvelle génération. Le public, qui a goûté aux grandes œuvres, exige désormais des auteurs non certes le génie, qui est un don des dieux, mais une certaine qualité de talent, du métier et du goût. Après Pierre Corneille, il y a Thomas Corneille ; après Molière, Regnard, Dufresny et Dancourt ; après Racine, La Grange-Chancel et Crébillon.
   Suivre d'année en année, de jour en jour, l'aventure théâtrale est une expérience instructive. Il apparaît soudain avec force que Corneille, Molière, Racine furent d'abord des auteurs inconnus, qu'ils durent se frayer – parfois difficilement – un chemin parmi leurs contemporains, qu'ils eurent à combattre, et que, vainqueurs aux yeux de la postérité, s'ils connurent des soirs triomphants, ils subirent aussi ces échecs, cette désaffection, plus amers aux grands écrivains que ne leur est enivrante la victoire. Pertharite tomba, le Misanthrope ne réussit pas, la Phèdre de Pradon l'emporta sur celle de Racine...
   Mais quelle époque pour l'amateur de théâtre que celle où en l'espace d'une année il peut assister à la création de trois ou quatre chefs-d'œuvre, Polyeucte, La Mort de Pompée et Le Menteur, Amphitryon, George Dandin, L'Avare et Les Plaideurs, Tartuffe et Andromaque, Le Bourgeois gentilhomme et Bérénice !

   
Car le théâtre n'est pas que littérature. Écrite, la pièce n'est pas encore née. Ce sont les acteurs qui lui donnent la vie et le public qui la révèle dans sa vérité. Du manuscrit aux chandelles de la rampe est mise en œuvre une alchimie complexe, susceptible de déterminer le succès – momentané – d'une mauvaise pièce, ou l'échec d'un chef-d'œuvre. Auteurs et comédiens, souvent divisés par des querelles d'argent, sont étroitement liés par un objectif commun : plaire. Corneille écrit pour Montdory, puis Floridor, Molière pour lui-même et pour ses compagnons, Racine pour la Du Parc et la Champmeslé. Chaque troupe a ses auteurs attitrés, ses vedettes, ses décorateurs. Entre le théâtre du Marais, l'Hôtel de Bourgogne et le Théâtre du Palais-Royal se livre une guerre où sont donnés bien des coups bas.
   La faveur des grands, qui signifie prestige et aide matérielle est, heureusement, acquise aux gens de théâtre. Richelieu et Mazarin trouvent leur meilleur délassement dans le spectacle, et l'architecture, la machinerie et la décoration théâtrales atteignent sous leur impulsion, un niveau technique élevé. Le jeune Roi est passionné de danse et de musique ; pour lui, Molière conçoit ses incomparables comédies-ballets et grâce à lui il obtient les moyens de les produire avec splendeur. La dévotion même du Roi vieilli sert le théâtre en ramenant Racine à la scène avec ses tragédies sacrées.
   Dans cet Album où Corneille, Molière et Racine occupent les cimes, la forêt tient une grande place. Bien des auteurs sont cités, ignorés des livres de littérature, bien des comédiens, vers qui ne monte plus le « brouhaha » du succès. Tous eurent leur heure ; tous participèrent, parfois très utilement, à la riche vie théâtrale du XVIIe siècle, et jouèrent leur rôle dans cette bataille exaltante chaque soir recommencée dont le théâtre est le champ. À travers 525 images et documents dont un grand nombre sont inédits, j'ai tenté de faire revivre leurs travaux et leurs peines, leurs échecs et leurs triomphes.

60 euros (code de commande : 24098).


 

1971.
Album Apollinaire.
Iconographie réunie et commentée par Pierre-Marcel Adéma et Michel Décaudin. Paris, Gallimard, 1971. In-8° sous jaquette et Rhodoïd d'éditeur, 315, [5] p., nombreuses illustrations, (collection « Albums de la Pléiade », n° 10), exemplaire en très bel état.
Extrait de l'avertissement :
   Max Jacob prétendait qu'on appellerait son époque le « siècle Apollinaire ». Le fait est qu'on peut difficilement évoquer les années 1900-1920 sans rencontrer à chaque instant l'auteur d'Alcools et des Peintres cubistes.
   La vie même d'Apollinaire compose un étonnant album de cartes postales, où se succèdent les images d'une Europe qui sombra dans le grand conflit de 1914 et qui, de la Rome de 1880, nous conduisent au Paris de l'avant-guerre et de la guerre, en passant par la Côte d'Azur, la Belgique, la Hollande, l'Angleterre, l'Allemagne, la Bohême et l'Autriche.
   Européen, il l'était par le sang, né d'un père italien et d'une mère polonaise ; il l'était également par ses amitiés, ses goûts, ses curiosités, ses préoccupations. Mais il fut avant toute chose un écrivain français et, plus encore, parisien.
   Poète éclos dans le symbolisme finissant, il a traversé toutes les écoles qui proliféraient en ce début de siècle, jusqu'à l'avant-garde dont il sut épouser et souvent orienter les formes diverses. Il a fréquenté les dernières tavernes littéraires du Quartier latin, pris ses habitudes dans les ateliers de Montmartre et en premier lieu au Bateau-Lavoir, participé à la naissance de Montparnasse et de Saint-Germain-des-Prés, côtoyé tout ce qui comptait dans son temps.
   Amateur de peinture et critique d'art, il a été l'ami, parmi beaucoup d'autres, de Derain, de Dufy, de Braque, de Picasso, de Delaunay, de Picabia, et il a, mieux sans doute qu'aucun des contemporains, reconnu la nature et l'importance de la révolution qui s'opérait autour du cubisme.
   Dans son métier de journaliste comme dans ses travaux de librairie, il s'est toujours montré un incomparable fureteur, à l'affût des sujets les plus variés et les plus insolites. Il s'intéresse à la question des langues artificielles comme à celle du cléricalisme en Allemagne, et l'on sait quel éditeur il fut des auteurs du second rayon, à commencer par Sade qu'il contribua à faire connaître au début de ce siècle.
   Et quand il voulut prendre sa part de la guerre, comme artilleur puis comme officier d'infanterie, il se lança dans l'aventure avec la soif de connaître une expérience nouvelle et d'ouvrir à sa poésie un domaine encore inexploré.
   Car son œuvre est inséparable de sa vie. Elle est faite de ses joies et de ses angoisses, de ses rencontres, de l'amitié et de l'amour : le monde de l'imaginaire et de la création artistique n'est pas distinct pour lui du monde réel, il en est le prolongement et, pour ainsi dire, l'efflorescence.
   À Henri Martineau qui avait vu dans l'auteur d'Alcools « un passionnant brocanteur », Apollinaire avait répondu en ces termes :
   « Je suis comme ces marins qui dans les ports passent leur temps au bord de la mer, qui amène tant de choses imprévues, où les spectacles sont toujours neufs et ne lassent point, mais brocanteur me paraît un qualificatif très injuste pour un poète qui a écrit un si petit nombre de pièces dans le long espace à quinze ans. »
   Cet album a l'ambition de ressembler à l'image qu'Apollinaire trace ainsi de lui-même.


 

1972.
[FLAUBERT (Gustave)]. Album Flaubert.
Iconographie réunie et commentée par Jean Bruneau et Jean A. Ducourneau. Paris, Gallimard, 1972. In-8° sous reliure, jaquette et Rhodoïd d'éditeur, 219, [5] p., (collection « Albums de la Bibliothèque de la Pléiade », n° 11), exemplaire en bel état.
Extrait de l'avertissement :
   
Le document, base de la recherche, se situe aux sources de l'histoire littéraire. L'image – iconographie – prolonge la notion de recherche vers la biographie, mêlée souvent elle-même à l'œuvre du romancier. Chez certains auteurs comme Balzac, Proust, Zola ou Hugo dont l'œuvre est immense, l'iconographie est quasi inépuisable. Pour Flaubert dont l'œuvre est plus limitée dans le nombre, l'image est moins riche.
   Mais si l'iconographie flaubertienne n'a pas la même richesse que celle d'autres auteurs, Flaubert en est sans doute le premier responsable. Au peu de goût pour la contemplation physique de sa personne, il ajoutait une véritable aversion pour l'interprétation graphique de son œuvre, qu'il considérait comme une trahison à sa pensée. Cette exigence nous prive de la vision contemporaine d'Emma Bovary ou de Mme Arnoux par un grand artiste, à la manière de Daumier nous restituant le père Goriot, Ferragus ou Vautrin.
   De plus cette iconographie se trouve amputée de certaines images, souvent très connues, que d'aucuns s'étonneront de ne pas rencontrer au cours de ces pages. Aux paysages que la légende tenace rattache à la genèse de Madame Bovary, villages de Ry ou de Forges-les-Eaux, nous avons substitué le plan linéaire du village imaginaire tracé de la main même de Flaubert. [...]
   Il est peu d'iconographies de grands hommes qui, comme celle et Flaubert, laissent perplexe le chercheur ; peu qui réunissent autant de copies de copie plus ou moins authentique, de contretypes ou même de faux. D'un portrait de Flaubert enfant dont l'orignal a disparu, on rencontre deux copies qui ne sont pas semblables. À la place d'un portrait véritable de Cléophas Flaubert, a été parfois reproduite une copie partielle de médiocre facture. Si dans cette galerie nous avons fait une place au portrait, inconnu jusqu'à ce jour, d'un Flaubert « négligé », qui ne nous satisfait pas tout à fait, c'est que la dédicace : « À Gustave Flaubert », tracée par le peintre non identifié, nous a semblé ne laisser aucun doute sur le modèle. Mais nous souhaitons qu'un historien d'art se penche sur l'étude de ce tableau et en identifie avec certitude l'artiste.

70 euros (code de commande : 23986).


 

1973.
[SAND (George)]. Album Sand.
Iconographie réunie et commentée par Georges Lubin. Paris, Gallimard, 1973. In-12 sous reliure, jaquette, Rhodoïd et étui d'éditeur, 249 p., nombreuses illustrations, (collection « Album de la Pléiade », n° 12), on joint une carte de la librairie Robert Marin à Paris, exemplaire à l'état de neuf.
Avertissement :
   L'iconographie de George Sand est considérable, et les documents qui figurent ici n'en représentent qu'une partie. Le plus difficile n'était donc pas de rassembler, mais de choisir, et par conséquent de sacrifier. Nombreux sont les artistes, travaillant d'après nature, grâce auxquels nous connaissons l'aspect physique de la romancière dans sa jeunesse et sa maturité, aux temps où la photographie n'était pas inventée. Nous avons retenu presque tous les portraits indiscutables, ceux que nous ont laissés Delacroix, David d'Angers, Calamatta, Auguste Charpentier, Clésinger, Thomas Couture, Charles Marchai, Alexandre Manceau, et bien entendu Maurice Sand, sans négliger ceux dont nous sommes redevables à de talentueux amateurs qui s'appelaient Alfred de Musset, Pauline Viardot, Tony Faivre et... George Sand elle-même, qui, ne s'étant jamais flattée, ne saurait être récusée pour cause de partialité.
   Question : Le lecteur, à confronter ces multiples effigies (qui souvent diffèrent de l'une à l'autre, parfois beaucoup), comprendra-t-il, ou contestera-t-il, le pouvoir de séduction d'une femme qu'ont aimée Musset, Chopin et quelques autres qui ne passaient pas pour aveugles ? Il est de bon ton aujourd'hui, dans certains milieux, de tout refuser à George Sand : le génie, le talent, la sincérité des opinions et jusqu'à la beauté. Alors qu'un des peintres cités plus haut lui trouvait « la plus admirable tête qu'on puisse voir », alors que Musset, après la séparation, écrivait à son ami Tattet : « C'est encore la femme la plus femme que j'aie jamais connue », alors que, vers 1870, Zola, qui ne lui était pas précisément favorable, notait en la voyant « une largeur de traits et des yeux magnifiques qui lui donnaient un caractère de beauté énergique et tranquille » (et cependant, à l'époque, la soixantaine était largement sonnée). Quant à elle, on sait qu'elle a écrit dans Histoire de ma vie : « Je n'eus qu'un instant de fraîcheur et jamais de beauté », ajoutant qu'elle se trouvait « l'air bête ». Ce qui faisait se récrier Hortense Allart : « On n'est pas plus modeste, on ne peut moins se faire valoir... mais qui nous la rendra belle comme elle était lors des commencements de Mérimée ? »
   Nous avons retenu aussi quelques-uns des innombrables portraits dus à des artistes qui, ne pouvant avoir le modèle sous les jeux, se sont inspirés de portraits authentiques pour multiplier l'image d'un auteur qui a excité pendant plus d'un siècle une infatigable curiosité pour sa vie agitée autant que pour son œuvre. La demande du public devait être importante, car ces effigies, parfois assez peu ressemblantes, ont pullulé, et nous ne pouvions en donner qu'un choix limité. Bien entendu, nous n'avons pas manqué de faire place aux charges et caricatures, dont les plus mauvaises ne sont pas celles où George Sand s'est elle-même spirituellement croquée, sans indulgence. Quant aux photographies, cette manière de représenter l'être humain ne pouvait venir qu'assez tard dans la vie des écrivains romantiques, et c'est une femme vieillie qu'elles nous montrent en général. Nous n'avons pas voulu éliminer même les moins flatteuses, qui la représentent de façon réaliste dans ses mauvais jours : comme beaucoup de gens, sans doute n'était-elle pas photogénique à toute heure, et, à côté de certaines épreuves très belles de Nadar ou de Verdot, il en est d'autres qui n'inspirent pas l'admiration.
   Un témoin bien doué existait dans la famille : Maurice, qui vivait, semble-t-il, le crayon à la main car il a laissé des milliers de croquis. Aussi lui avons-nous fait la part belle, pour illustrer nombre d'événements de la vie de sa mère, en particulier ses voyages. En majorité inédits, ces documents, même quand leur qualité artistique n'est pas évidente, nous ont paru plus précieux que des illustrations plus raffinées mais moins intimement liées au sujet.
   Le même souci d'authenticité nous a conduit à préférer, pour les représentations des châteaux et paysages du Berry qui ont souvent servi de décors aux romans de George Sand, les dessins d'Isidore Meyer, tirés des Esquisses pittoresques sur le département de l'Indre, ouvrage dont la première édition, remontant à 1840, est tout à fait contemporaine de George Sand.
   Les domiciles parisiens sont la partie la plus décevante de notre iconographie : certains ont disparu, comme la maison du quai Saint-Michel et les pavillons de la rue Pigalle. D'autres ne présentent que des façades peu évocatrices, que l'étroitesse des rues ne permet pas toujours de prendre sous un angle favorable. Il devient notamment impossible de photographier les entrées d'immeubles, à cause des autos en stationnement, cette plaie des temps modernes.
   Grâce à des albums soigneusement conservés dans la famille Sand, puis légués à la bibliothèque historique de la ville de Paris, nous avons été en mesure de révéler de nombreux visages d'amis et de correspondants de George Sand, des illustres comme des obscurs. Certaines de ces photographies sont publiées pour la première fois.


 

1974.
Album Baudelaire.
Iconographie réunie et commentée par Claude Pichois. Paris, Gallimard, 1974. In-8° sous reliure, jaquette et Rhodoïd, 315, [5] p., très nombreuses illustrations, (collection « Album de la Pléiade », n° 13), exemplaire en très bel état.
Avertissement :
   L'iconographie de Charles Baudelaire a déjà été réunie plusieurs fois, en dernier lieu dans un volume procuré par François Ruchon, qui avait bénéficié des conseils de Jacques Crépet, et par nous-même dans un volume de la collection « Visages d'hommes célèbres » publiée chez Pierre Cailler (1960). La présente réunion tient évidemment compte des progrès qui ont été accomplis depuis lors dans la connaissance de la vie et de l'œuvre de Baudelaire.
   La documentation n'est pas surabondante, si, comme ce fut notre intention, on ne la veut pas oiseuse, se ramifiant dans les marges. Aux yeux de ses contemporains, Baudelaire ne fut ni Victor Hugo, ni George Sand, ni même Gustave Flaubert.
   Mais en ce qui concerne les propres images du poète, son iconographie offre par rapport aux autres un caractère particulier. De ses portraits : dessins, peintures, gravures, photographies, Baudelaire est, chaque fois qu'il le peut, le collaborateur, s'il n'en est pas l'auteur. De son portrait peint par Émile Dercy comme des photographies prises par Nadar, Carjat et Nejt, il faut imaginer qu'ils ont été concertés avec les artistes : cadrage, attitude, expression. Et lorsque Bracquemond ne parvient pas à donner du modèle un portrait satisfaisant, Baudelaire le guide ou le supplée par ses propres dessins.
   Depuis sa prime jeunesse, il a pour les arts plastiques un goût passionné, qu'a encouragé son père. Il a des connaissances techniques, obtenues en fréquentant les ateliers. Et la nature l'a doué d'un talent graphique, sans être aussi prodigue peut-être qu'elle le fut à l'égard de Victor Hugo, de Paul Valéry et de Jean Cocteau. Le crayon qui dessine la jambe de la Fanfarlo, la plume qui raille l'idéal d'Asselineau ou celui de Chenavard sont de première qualité, comme celle qui cherche dans les autoportraits l'adéquation de l'esprit et de son reflet charnel.
   Dessin, gravure, peinture : on sait que Baudelaire refusait à la photographie le statut des beaux-arts. Cependant, sa diatribe du Salon de 1859, dictée par ses préférences de jeunesse comme par sa crainte et sa haine du progrès, réhabilite « l'industrie photographique » en un point : « Qu'elle sauve de l'oubli les ruines pendantes, les livres, les estampes et les manuscrits que le temps dévore, les choses précieuses dont la forme va disparaître et qui demandent une place dans les archives de notre mémoire, elle sera remerciée et applaudie. »
   Les choses précieuses. Les êtres aussi. Tout à la fin de sa vie lucide, voici que dans sa solitude bruxelloise, s'ennuyant « mortellement » (il dit trop bien !), il se remémore les rares mois agréables de son enfance, ceux qui séparent la mort de son père de l'intervention du futur beau-père dans sa vie affective. Alors, et c'est l'avant-veille de la Noël 1865, il adresse à Mme Aupick cette prière :
   « Je voudrais bien avoir ton portrait. C'est une idée qui s'est emparée de moi. Il y a un excellent photographe an Havre. Mais je crains bien que cela ne soit pas possible maintenant. Il faudrait que je fusse présent. Tu ne t'y connais pas, et tous les photographes, même excellents, ont des manies ridicules ; ils prennent pour une bonne image une image où toutes les verrues, toutes les rides, fous les défauts, toutes les trivialités du visage sont rendus très visibles, très exagérés ; plus l'image est dure, plus ils sont contents. De plus, je voudrais que le visage eût au moins la dimension d'un ou deux pouces. Il n'y a guère qu'à Paris qu'on sache faire ce que je désire, c'est-à-dire un portrait exact, mais ayant le flou d'un dessin. Enfin, nous y penserons, n'est-ce pas ? » La photographie a donc droit au purgatoire, pour peu qu'elle échappe à l'enfer du réalisme.
   Mais de Mme Aupick nous n'aurons jamais, peut-être, que cette pauvre silhouette indiscernable sur le perron de la Maison-joujou. Et dit père de Baudelaire qu'une image contestée. En regard des portraits du général Aupick... Faut-il croire que le destin familial de Baudelaire, tout son destin, est ainsi figuré dans une galerie de portraits où l'indiscernable se mêle au trop présent ?
   Du moins ces archives de notre mémoire sont-elles riches d'une section des plus belles et des plus émouvantes : les photographies de Baudelaire lui-même. Dans la mesure – et sans aucun doute elle est grande – où il a dirigé l'objectif, elles ajoutent une dimension à son œuvre.


 

1975.
[DOSTOÏEVSKI (Fiodor Mikhaïlovitch)]. Album Dostoïevski.
Iconographie réunie et commentée par Gustave Aucouturier et Claude Menuet. Paris, Gallimard, 1975. In-8° sous reliure, jaquette et Rhodoïd (dos jauni), 379, [5] p., très nombreuses illustrations, (collection « Album de la Pléiade », n° 14), exemplaire en très bel état.
Note de l'éditeur :
   Il est assez étrange que, depuis bientôt cent ans que Dostoïevski est mort, les pays occidentaux (disons : tous les pays hormis l'U.R.S.S.) continuent de n'avoir à leur disposition, en matière d'iconographie, qu'une cinquantaine de documents – toujours les mêmes. Sans doute convient-il de savoir que certains manuscrits de l'écrivain ont été saisis par la police, que Dostoïevski en a détruit lui-même d'autres à une époque où il pouvait craindre, non sans raison (à l'occasion de son retour en Russie en 1871), d'être l'objet d'une fouille aux frontières : c'est ainsi qu'il brûla les manuscrits de L'Idiot, de L'Éternel Mari et des Démons. En outre, d'autres manuscrits ou documents ont pu disparaître dans la tourmente révolutionnaire. Enfin, nous ne possédons rien on presque des quatre années passées au bagne et durant lesquelles Dostoïevski (qui n'avait comme livre à sa disposition qu'un exemplaire de la Bible) se limita à prendre les notes de ses carnets sibériens.
   Il est surprenant, par exemple, que nous possédions si peu de portraits de Dostoïevski jeune : rien jusqu'à l'âge de vingt-six ans, alors que nous disposons des portraits du père, de la mère, des grands-parents, des oncle et tante, d'une domestique même. Puis, de nouveau, aucun autre témoignage de l'apparence physique de l'écrivain jusqu'en 1858 : Dostoïevski a trente-sept ans, il fait son service militaire ; on le voit photographié dans son uniforme de sous-officier. Enfin, au début des années 60, et jusqu'à sa mort, Dostoïevski se fera représenter assez souvent, quelquefois le même jour dans des poses différentes. (À cette époque, la photographie se répand comme une mode dans la plupart des pays d'Europe.)
   À ce jour, la plupart de ces documents étaient demeurés soit inédits, soit peu accessibles aux lecteurs de l'écrivain, qui ne connaissaient de lui – tant il a été souventes fois reproduit, mais en noir seulement – que le beau portrait commandé en 1872 par le mécène Trétiakov à Basile Piérov.
   Or, les Soviétiques ont entrepris il y a quelques années la publication de L'Héritage littéraire de Dostoïevski, dont les volumes reproduisent quantité de documents : brouillons, pages de manuscrits, journaux et revues, lieux où a séjourné Dostoïevski, ainsi que de nombreux portraits de l'écrivain, de son entourage ainsi que de ses contemporains.
   C'est cette iconographie exceptionnellement riche que les Soviétiques ont bien voulu mettre à notre disposition en en réservant la primeur à la France (et aux éditions Gallimard).
   Répondant à l'invitation qui lui en a été faite par l'Institut de la Littérature mondiale, Claude Menuet s'est rendu en U.R.S.S. Tant à Moscou qu'à Leningrad, il s'est entretenu longuement avec les conservateurs des musées de ces villes, et il a pu également travailler à la bibliothèque Lénine où sont conservés, entre autres, le manuscrit des Frères Karamazov ainsi que les carnets de l'écrivain. Claude Menuet a pu en outre, grâce aux indications précises qui lui ont été fournies sur place, reconstituer dans Pétersbourg l'itinéraire de personnages dostoïevskiens comme Raskolnikov et son trajet entre son domicile et celui de l'usurière qu'il va assassiner.
   Au surplus, nous avons pu, grâce à l'obligeance de Mme Lily Denis, nous procurer des documents inédits en provenance de Sibérie et concernant le premier mariage de Dostoïevski.
   Aussi, la qualité, la richesse et l'importance de cette iconographie n'échapperont, sans doute, à aucun des fervents de l'écrivain ; même pour l'amateur le moins exigeant, l'ensemble de ces documents, dans le montage qui en a été fait, compose une sorte de film documentaire sur la vie de Dostoïevski.


 

1976.
[ROUSSEAU (Jean-Jacques)]. Album Rousseau.
Iconographie réunie et commentée par Bernard Gagnebin. Paris, Gallimard, 1976. In-8° sous reliure, jaquette, et Rhodoïd (dos jauni) d'éditeur, 268, [4] p., (collection « Albums de la Pléiade », n° 15), bel exemplaire.
Avertissement :
   Rousseau s'est non seulement efforcé de brosser son portrait moral dans ses œuvres autobiographiques, mais il a tenu à laisser un portrait figuré aussi véridique que possible. C'est pourquoi il s'est longtemps refusé à permettre à ses éditeurs d'orner ses livres de sa propre image. Aussi exigeant en matière de représentation graphique qu'en matière d'autobiographie, Rousseau a critiqué presque tous les portraits qui ont été exécutés d'après nature, ceux gravés par Cathelin et par Littret (d'après le pastel de La Tour), comme ceux peints par Houel et par Liotard, sans parler du buste par Lemoyne. Quant à l'effigie peinte par Alan Ramsay, il l'a condamnée en termes très vifs dans ses Dialogues, prétendant y voir une machination destinée à le faire passer pour fou. Il n'y a que le pastel de La Tour qui ait trouvé grâce à ses yeux. Rousseau avait quarante ans lorsqu'il a posé devant le plus célèbre portraitiste de son temps. Dédaignant les grands, moqueur, excentrique, préférant la compagnie des hommes de lettres à celle des fermiers généraux, Maurice Quentin de La Tour a su rendre l'expression à la fois interrogative et un peu mélancolique de Jean-Jacques.
   Nous pouvons cependant nous demander si ce portrait n'est pas légèrement flatté. Rousseau est un être conscient de sa valeur, inquiet et tourmenté, qui cherche à jeter bas les masques. L'anxiété ne se lit pas sur le pastel de La Tour. L'écrivain s'est décrit dans ses Confessions comme un homme « bien pris dans sa petite taille..., l'air dégagé, la physionomie animée, la bouche mignonne, les sourcils et les cheveux noirs, les jeux petits et même enfoncés, mais qui lançaient avec force le feu dont son sang était embrasé ». Ce témoignage est corroboré par ceux du prince de Ligne et de Bernardin de Saint-Pierre qui ont rendu visite à Rousseau, rue Plâtrière à Paris. « Ses jeux étaient comme deux astres, nous dit le prince de Ligne. Son génie rayonnait dans ses regards et m'électrisait. » Et Bernardin de Saint-Pierre : « II avait le teint brun, quelques couleurs aux pommettes des joues, la bouche belle, le nez bien fait, le front rond et élevé, les jeux pleins de feu. » Et plus loin : « On remarquait dans son visage trois ou quatre caractères de la mélancolie par l'enfoncement des yeux et par l'affaissement des sourcils ; de la tristesse profonde par les rides du front ; une gaieté très vive et même un peu caustique par faille petits plis aux angles extérieurs des jeux... »
   Si Rousseau a préféré le portrait de La Tour qui nous semble un peu complaisant, c'est qu'il lui rappelait une période heureuse de son existence, celle de ses premiers succès littéraires et du triomphe du Devin du village, alors que le portrait de Rarnsay évoque au contraire la persécution et le complot. Ainsi ce ne sont pas uniquement des considérations esthétiques, mais encore des motifs psychologiques qui expliquent le choix de Rousseau.
   Deux ouvrages consacrés aux portraits de Rousseau ont été publiés au début du siècle, à peu près en même temps. Celui du comte de Girardin (Iconographie de Jean-Jacques Rousseau, portraits, habitations, souvenirs, Paris, 1910) énumère sans esprit critique les images qu'il possédait. Celui d'Hippolyte Buffenoir (Les Portraits de Jean-Jacques Rousseau, étude historique et iconographique, Paris, 1913) passe en revue les différents portraits de Rousseau, non sans en omettre plusieurs ni sans commettre quelques erreurs d'interprétation.
   L'Album Pléiade Rousseau est une première tentative de rassembler une iconographie aussi complète que possible de Rousseau et de son temps. Une place importante a été réservée aux paysages que l'écrivain a décrits dans ses livres, à ces sites privilégiés qui n'ont, chose rare, guère changé depuis le XVIIIe siècle, les Charmettes, Môtiers, l'île de Saint-Pierre, Ermenonville. Quant à ses œuvres, elles ont inspiré les meilleurs dessinateurs de son temps : Gravelot, Cochin, Eisen, Moreau le jeune, Boucher, Marillier, Le Barbier, etc. Et l'on sait aujourd'hui que François Boucher a failli illustrer La Nouvelle Héloïse.
   Nous avons donné la préférence aux documents du XVIIIe siècle, laissant délibérément de côté les portraits d'après La Tour ou d'après Houdon, ainsi que les innombrables effigies et illustrations romantiques. Nous n'avons pas retenu davantage les portraits contestés de Rousseau, celui adolescent d'Annecy ou celui peint par John Wright, qui représente en réalité un écrivain écossais !

40 euros (code de commande : 24742).



1977.
[CÉLINE (Louis-Ferdinand)]. Album Céline.
Iconographie réunie et commentée par Jean-Pierre Dauphin et Jacques Boudillet. Paris, Gallimard, 1977. In-8° sous reliure souple, jaquette et Rhodoïd d'éditeur, 287, [9] p., (collection « Albums de la Pléiade », n° 17), exemplaire en bel état.
   Suite à une erreur dans la numérotation, le n° 16 de la collection a été attribué à l'album suivant.
Extrait de l'avertissement :
   Moins de quinze ans après le décès de l'écrivain, il est trop tôt pour tenter de faire un bilan des images que Louis-Ferdinand Céline a données de lui-même. Son temps en a imposé d'autres ; ses familiers ont les leurs, prises et parfois conservées à son insu. Leur réunion et leur commentaire exigent un recul que la dispersion des documents ne facilite pas. Les souvenirs tranchés des contemporains créent bien des perspectives ; les contradictions dont les faits portent témoignage en ouvrent d'autres. Dès lors, tout choix implique une interprétation. Faute de pouvoir dessiner un caractère, ce volume tend à suivre les esquisses successives, et toutes relatives, d'un comportement.
   Peu d'écrivains ont connu d'emblée, comme Louis-Ferdinand Céline, les fastes et les ombres de la légende. Les années aidant et au fil de passions violentes, elle s'est confondue avec le statut de l'homme de lettres. Si tout chercheur devient alors iconoclaste aux yeux de l'amitié, de la mémoire et des mythes, l'absence de chronologie célinienne continue imposait un devoir d'information. La photographie y a ajouté la souplesse de son rythme, ses digressions et ses pauses. Même symboliques, ces instantanés d'un « fauve » de notre époque n'excluent pas plus la précision du détail que la rigueur de l'enchaînement.
   Difficilement dissociable de l'exercice de sa vie, la pratique artistique de Louis-Ferdinand Céline mérite mieux qu'une curiosité. Sous les audaces et le défi, sa démarche reste à coup sûr l'une des plus « classiques ». Aux humeurs, qui ont suscité portraits flattés et caricatures, doit naturellement succéder l'inventaire d'images plus quotidiennes. Diverses sans être exhaustives, elles offrent les facettes d'un écrivain qui affirma : « Je suis contre l'iconographie. Je suis mahométan. Pas de photos de moi... Je n'aime pas ça ! » – comme si sa vérité était vraiment ailleurs.
   La trame de cet album en noir et blanc est donc faite de gestes. Vivant de leur propre contraste, ils ont la cohérence de leur succession. Peu à peu, l'histoire particulière d'un homme s'y défait ; l'anecdote en s'usant laisse voir, et comme autrement, les soixante premières années du siècle. Pour les avoir épousées jusque dans leur outrance, Louis-Ferdinand Céline n'a pas distingué son œuvre romanesque et pamphlétaire des événements. Leur somme, élaborée page après page, paraît avoir autant constitué le théâtre que la mesure d'un cri. En composant cette iconographie, c'est l'envers individuel du décor que l'on invite à voir.


 

1978.
Album Pascal.
Iconographie réunie et commentée par Bernard Dorival. Paris, Gallimard, 1978. In-8° sous reliure, jaquette et Rhodoïd d'éditeur, 204, [4] p., très nombreuses illustrations, (collection « Album de la Pléiade », n° 16), exemplaire en très bel état.
Avertissement :
   « Le plus grand des Français », comme l'a appelé Julien Green, est aussi sans doute celui dont l'iconographie est le moins abondante. À ce fait, on peut trouver plusieurs raisons. La première, c'est que la famille Pascal, dont la situation financière était sujette à des fluctuations attestées par ses changements fréquents de domicile, n'avait pas les ressources nécessaires pour faire « tirer », comme on disait alors, ses membres : il ne fallut rien moins que le miracle de la sainte épine pour que Florin Périer commandât en manière d'ex-voto d'action de grâces, à un peintre de dernier ordre, le portrait de sa fille Marguerite, bénéficiaire de ce miracle. En second lieu, Biaise Pascal ne fut connu de son vivant qu'en tant que savant, et les savants ne sont généralement pas, au XVIIe siècle, des personnages à ce point considérables en France que l'on juge opportun de les sculpter, les peindre ou les graver : l'on ne possède pas d'effigie de Roberval, Desargues, Mydorge, Bourdelot, Le Pailleur, etc. Enfin, et j'ajouterai même surtout, Pascal et les siens appartinrent rapidement à une famille spirituelle, très fournie à leur époque, qui eût estimé commettre « une griefve faute », ainsi que l'écrivait la mère Angélique Arnauld, voire, comme elle disait aussi, un « péché mortel », en se laissant portraiturer. Tel était ce christianisme exigeant du XVIIe siècle français que, par esprit d'humilité, ni un Bérulle, ni un Saint-Cyran, ni même un père Annat – un Jésuite, cependant ! – ne consentirent jamais à laisser perpétuer, de leur vivant, l'apparence mortelle de leur personne humaine. Comment Biaise Pascal eût-il pu agir autrement, quand son meilleur ami, Artus Gouffier de Roannez, que sa condition de duc et pair, gouverneur du Poitou, obligeait, en quelque façon, à se faire peindre ou graver, s'y refusa toujours, de même que sa sœur Charlotte, duchesse de La Feuillade ? Inutile, par conséquent, de chercher des portraits de Pascal et des siens : il n'y en a pas, il ne pouvait pas y en avoir, et ce sont images controuvées que les effigies de Jacqueline Pascal et de Gilberte Périer, ainsi surtout que celle prétendue de Blaise Pascal par Philippe de Champaigne. Sans le fameux masque mortuaire et les interprétations peintes, dessinées et gravées auxquelles il donna naissance, le visage de l'auteur des Provinciales et des Pensées nous serait resté inconnu.
   Mais il y a plus, et d'autres faits contribuent à rendre encore plus malaisé l'établissement d'un album iconographique qui lui soit consacré, ainsi qu'à ses travaux. Ses écrits, d'abord, écrits scientifiques, écrits polémiques – clandestins, ceux-ci, ne l'oublions pas –, écrits philosophiques, voire théologiques, ne sont pas de ceux qui appellent l'illustration, au contraire des poèmes, des romans, des pièces de théâtre. Les traits, d'autre part, nous sont ignorés, de bon nombre de ses amis et de ses relations, voire de ses ennemis – Mme Sainctot, Jean Guillebert, messieurs des Landes et de La Bouteillerie, le père Forton, le père Noël, Méré, Miton, le duc de Liancourt, l'abbé Picoté, le père Nicolaï, le père Pirot, le père Lalouère, l'Anglais Wallis, les marquis de Crenant et de Sourches, etc. ; nous avons déjà évoqué Roannez et sa sœur, ainsi que le père Annat. Enfin la cupidité des hommes, toujours portés aux spéculations immobilières, d'aucuns diront les nécessités de la vie moderne, la politique aussi, et peut-être enfin seulement le hasard, se sont acharnés sur les demeures où il vécut, sur celles de sa famille, sur ses paroisses aussi, de même que sur l'abbaye qui lui fut si chère : de sorte que nous ne possédons aujourd'hui ni sa maison natale, ni sa maison mortuaire, ni ses résidences parisiennes de la rue de la Tixanderie et de la rue Beaubourg, ni le château de Bienassis, ni l'église Saint-Came, ni Port-Roy al-des-Champs. Ainsi ne pouvons-nous imaginer les cadres de son existence qu'à travers de rares documents, qui, souvent, ne nous donnent sur eux que des renseignements indirects.
   De ces naufrages, une seule épave est parvenue jusqu'à nous – mais quelle épave ! –, le manuscrit des Pensées et de divers écrits qui s'y rapportent plus ou moins. Alors que la plupart des grands manuscrits de notre XVIIe siècle n'ont pas été conservés, la piété des Périer envers celui qu'ils considéraient comme leur « saint » a sauvé et transmis un texte sans lequel nous ne connaîtrions pas le génie de Pascal – il y a loin, on le sait, entre l'édition princeps des Pensées et le manuscrit de leur auteur – et sans lequel aussi nous ne connaîtrions l'homme qu'encore plus imparfaitement. Plus que dans un portrait, Pascal est là, dans la graphie, dans la disposition des lignes, dans les ratures et dans les additions du Mémorial, du Mystère de Jésus et de tels fragments comme ceux qu'on appelle les « Deux infinis », le « Pari », ou la prosopopée de la Sagesse de Dieu. Pour être moins attirants que des images de l'être qu'il fut, ou des êtres que furent son père, sa mère, ses sœurs, sa servante, ses proches ; pour nous évoquer moins son existence que les vues de ses maisons ; ces lignes, tracées d'une plume fougueuse ou réfléchie, nous restituent, mieux qu'aucun document, Pascal et nous permettent de le comprendre mieux.

35 euros (code de commande : 25048).


 

1979.
Album Montherlant.
Iconographie réunie et commentée par Pierre Sipriot. Paris, Gallimard, 1979. In-8° sous reliure, jaquette et Rhodoïd d'éditeur, 242, [4] p., (collection « Albums de la Bibliothèque de la Pléiade », n° 18), exemplaire en très bon état.
Extrait :
   
« L'acte le plus remarquable que j'ai accompli dans ma jeunesse, c'est d'être parvenu à naître un 21 avril, c'est-à-dire le jour anniversaire de la fondation de Rome. »
   Eh bien, non ! Nous avons retrouvé l'extrait des actes de naissance et de baptême. Henry-Marie-Joseph-Frédéric-Expedite Millon de Montherlant est né le 20 avril 1895 à une heure du matin.
   Montherlant a changé d'un an la date de sa naissance pour se rajeunir et de un jour le jour de sa naissance pour naître à un moment propice comme Chateaubriand voulait être censé être né le jour de la Saint-François. Pourquoi ce coup de pouce ? Pour modifier le ciel astral plus favorable en 1896, disait Montherlant qui aimait toujours les illusions consolatrices sans y croire le moins du monde. Et surtout pour choisir sa date de naissance comme il a choisi la date où il s'est donné la mort : 21 septembre 1972, l'équinoxe de septembre : « quand le jour est égal à la nuit ; en la fête de ce Saint Mystère, que le oui ou le non l'emporte. Et le jour de la vie et la nuit de la mort sont égaux pour moi en effet et se balancent. L'un ou l'autre, no importa. »


 

1980.
Album Giono.
Iconographie réunie et commentée par Henri Godart. Paris, Gallimard, 1980. In-8° sous reliure, jaquette et Rhodoïd (un peu jauni) d'éditeur, 319 p., (collection « Album de la Pléiade », n° 19).
Extrait de l'avertissement :
   
Giono, disparu il va y avoir dix ans, n'a rien perdu de sa présence. Ses premiers lecteurs restent fidèles à son œuvre, et elle en trouve aujourd'hui de nouveaux, sans doute parce qu'elle satisfait des goûts ou des besoins dont la production romanesque actuelle ne se préoccupe guère. Le jaillissement de l'invention, les raffinements du récit, la poésie des images et le rapport qu'elles établissent avec le monde donnent un plaisir de lecture désormais rare et qui permet de mesurer cette œuvre en dehors des passions ou de la controverse qu'elle suscita. Ce plaisir, on peut espérer le prolonger de quelque manière dans un album comme celui-ci.
   Tout chez Giono se prête en effet à l'iconographie : le visage, mûri et affiné au fil des ans ; l'écriture, qui fait la beauté de manuscrits dont chaque page réjouit l'œil ; la nature et la disposition des ébauches dans ses carnets de travail, sur la page desquels s'inscrit le dessin et comme le rythme de l'invention ; son intérêt pour la peinture, qui mêle des peintres, tels Bruegel ou Piranèse, à la conception même de ses œuvres ; son goût pour la photographie – soit qu'il choisisse parmi des photos qu'on lui propose une illustration possible d'un de ses romans, soit qu'il imagine toute une histoire à partir d'une photo qu'on lui présente, soit qu'il retrouve dans des albums d'anciennes photos anonymes la figure de certains de ses personnages ; son goût aussi pour les livres qu'il réunit dans sa bibliothèque, et pour les cartes qu'il ne se lasse pas de consulter (sans compter les annotations dont il enrichit les uns et les autres) ; d' autre part, le nombre et la qualité des peintres et des dessinateurs qui ont I illustré ses œuvres, et la beauté des paysages réels qui ont servi de points de départ à ses descriptions.
   Le choix et la présentation des documents réunis ici ont été, naturellement, l'occasion de faire le point des connaissances actuelles sur Giono et nos remerciements disent de combien d'informations nouvelles elles s'enrichissent. Mais on n'aborde pas la vie d'un auteur contemporain de la même façon que celle d'un auteur du passé. Devant la profusion des pièces d'archives dont une part, fatalement, échappe à l'investigation, le nombre et la diversité des traces, les possibilités à peu près infinies du témoignage ou de la confidence, notre première tâche était d'équilibre. En revanche, l'ensemble exceptionnel que constituent lis dossiers, carnets, manuscrits de Giono et les livres de sa bibliothèque a permis de donner la première évocation complète et continue de cette carrière d'écrivain dans son développement interne.


 

1981.
[VERLAINE (Paul)]. Album Verlaine. Iconographie choisie et commentée par Pierre Petitfils. Paris, Gallimard, 1981. In-8° sous reliure, Rhodoïd et étui illustré d'éditeur, 318, [2] p, (collection « Albums de la Pléiade », n° 20), exemplaire en très bel état.
Extrait de l'avertissement :
   
Paul Verlaine est mort relativement jeune, dans sa cinquante-deuxième année. Il est difficile de concevoir existence plus fertile en événements, catastrophes et coups du destin. Il a participé aux batailles littéraires de deux générations – parnassiens, décadents-symbolistes ; il a séjourné en Belgique et en Angleterre et est retourné dans ces pays pour des conférences, ainsi qu'en Hollande ; il a été fonctionnaire à Paris, professeur dans plusieurs écoles anglaises et dans un collège ardennais, cultivateur près de Rethel ; il a fait plus de vingt séjours dans des hôpitaux parisiens et deux « villégiatures » en prison, dont l'une excédant dix-huit mois. Il a écrit trente volumes de vers et huit de prose ; il a frôlé la sainteté et s'est vautré dans la luxure ; il a connu la misère et la gloire. Pour illustrer cette incroyable vie, il faudrait beaucoup plus de documents que n'en peut contenir un Album de la Pléiade. Nous avons dû faire un choix et nous limiter à des évocations caractéristiques. Naturellement, c'est vers la fin, après son élection au titre de Prince des poètes (1894), qu'abondent les portraits. Tous sont attachants, mais ils n'épuisent pas le mystère de cette physionomie attirante et inquiétante. C'est que Verlaine n'est pas un personnage simple, il est double et souvent triple ; sa biographie forme une symphonie où se heurtent violemment des thèmes contradictoires, avec accompagnement d'éclairs, d'orages et de délires dus à l'absinthe, aux apéritifs et à la bière du Nord qu'il supportait mal. Le plus étonnant est que le vrai Verlaine, celui des profondeurs, ne ressemblait nullement au héros truculent que la Fatalité saturnienne a fait de lui. C'était un être simple, peu exigeant, sensible, sans orgueil, rêvant d'une femme douce, d'un foyer tranquille et d'amis gais et fidèles. La cause de ses malheurs tient en ces deux mots par lesquels lui-même a défini son caractère : la « faiblesse entêtée ». Ah ! il a bien mérité de figurer dans sa galerie des Poètes maudits ! Comme il était lucide, il en convenait et ne s'en étonnait pas :
      Et pourquoi si j'ai contristé
      Ton vœu têtu,
      Société,
      Me choierais-tu ?
   Il reste de lui de bonnes photographies, dès sa jeunesse, et nous avons la chance qu'il eut des amis sachant dessiner : Ernest Delahaye, spontané et malicieux, Germain Nouveau, Henry Cros et surtout Frédéric-Auguste Calais, qui a laissé de lui près de cent cinquante portraits, croquis au crayon, à la plume, à la sanguine ou au lavis. C'était un gai et franc garçon, chansonnier dans l'âme, dont la main légère savait saisir au vol les travers de ses personnages et, de ces derniers, donner des instantanés d'une ressemblance frappante. Le meilleur témoignage à cet égard est celui des contemporains de Verlaine, qui pouvaient comparer avec le modèle. Tous ont dit avoir retrouvé ses traits, ses attitudes, sa démarche, ses gestes familiers. Ernest Raynaud a été leur interprète en déclarant, dans une ballade célèbre :
      F.-A. Cazals nous a rendu Verlaine.
   Nous qui ne l'avons pas connu, il nous a comblés.
   Ces divers apports permettent de présenter de l'auteur de Sagesse une iconographie riche, variée, vivante.
   Verlaine est d'abord un auteur vivant : son œuvre est le miroir de sa vie. Notre ambition serait que ces images fussent comme le reflet de l'une et de l'autre.


 

1982.
Album Camus.
Iconographie réunie et commentée par Roger Grenier. Paris, Gallimard, 1982. In-8° sous reliure, jaquette et Rhodoïd d'éditeur, 324, [1], [1 bl.], [1 (colophon)], [1 bl.] p., (collection « Albums de la Bibliothèque de la Pléiade », n° 21), exemplaire en très bel état.
Extrait :
   
« Je fus placé à mi-distance de la misère et du soleil », écrit Albert Camus dans L'Envers et l'Endroit, son premier livre. Le 7 novembre 1913, à deux heures du matin, il vient au monde dans un domaine viticole appelé le Chapeau de Gendarme, près de Mondovi, à quelques kilomètres au sud de Bône (aujourd'hui Annaba), dans le département de Constantine. Camus a toujours cru que sa famille venait d'Alsace. On a découvert récemment qu'il n'en était rien. Son arrière-grand-père, Claude Camus, était né en 1809 à Bordeaux. Il fut un des premiers colons de l'Algérie dont la conquête commence en 18 30, et il s'installa à Ouled Fayet près d'Alger, où il mourut en 1865. Un autre bisaïeul, Mathieu Juste Cormery, venait de Silhac, dans l'Ardèche.
   Du côté maternel, les Sintès, les Cursac, les Cardona, les Fedelic sont de Minorque. La mère de l'écrivain, Catherine Sintès, deuxième d'une famille de neuf enfants, est née en 1882 à Birkadem.
   Ces noms, l'écrivain les donnera volontiers à ses personnages. La figure féminine de L'Étranger s'appelle Marie Cardona, le tonnelier de La Mort heureuse s'appelle lui aussi Cardona, Meursault a un ami du nom de Sintès, et on pourrait citer d'autres exemples.
   Tous ces gens étaient parmi les plus pauvres. Certains étaient illettrés. La mère d'Albert Camus n'apprit jamais à écrire. Dans l'avant-propos d'Actuelles III, l'écrivain évoque « l'histoire des hommes de ma famille qui, de surcroît, étant pauvres et sans haine, n'ont jamais exploité ni opprimé personne. »


 

1983.
Album Voltaire.
Iconographie choisie et commentée par Jacques Van den Heuvel. Paris, Gallimard, 1983. In-8° sous reliure, jaquette et Rhodoïd d'éditeur, 323, [5] p., très nombreuses illustrations, (collection « Album de la Pléiade », n° 22), exemplaire en très bel état.
Extrait :
   Arouet naît à Paris en 1694, Voltaire meurt à Paris quatre-vingt-quatre ans plus tard en 1778 : le drame de celui qui était parisien dans l'âme, ce François-Marie Arouet, dit Voltaire, trop encombrant pour y vivre de longues années d'affilée, est d'avoir été contraint, lui qui aimait être au centre des choses, de se tenir à une distance respectueuse de la capitale.

 


 

1984.
Colette.
Iconographie choisie et commentée par Claude et Vincenette Pichois. Paris, Gallimard, 1984. In-8° sous reliure, Rhodoïd et étui imprimé d'éditeur, 322, [6] p., illustrations en noir et en couleurs, (collection « Album de la Pléiade », n° 23), exemplaire en très bel état.
Avant-propos :
   
De quelques écrivains les images authentiques sont rares. Colette n'est heureusement pas de ceux-là, et pour trois raisons au moins : elle a connu la gloire de son vivant, mais, bien avant d'être la grande Colette, elle a été la femme-objet d'un imprésario de génie, Willy, puis une actrice qui s'est illustrée dans la pantomime et même grâce au scandale.
   La difficulté était donc de choisir parmi des centaines de documents et d'obtenir un équilibre entre ceux qu'on a vus trop souvent et ceux que nous avons pu trouver ou que l'amitié nous a permis de découvrir.
   Dans Près de Colette, Maurice Goudeket écrivait : « Sur les murs de la chambre de Colette, une quantité de petites toiles dont la plupart y avaient été apportées par l'amitié des peintres, qui, connaissant ses préférences, lui offraient des fleurs et des fruits. Seul un portrait de jeune femme par Marie Laurencin avait, pour son côté imprécis et vaporeux, échappé à l'ostracisme de Colette qui bannissait de sa vue toute représentation du visage humain. »
   Ce qui ne fait pas de Colette une musulmane, mais une femme douée d'un robuste narcissisme, comme le prouve son œuvre dès les Claudine. Heureuse disposition puisqu'elle nous permet de la suivre tout au long de sa vie, depuis le portrait d'un bébé jusqu'aux images de ses quatre-vingts ans.

40 euros (code de commande : 25213).


 

1985.
Album Gide.
Iconographie choisie par Philippe Clerc. Texte de Maurice Nadeau. Paris, Gallimard, 1985. In-8° sous reliure, Rhodoïd et étui imprimé d'éditeur, 254, [2] p., illustrations en noir et en couleurs, (collection « Album de la Pléiade », n° 24), exemplaire en très bel état.
Extrait :
   
« Né à Paris, d'un père uzétien et d'une mère normande, où voulez-vous, Monsieur Barrès, que je m'enracine ? J'ai donc pris le parti de voyager. » Et sans doute existe-t-il un Gide toujours en partance, tout prêt encore quelques mois avant sa mort à prendre le large vers le Maroc, mais cette apostrophe à l'auteur des Déracinés, il faut lui donner un autre sens : le refus de Gide à se laisser définir par les paramètres alors en honneur : ceux d'un Taine et, plus près de nous, d'un Thibaudet. Barrés et la Lorraine, Flaubert normand. Zola à Marseille et à Paris. La plaine ou la montagne, le sec ou l'humide. On veut que l'artiste ait les pieds sur terre et que, de cette terre, montent les sucs nourriciers.
   Néanmoins, Gide dit avoir pris conscience, assez tard il est vrai, des astreintes de l'hérédité. Il porte à leur compte ses contradictions, ses ambiguïtés, son incapacité à choisir un parti sans qu'aussitôt le parti contraire lui paraisse plein d'attraits. « Deux provinces, deux sangs, deux confessions. » Pour lui un unique moyen de réaliser « l'accord de ces éléments trop divers qui, sinon, fussent restés à se combattre, ou tout au moins à dialoguer en moi » : l'art.

35 euros (code de commande : 24539).


 

1986.
Album Malraux.
Iconographie réunie et commentée par Jean Lescure. (N° 25), Rhodoïd et étui imprimé.

60 euros (code de commande : APl/25*).


 

1987.
Album Maupassant.
Iconographie réunie et commentée par Jacques Réda. (N° 26), Rhodoïd et étui imprimé.


 

1988.
[CHATEAUBRIAND (François-René de)]. Album Chateaubriand.
Iconographie choisie et commentée par Jean d'Ormesson. Paris, Gallimard, 1988. In-12 sous reliure, Rhodoïd et étui illustré d'éditeur, 359 p, (collection « Albums de la Pléiade », n° 27), bel exemplaire.
Extrait de la préface :
   
La Révolution française constitue une coupure dans notre histoire littéraire comme dans notre histoire politique. Nourri de l'Ancien Régime, précurseur du romantisme, Chateaubriand appartient à deux mondes. Il y a en lui un libertin, un gentilhomme fidèle, un féodal consterné. Il y a aussi un génie qui avait de l'avenir dans l'esprit. Les quelques pages qui suivent et leurs illustrations n'ont pas d'autre ambition que de mettre un peu d'ordre dans ce tohu-bohu d'idées, d'événements, de passions et de femmes – qui n'apparaissent souvent qu'en filigrane dans ce chef-d'œuvre de sensibilité, d'intelligence et de drôlerie que sont les Mémoires d'outre-tombe.

65 euros (code de commande : 20760).


 

1989.
Album les Écrivains de la Révolution.
Iconographie réunie et commentée par Pierre Gascar, (n° 28). Pas d'étui imprimé.


 

1990.
Album Lewis Carroll.
Iconographie choisie et commentée par Jean Gattégno. Paris, Gallimard, 1990. In-8° sous reliure, Rhodoïd et étui illustré d'éditeur, 365 p, (collection « Albums de la Pléiade », n° 29), exemplaire en très bel état.
Présentation par l'éditeur :
   
L'Album Lewis Carroll rassemble une iconographie choisie et commentée par Jean Gattégno et retrace, avec le parcours d'une vie, celui d'une passion : la photographie, que Carroll pratiqua pendant vingt-cinq ans. Il constitua ainsi une extraordinaire collection de portraits – et notamment de portraits de petites filles – dont une partie est parvenue jusqu'à nous et a été exploitée ici.
   On a pu interpréter l'énergie que Carroll mit à amasser ces documents comme la volonté d'assouvir un désir de nature fétichiste. Mais il y a plus : à une époque où de longs temps de pose interdisaient que le sujet fût saisi dans son caractère fugitif, ces portraits témoignent, parfois grâce à de véritables mises en scène, du souhait de figer et de transmettre une vision toute personnelle de l'enfance : ils sont moins les images fidèles de la vie que les reflets de situations créées par l'artifice, chargées d'un sens aussi précis que celui prêté aux symboles mathématiques, et rendues vivantes par la vertu du regard. Le photographe rejoint en cela l'écrivain ; les images comme les mots se voient confier par Carroll la fonction la plus haute qui soit à ses yeux : reconstruire le réel.


 

1991.
Album Sartre.
Iconographie réunie et commentée par Annie Cohen-Solal. (N° 30). Rhodoïd et étui imprimé, à l'état neuf.


 

1992.
Album Prévert.
Iconographie choisie et commentée par André Heinrich. Paris, Gallimard, 1994. In-8° sous Rhodoïd et étui illustré d'éditeur, 443, [5] p., nombreuses illustrations, (collection « Albums de la Pléiade », n° 31), exemplaire en très bel état.
Présentation de l'éditeur :
   Quinze ans après la disparition de l'écrivain, l'iconographie choisie et commentée par André Heinrich nous offre le temps retrouvé d'un poète, ce qu'aimait Prévert : le spectacle du quotidien, son fatras, ces choses et autres dans quoi se joue une vie.
   Cet album dit les paroles cachées que sont les gestes d'un être et les proches visages perdus du bonheur, la pluie et le beau temps du cœur, ces collages en somme que tout homme tente sur le monde et que certains – les poètes – rendent en mots.

35 euros (code de commande : 24957).


 

1993.
Album Nerval.
Iconographie réunie et commentée par Éric Buffetaud et Claude Pichois. (N° 32). Rhodoïd et étui imprimé, cachet discret d'appartenance sur la garde.

60 euros (code de commande : APl/32).


 

1994.
[SAINT-EXUPÉRY (Antoine de)]. Album Saint-Exupéry.
Iconographie choisie et commentée par Jean-Daniel Pariset et Frédéric d'Agay. Paris, Gallimard, 1994. In-8° sous reliure souple, jaquette et Rhodoïd d'éditeur, 332, [4] p., (collection « Albums de la Pléiade », n° 33), exemplaire en très bel état.
Avant-propos :
   Né avec le siècle, Antoine de Saint-Exupéry est un des rares auteurs à ne pas vieillir, le seul peut-être ; son immortel Petit Prince continue sa vie dans les rêves des enfants et des parents du monde entier.
   Pour d'autres, il reste le pilote décrivant avec une grande pureté de langue l'épopée de l'aviation naissante ; et cet aviateur défricheur de ligne, chef d'escale, côtoie dans le panthéon des pilotes Mermoz ou Guillaumet.
   Homme de conviction, son engagement contre le fascisme est évident : Terre des Hommes porte la marque de son humanisme, comme ses articles et ses reportages, car l'ensemble de cette œuvre reste le témoin exigeant de ses expériences, à la recherche de l'autre dans sa dignité d'homme, avec, ce contrepoint de l'enfance, les Lettres à sa mère qui enracinent l'affection filiale.
   Sa volonté de servir dans la reconnaissance durant la guerre, malgré ses amis, fit de lui l'un des rares à pouvoir écrire sur la défaite de 1940 sans en rougir. Pilote de guerre est sa mémoire, celle de son unité, le 2/33, des camarades qu'il retrouve à Alger, puis, en Corse, lors de son dernier vol le 31 juillet 1944.
   Mais « Saint-Ex » était plus que cela : un inventeur passionné de sciences, un bon vivant connu pour ses belles histoires et ses jeux. Il était aussi un penseur chaleureux, dont les Carnets montrent l'intérêt qu'il a pour tout ce qui est humain. Quant à Citadelle, nul ne sait s'il s'agit d'un long poème, d'un conte philosophique, d'une sourde prière née dans le désert de Juby...


 

1995.
[FAULKNER (William)]. Album Faulkner.
Iconographie choisie et commentée par Michel Mohrt. Paris, Gallimard, 1981. In-8° sous reliure, Rhodoïd et étui illustré d'éditeur, 289, [11] p, (collection « Albums de la Pléiade », n° 34), exemplaire en très bel état.
Présentation par l'éditeur :
   
William Faulkner est né en 1897 à Oxford, dans l'État du Mississippi. Sa famille, en dépit d'une illustration, celle de l'aïeul de l'écrivain, colonel dans l'armée de la Confédération dans la guerre de 1861 entre les États, avait perdu son rang. L'enfance de Faulkner, au milieu de ses frères et de ses parents, fut médiocre, ses études mauvaises. Après avoir exercé plusieurs métiers, tenté de s'engager dans l'aviation pendant la guerre de 1914-1918, vécu à la Nouvelle-Orléans, effectué un voyage en Europe où il visita les champs de bataille de la guerre, il se fixa à Oxford et se mit à écrire des romans et des nouvelles qu'il éprouvait le plus grand mal à faire publier. Plusieurs séjours à Hollywood où il travaille pour le cinéma ne lui apportèrent que des déboires.
   Le succès n'est venu que tardivement, mais il a été éclatant. Reconnu comme l'écrivain américain le plus important de sa génération, auteur d'une œuvre qui, par son ampleur, peut être comparée à La Comédie Humaine, Faulkner a reçu le prix Nobel en 1950. De nombreuses critiques sur son œuvre et des biographies lui ont été consacrées. Son influence sur le roman contemporain, dans son pays comme à l'étranger, est considérable. Sa vie a été un long combat contre le mauvais sort, les conditions médiocres dans lesquelles vivait son pays, vaincu et humilié, ce Sud profond qu'il a peint dans son œuvre. Il a dû triompher d'une éducation marquée par le calvinisme, de l'alcool et de ses fantasmes, pour affirmer son génie.


 

1996.
[WILDE (Oscar)]. Album Wilde.
Iconographie choisie et commentée par Jean Gattégno et Merlin Holland. Paris, Gallimard, 1996. In-8° sous reliure, Rhodoïd et étui illustré d'éditeur, 266 p., (collection « Albums de la Bibliothèque de la Pléiade », n° 35), exemplaire en parfait état.
Avant-propos :
   
Pour autant que nous croyons connaître Oscar Wilde, il reste toujours une énigme. Est-ce un grand écrivain, ou est-ce qu'il nous le fait croire simplement ? Si sa vie éblouissante n'avait pas fini en tragédie, serait-il devenu un des auteurs anglais (ou plutôt irlandais) des plus connus et des plus traduits dans le monde entier ? Sa popularité actuelle se fonde-t-elle sur une vraie appréciation de son œuvre, ou sur le simple fait que nous sympathisions avec cet esprit rebelle poursuivi et brutalisé par la société hypocrite d'une Angleterre fin de siècle ? Peut-être n'est-ce que l'amalgame de tous ces éléments, qui en fait l'un de ces rares écrivains dont l'œuvre et la vie sont si inséparablement entrelacées que nous devrions cesser de nous poser ces questions futiles.
   Lors de son célèbre échange d'insultes avec le peintre James Whistler, Wilde écrit : « restez comme moi, incompréhensible ; un grand homme se doit d'être incompris. » C'est un rôle qu'il avait fort bien joué de son vivant, se cachant habilement derrière une nuée de paradoxes. Après sa mort, pourtant, l'incompréhension, privée de son maître d'œuvre, devint plutôt de la méconnaissance.
  Durant une soixantaine d'années, la réputation « grand public » de Wilde souffrit d'être limitée à quelques œuvres isolées. En Angleterre, ce furent surtout les pièces de théâtre et les contes ; en Europe, par contre, les deux créations qui lui valurent l'opprobre de l'Angleterre victorienne, Salomé et Le Portrait de Dorian Gray, et ses écrits critiques. Les deux aspects de Wilde, farceur et penseur, se trouvaient séparés, comme de son vivant, par la Manche. En Angleterre, par pudeur, peu de gens s'intéressaient à l'homme et sa vie ; en France, on estimait l'artiste sans commenter sa vie privée.
   La publication de ses lettres, en 1962, a tout changé. Comme il l'explique dans De profundis, sa longue lettre de prison : « J'occupais une place symbolique dans l'art et la culture de mon époque » – un homme à cheval entre deux siècles. Soudainement devant nous sans masque, non moins fascinant, même plus encore.
   Les premiers mois de 1996 à Paris ont vu la reprise de L'Importance d'être constant et la prolongation d'Un Mari idéal à guichet fermé. Par contre, dans les pays anglophones, on commence à l'étudier, entre autre, en tant que journaliste et critique d'art. On échange les points de vue. C'est bien pour Oscar Wilde, car les réputations, comme les langues, doivent être constamment en mouvement pour ne pas mourir.


 

1997.
[ARAGON (Louis)]. Album Aragon.
Iconographie choisie et commentée par Jean Ristat. Paris, Gallimard, 1997. In-8° sous reliure, Rhodoïd et étui imprimé d'éditeur, 479, [1] p., très nombreuses illustrations, (collection « Album de la Pléiade », n° 36), exemplaire en très bel état.
Avant-propos :
   Je ne suis pas le biographe d'Aragon. L'œuvre se suffit à elle-même. Je n'aime pas fouiller dans les tiroirs, ouvrir le courrier des autres. S'il y a un secret, il ne m'appartient pas de le lire. Et si l'écriture, comme l'amour, était l'expérience même de la dépossession ? Je ne suis pas historien. On voudra bien me pardonner mon traitement de la chronologie – encore qu'elle en vaille d'autres. Au demeurant, la « mémoire de diamant » d'Aragon, elle-même...
   J'ai rencontré Aragon en 1965. Elsa, alors, m'appelait son « complice ». J'ai fermé les jeux du poète en 1982. Je ne dis pas cela pour provoquer, ne prétendant à aucune autorité. Ma lecture de l'œuvre et de la vie d'Aragon n'engage que moi. Je dis ce que je crois et le peu que je sais. Je ne donne pas la leçon. Et, contrairement à d'autres, surtout pas à Aragon ou à Elsa.
   Je livre un témoignage. Le lecteur trouvera, çà et là, quelques informations inédites. J'ai, au bout du compte (du conte ?), beaucoup écrit sur Aragon. Non comme un juge qui aurait eu le dernier mot, mais en tant qu'acteur qui n'a cessé de réécrire son rôle et celui d'Aragon dont j'ai fait un personnage de fiction sur la scène de mon propre théâtre. Le mensonge – la littérature – est le meilleur et le plus tortueux chemin pour apercevoir une vérité qui se dérobe. Toujours déguisée.
   Il y a des gens pour ne parler que de politique. Pas seulement dans les cafés. Dans les salons aussi. Ou à la télévision. Ceux, par exemple, qui n'ont jamais rien fait, jamais rien lu. Les prudents de toujours, pour qui Aragon aurait dû savoir. Ou a su, et s'est tu. Je plains ceux qui ne se sont jamais trompés parce qu'ils n'ont jamais rien risqué !
   Aragon, homme politique et toujours écrivain. A-t-on seulement réfléchi sur la nécessité de retrouver, pendant la « drôle de guerre », une forme poétique, fine et rimée, qui puisse permettre à tous ceux qui voulaient résilier de garder force et courage ? Une forme « nationale » afin de ne pas perdre la mémoire.
   Je n'aurai été qu'un passeur. En acceptant la mission testamentaire qu'Aragon m'a fait l'honneur de me confier, je n'ai obéi qu'à ce devoir de transmission qui nous fait homme parmi les hommes. C'est pourquoi, après la délivrance du legs des manuscrits à la nation, dont le C.N.R.S. est le dépositaire (et celui, d'autre part, du Moulin de Saint-Arnoult), j'ai autorisé la publication de mes archives personnelles pour la réalisation de cet album.
   Aujourd'hui, dans ce grand désert de vie seuls passent quelques fantômes dont la grandeur aura été d'aimer à mourir.


1998.
Album Julien Green.
Iconographie choisie et commentée par Jean-Éric Green et légendée par Julien Green. Paris, Gallimard, 1998. In-8° sous reliure, Rhodoïd et étui imprimé d'éditeur, 286, [2] p., très nombreuses illustrations, (collection « Album de la Pléiade », n° 37), exemplaire en très bel état.
Avertissement de Jean-Éric Green :
   Voici une biographie courte, mais complète, ne présentant que des faits. Il ne pouvait s'agir d'expliquer l'œuvre, mais seulement d'en montrer la diversité par des images, et, à travers les portraits d'ancêtres, de révéler les traits irréductibles de toute une race qui, avec la patience du temps, produit l'enfant la résumant et la représentant le mieux.
   D'autre part, il était difficile d'omettre tout à fait mon nom. Les liens de parenté et le fait d'écrire ce texte ne pouvaient que me gêner ; aussi ai-je délibérément choisi d'être impersonnel, puisque je ne pouvais sans trahir 1'affection que j'ai pour mon père me passer tout à fait sous silence.
   Bien d'autres choses eussent été à mentionner, il faut laisser place à l'imagination, et puis toute vie privée n'a-t-elle pas droit à sa zone de silence ?
   P.S. Et merci à Julien Green pour avoir enrichi le présent volume de nombreuses photographies prises par lui tout au long de sa vie.

35 euros (code de commande : 25047).


 

1999.
Album Jorge Luis Borges. Iconographie réunie et commentée par Jean-Pierre Bernès. (N°38). Rhodoïd et étui imprimé, à l'état neuf..


 

2000.
Album Un siècle de N.R.F. Iconographie réunie et commentée par François Nourrissier. (N°39). Rhodoïd et étui imprimé, à l'état neuf..

50 euros (code de commande : APl/39*)


 

2001.
Album Marcel Aymé. Iconographie réunie et commentée par Michel Lecureur. (N°40). Rhodoïd et étui imprimé, à l'état neuf.


 

2002.
Album Queneau. Par Anne-Isabelle Queneau. (N°41), Rhodoïd et étui imprimé, à l'état neuf.


 

2003.
Album Simenon. Iconographie choisie et commentée par Pierre Hebey. (N° 42), Rhodoïd et étui imprimé.


 

2004.
Album Diderot.
Iconographie choisie et commentée par Michel Delon. Paris, Gallimard, 2004. In-8° sous reliure, Rhodoïd et étui imprimé d'éditeur, 297, [5] p., très nombreuses illustrations en noir et en couleurs, (collection « Album de la Pléiade », n° 43), exemplaire en très bel état.
Avant-propos :
   Denis Diderot s'est imposé comme notre principal contemporain au XVIIIe siècle. Il est pleinement l'homme de son temps, entre Régence et Révolution, par son enthousiasme pour le savoir, par ses espoirs dans un avenir meilleur, par son libertinage et son goût de la vie. Il est notre contemporain par sa méfiance des certitudes toutes faites et des systèmes dogmatiques, par son sens de la diversité et de la complexité du monde, par son jeu avec les mots et les genres. Il l'est surtout par sa façon familière de s'adresser à nous. Lui qui a conçu l'Encyclopédie comme un dialogue entre les articles et les planches, qui a inventé le genre du salon comme une rivalité entre les mots et les formes artistiques, il méritait un album qui marie les images et le texte, qui allie discours et couleurs. Mais comment, dira-t-on, enfermer une curiosité aussi dispersée, une œuvre aussi polymorphe dans l'espace restreint d'un album ? Diderot lui-même nous a appris que nous aimions souvent deviner plutôt que voir, imaginer plutôt qu'épuiser du regard. Les pages qui suivent se proposent d'être une simple invitation à la vie et à l'œuvre de l'ami Denis. Replaçons-le dans son cadre et son décor. À la façon dont il suivait de l'œil les courtisanes du Palais-Royal, accompagnons-le parmi ses contemporains ; retrouvons-le aussi chez tous ceux qui se réclament de lui, tous ceux qui ont puisé chez lui leur inspiration.


 

2005.
Album des Mille et une nuits. Iconographie choisie et commentée par Margaret Sironval. Rhodoïd et étui imprimé, (n° 44), à l'état neuf.


 

2006.
Album Cocteau. Biographie et iconographie de Pierre Bergé. Paris, Gallimard, 2006. In-12 sous reliure, Rhodoïd et étui imprimé, 369 p., nombreuses illustrations en noir et en couleurs, (collection « Albums de la Pléiade », n° 45), exemplaire à l'état de neuf.
Extrait de l'avant-propos :
   Un portrait de Cocteau est toujours mouvant. Comme le nu descendant l'escalier. Il ne cesse de fuir l'objectif pour le subjectif. Quant à l'adjectif, « les poètes doivent le craindre comme la peste » : d'où le galbe ingresque de sa phrase, le trait sans remords de ses dessins, le fil de sa conversation et le « bruit latin » de sa prose, comme disait Jules Lemaître.
   « Trente ans après ma mort, je me retirerai fortune faite. » Il se survit sur un grand pied, mais a-t-il existé ? Excès de preuves : une œuvre multiforme, du rarement vu. Poésie de roman, poésie critique, poésie cinématographique, poésie de théâtre, poésie graphique... On l'a accusé d'avoir prostitué cette dame à tous les carrefours. Déniaisée, sûrement. Autrement serait-elle descendue de son Olympe ? montée en avion ? allée au cinéma ? entrée sous la Coupole ?
   Certes, il y a des photos, mais elles montrent un museau de renard, des doigts d'escamoteur : cet incube dont Breton redoutait la succion aura vidé de son sang un siècle qui en versa des seaux. Habillé de couleur du temps, il a l'air d'un cadavre exquis. Mais il résiste à l'autopsie. De fait, où inciser ? Corps magnétique, Cocteau s'avance couvert d'inventions, comme le saint avec ses attributs, « la crasse calomnieuse dont je suis recouvert ». Saint martyr, donc : on lui a planté tant de clous un peu partout qu'on dirait une idole votive. Comment expliquer pareil phénomène ? François Mauriac propose une définition pour le Larousse du futur : « Cocteau (Jean), né en 1880, ubiquiste français. »
   Il y a bien ses autoportraits, mais ils ont l'air de copies d'antiques, quand ils n'ont pas perdu les yeux, le nez ou les bras. À force de ressembler à l'aurige de Delphes avec ses yeux de céramique, il devient mythologique. Son quadrige : poésie, roman, cinéma, théâtre. « Le génie est un cheval emballé qui gagne la course », il les menait tous.
   Qu'y pouvait-il, si Le Sang d'un poète portait à son comble le film surréalisme et le démodait ? Si Les Parents terribles donnait de l'enflure au style de Bernstein ? Si Le Livre blanc rangeait Corydon parmi les traités de médecine ? Et si La Difficulté d'être le surclassait lui-même ? « Il est partout chez lui, dans tous les genres, et simultanément, résume le même Mauriac, c'est extrêmement fort. » Stravinski subit semblables foudres lorsque, d'un coup d'essai, il fit pousser au dodécaphonisme son chant du cygne. Pourtant, le Russe est aujourd'hui regardé comme un démiurge. Cocteau, pendant longtemps, fut plutôt considéré comme le pantin de Petrouchka.
   C'est qu'il n'y a à ses débuts ni Sacre du printemps ni Demoiselles d'Avignon. Le Bœuf enfourche Dada. Vocabulaire (1923) est imbibé d'Alcools. Imposteur, contrefacteur, suiveur, illusionniste, « Paganini du violon d'Ingres », peut-être même alchimiste : Cocteau sent le soufre. Et ce « funeste goût de plaire » ! Amant, aimant, électro-aimant, il attirait même la pacotille, de la limaille symboliste aux bronzes d'Arno Breker. Éternel procès du loup fait à l'agneau. Breton ne lui pardonnait pas d'avoir pris au mot Lautréamont : penché sur le grand corps du siècle, le scalpel à la main, Cocteau n'a cessé de juxtaposer les contraires, abolissant toute hiérarchie dans l'art. Du coup, il se retrouve le père d'Andy Warhol. L'œuvre et l'homme sont équivalents, s'accouplent, indiscernables.

35 euros (code de commande : 20199).


 

2007.
Album Montaigne.


 

2008.
Album Breton.
Iconographie choisie et commentée par Robert Kopp. Paris, Gallimard, 2008. In-12 sous reliure, Rhodoïd et étui imprimé, 330, [28] p., nombreuses illustrations en noir et en couleurs, (collection « Albums de la Pléiade », n° 47), exemplaire à l'état de neuf.
Extrait de l'avant-propos :
   La figure d'André Breton a suscité autant de ferveur que de réticences. Pour ses admirateurs et, a fortiori, pour ceux qui se croient ses disciples, il est l'inventeur et l'animateur du plus important mouvement d'avant-garde du XXe siècle, qui a bousculé tous les codes littéraires et artistiques et transformé, trente ou quarante ans avant les situationnistes ou Mai 68, non seulement nos façons de voir et de sentir, mais jusqu'à notre rapport au monde. Pour ses détracteurs, en revanche, il n'est qu'un révolutionnaire sans révolution, incapable de passer du geste à l'action, mais veillant jalousement à la pureté d'une doctrine oscillant entre totalitarisme et tables tournantes.
   En effet, Breton est l'homme de toutes les contradictions. Il n'a pas cessé, après Rimbaud et Lautréamont, de dénoncer la littérature, voire l'inanité même de l'acte d'écrire : « Il est inadmissible que l'homme laisse une trace de son passage sur terre. » Breton a cependant pris soin d'en inscrire un grand nombre tout au long de son parcours. Si bien que, dès 1930, René Daumal lui avait prédit de finir au panthéon des auteurs classiques : « Prenez garde, André Breton, de figurer plus tard dans les manuels d'histoire littéraire, alors que si nous briguions quelque honneur, ce serait d'être inscrits pour la postérité dans l'histoire des cataclysmes. »


 

 


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