SURRÉALISME & ALENTOURS
'PATAPHYSIQUE

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Nouvelle(s) entrée(s)

 

DUMONT (Fernand, pseudonyme de Fernand Demoustier) — À ciel ouvert. Poèmes. La Louvière, Édition des Cahiers de Rupture, 1937. In-8° broché, 62 p., édition originale imprimée à cent exemplaires numérotés (n° 75), rousseurs, très rare.
Analyse de René Poupart :
   Ces poèmes constituent, avec La notion de famille (1935), les textes les plus spécifiquement surréalistes qu'ait écrits Fernand Dumont. Surréalistes par l'emploi de « l'écriture automatique ». Admirateur et disciple de Breton, Dumont se devait d'utiliser ce procédé. La notion de famille, texte écrit en 1935 (publication posthume en 1961), avec sa succession audacieusement extravagante d'images, est ce qui coïncide le mieux à l'« automatisme psychique » préconisé par Breton. L'expérience que représente À ciel ouvert est, elle aussi, intéressante. Il s'agit d'une suite de trente et une pièces composée, dès le premier janvier 1937, à raison d'un poème par jour. Comme d'autres écrits de Dumont (La région du cœur), ces poèmes sont autobiographiques : Dumont assignait aux Surréalistes le devoir de relier intimement leur poésie aux événements de leur propre existence. Ainsi les trente et un poèmes sont-ils l'exutoire d'un amour passionné – celui que Dumont éprouve pour celle qui deviendra sa seconde épouse – que le mensonge social l'oblige à dissimuler. Certains détails du poème nous permettent d'ailleurs d'identifier l'inspiratrice de ces poèmes avec la Nébuleuse de La région du cœur : « Et dans l'obscurité / je n'ai plus rien vu d'autre / que ton visage / phosphorescent comme une immense nébuleuse. »
   En somme, l'« automatisme » de l'écriture poétique tient principalement à cette dictée quotidienne des sentiments, qui fait que les vers donnent une impression d'authentique spontanéité. En surréaliste conséquent, Dumont est soucieux de créer des images nouvelles, des associations inattendues mais dotées d'un étonnant pouvoir de suggestion poétique (« par la fenêtre béante des insomnies », / « on écoutera tomber le grésil d'une petite montre »). La femme aimée absente et vers qui le poète aspire de toutes ses fibres, est assimilée à la lumière, symbole du plus haut idéal. Le mot « lumière » est récurrent dans presque toutes les pièces, avec d'autres termes relevant du même champ sémantique (« étoile, nébuleuse, lune ») ou qui lui sont connotativement associés (« aube », par exemple). Autre thématique majeure dans ces poèmes, comme dans toute l'œuvre de Dumont, celle du « silence » (« nous refermerons les fenêtres du silence »), un silence d'une qualité particulière dispensant de tout recours au langage.
   Il faut rattacher à ces trente et un poèmes, une pièce unique et superbe écrite en 1940 et publiée en 1948, La grande nocturne. Ce sont douze strophes brèves de longueur inégale évoquant l'apparition dans la nuit d'un être féminin indéfinissable mais lumineux et comme surnaturel. C'est peut-être la représentation symbolique de la poésie idéale, celle de l'ineffable, cet ineffable qu'exprime sans doute le mot unique de la strophe finale : « silence ».
   Les dernières poésies de Dumont, réunies en 1948 sous le titre La liberté, furent écrites à la prison de Mons en juin 1942. Neuf pièces poignantes dans leur simplicité et qui, par une étonnante coïncidence, furent composées la même année où un autre surréaliste de même orientation idéologique, Paul Eluard, publiait son célèbre poème Liberté. Rencontre révélatrice de deux hautes consciences et de deux sensibilités poétiques aiguës qui ont quelquefois trouvé des formules presque identiques pour parler de la liberté, comme en témoigne le début du poème III de La liberté : « Dans le carré du ciel / qui me reste pour rêver / je vois un doigt de feu calligraphier son nom. »
Bibliographie :
   - Poupart (René), À ciel ouvert, recueil de poèmes de Fernand Dumont, dans Lettres française de Belgique. Dictionnaire des œuvres. II. La poésie, pp. 16-17.

250 euros (code de commande : 26246).

 

['PATAPHYSIQUE]. Le galant pataphysicien. Guide des Cymbalistes dans toutes les circonstances de la vie par la Commission des Préséances avec la collaboration de la Sous-Commission des Formes et Grâces et de la Sous-Commission des Diœcèses. Sermiers, Cymbalum Pataphysicum, [1999]. In-8° collé, 82 p., illustrations, (collections « L'Expectateur », n° 5 et « Monitoires », n° 52), exemplaire en parfait état, revêtu du cachet humide du gastéropode.
Sommaire :
   - Le galant pataphysicien.
      I. Être Cymbaliste au sein du Cymbalum.
         - Naître.
            - Le baptême.
            - Les cadeaux.
         - Vivre.
            - Écrire
            - Autres modes de communication.
            - Rencontres.
            - Présentations et saluts.
            - Conduite envers les inférieurs.
            - La galanterie envers le deuxième sexe ; les célébrations.
            - Le duel.
         - Convoler, Enfanter.
         - Décéder.
         - Ressusciter.
         - Épitaphes.
      II. Être Cymbaliste hors du Cymbalum.
         - Le Cymbaliste au monde.
            - Animaux familiers.
            - L'armerdre, le collège, l'isoloir.
            - L'environnement.
            - Halieutique, chasse, jardins.
            - Les médias, le rire.
            - Au spectacle, pratique sportive, voussoiement ou tutoiement ?
         - L'intérieur du Cymbaliste.
            - La salle de réception.
            - La cuisine.
            - Les lieux.
            - La chambre à coucher, la bibliothèque-médiathèque.
         - L'extérieur du Cymbaliste.
            - Les vêtements.
            - Titres et décorations vulgaires.
            - Orthographe.
            - Paroles pataphysiques.
   - Pompes et œuvres.
      - Pompes et vents.
      - Message de Sa Magnificence le Vice-Curateur.
      - L'oxygène pataphysique.
      - Souches (Marc Décimo).
      - Chronique merdicale (Dr Pascal Bouché).
      - Jarry.
      - Béatitudes.
      - Le huitième sacrement.

10 euros (code de commande : 26262 - vendu).

 

['PATAPHYSIQUE]. La Marseillaise de Clairon. Paroles de Sa Magnificence Opach. Musique de Rouget de Lisle et Philippe Cathé. [Paris], Cymbalum Pataphysicum, [1994]. In-8° agrafé, 11 p., illustrations, (collection « Cliques & Claques », n° 5), exemplaire républicain numéroté sur papier bleu (n° 390), en parfait état.
Introduction :
   Phonoplecte de Sa Magnificence Opach, le Coprotodataire Clairon était « la voix de son maître », le porte-parole du Vice-Curateur durant l'Occultation. Mais si les silences de l'Équanime Clairon étaient volontaires, sa complexion lui interdisait l'écriture. Aussi, à l'occasion, Sa Magnificence lui prêtait la main pour coucher sur le papier les résultats de ses méditations. Le n° 23 des Monitoires a ainsi pu révéler l'opinion de Clairon sur l'anselmienne preuve ontologique de l'existence de Dieu. D'une portée pataphysique tout aussi considérable est le texte qui suit. Noté de la main de Sa Magnificence Opach, il s'agit d'un hymne datarial dans la tradition de l'Hymne des Dataires de l'Organon et du Calendrier retrouvé (Poème didactique et mnémotechnique pour venir en aide aux Dataires et aux personnes qui retiennent mal les mois du Calendrier réel). Le premier se chantait sur l'air de C'est nous les canuts, le second, au choix, sur l'air de L'Internationale ou de La Marseillaise. Dédiée à la Photolepte de Sa Magnificence, sa marraine, La Marseillaise de Clairon s'interprète évidemment sur l'air célèbre de Rouget de L'Isle.

10 euros (code de commande : 26263 - vendu).

 

[RAPIN (Maurice)]. BUSSY (Christian) — Qui est Maurice Rapin ? Liège, Yellow Now, 1977. In-8° collé, 27 p., illustrations, (collection « Temps Mêlés », n° 144), exemplaire en bel état.
   Cet entretien radiophonique entre Maurice Rapin et Christian Bussy fut diffusé par la R.T.B. le 10 juillet 1970.
Introduction :
   Qui est Maurice Rain ? L'entretien qui va suivre vous l'apprendra mieux qu'un complexe préambule. Disons cependant que Maurice Rapin a retenu notre attention à plusieurs titres, ne serait-ce que par sa rupture avec André Breton ou par l'amitié que lui vouait René Magritte. Maurice Rapin est aussi pour nous le découvreur d'un des plus étonnants peintres inconnus : Pierre Bourgin.
   Depuis 1957, Rapin est le principal animateur de la Tendance populaire surréaliste, et signataire d'un nombre important de tracts de type franc-tireur. Mais il est temps de lui laisser la parole et de répondre à votre question : Qui est Maurice Rapin ?

10 euros (code de commande : 26261).

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ALISON (Jane) — The Surreal House. With essays by Mary Ann Caws, Brian Dillon, Krzysztof Fijalkowski and Dalibor Vesely London, Barbican Art Gallery - Yale University Press, 2010. In-4° sous cartonnage d'éditeur, 347 p., nombreuses illustrations en noir et en couleurs, exemplaire en parfait état.
   Ouvrage publié à l'occasion de l'exposition éponyme organisée à la Barbican Art Gallery, à Londres, du 10 juin au 12 septembre 2010.
En quatrième de couverture :
   The Surreal House is a dwelling like no other: its secret chambers, dream vistas and convulsive forms are to be found enfolded within these pages. The poets and artists gathered around surrealism's principal theorist, Andre Breton, were electrified by Freud's revelation that a secret world of desire underpinned their waking hours and that dreams might hold the key to their wildest longings and fears.
   This multi-disciplinary and cross-generational project explores the central importance of the house within surrealism and its legacies. It brings the first surrealists together with contemporary artists, film-makers and architects. Through a strategy of accumulation and poetic contamination, each informs the other.

25 euros (code de commande : 22536).


BALTHAZAR (André)La concordance des temps. Bruxelles, Labor, 1984. In-8° broché, 231 p., illustrations, déchirure (sans perte) au premier feuillet de la couverture qui est un peu jaunie, peu courant.
En quatrième de couverture :
   
Je ne suis pas bien vieux mais depuis bien longtemps j'attends, au bord de mon calendrier des postes qui n'a jamais voyagé. Je contrôle mon temps. J'écoute, à perdre haleine, le sifflement léger de la feuille qu'on tourne et qui tombe en faisant dans le vide un cumulet éteint, une grimace adulte. J'attends de me vieillir.
   J'écoute le poids du temps et tâte ses grains de sable, caresse ses soupirs, aspire ses silences, pourléche ses désirs. Je patiente et fermente au soleil de ma cave. J'ai peur de m'arrêter.
   Je vole entre deux âges. Je précède ma vie. Je peux, d'un coup de gomme, effacer mes empreintes. Je suis un arbre amer dont les racines fleurissent. J'ai la tête à l'envers. Mes boutonnières frémissent.
   Je ne sais qui je suis. Secouerais-je mes puces ?

20 euros (code de commande : 18709).

 


BLAVIER (André) — Le Mal du Pays ou les Travaux for(en)és. Avec Cinémas de Quartier, un Prologue pour Christian Zeimert, La Cantilène de la Mal-Baisée, les Remenbrances du vieux barde idiot, une Conclusion provisoire, et des Notes à benêts. Édition revue et augmentée. Mise en garde de Pierre Ziegelmeyer. Illustrations d'Odette Blavier, Rachel Menchior, Simone, Lionel Vinche. [Crisnée], Yellow Now, 1986. In-8° broché, 128 p., exemplaire en parfait état.
Sur les rabats de la couverture :
   Ce volume regroupe, dans une version considérablement remaniée et surtout augmentée, deux recueils précédemment parus en édition de luxe à tirage limité.
   En alexandrins classiques, mais parfois tortueux/torturés (l'ensemble n'est pas sans raison dédié à la mémoire de l'auteur de la P.C.P.), il s'agit au fond d'un seul poème didactique et moral alternant (on songe aux « dissonances » laforguiennes) les tons et les époques, les langues et leurs « niveaux », les mondes et le demi, sollicitations attendues et citations inattendues, lyrisme quintessencié, voire métaphysique et platitudes d'almanach.
   L'encyclopédisme (de surface) y est tel que les champs sémantiques, cohérents « d'aventure en aventure » (celles-ci s'articulant selon un apparent caprice et de subtiles motivations) recouvrent : la sexualité d'abord et toujours, sous son aspect le plus charnel et donc le plus charmeur ; mais aussi la gastronomie, la navigation, l'économie politique, la médecine, le Moyen Âge et l'alchimie, les arts martiaux, l'hagiographie et, last but not least, la linguistique.
   On y découvrira quelques-uns des plus beaux vers du lalangue : « Si Fine osa, freudien, Lacan foutit le Kant », « Je te vous nous vous elle et qui que qui dont soit » ou encore : « Le progrès, citoyens, est au fond de la cour ».
   La première partie est une sorte de catalogue désinvolte et souvent hâbleur clos sur une admonestation de l'auteur à lui-même et un sévère rappel de l'Ecclésiaste ; la seconde, ce que Ziegelmeyer en dit très justement et la troisième une ressassante déploration du Temps qui sépare plus encore qu'il ne passe. Le tout, un efficace effet/effort de récriture, qui serait volontiers polémique, si la récriture n'était de l'ordre de la 'Pataphysique.
   André Blavier a notamment publié Occupe-toi d'homélies, les Écrits complets de René Magritte, Maurice Pirenne le peintre et les Fous littéraires. Il est commandeur requis de l'ordre de la Grande Gidouille, correspondant en Wallonie de l'Oulipo et Grand Patacon de l'Empire impérial.

20 euros (code de commande : 18729).

BLAVIER (André) — Le mal du pays ou les travaux forc(en)és. Avec Cinémas de quartier, La cantilène de la mal-baisée et le Remembrances du vieux barde idiot et un Complément de choix. Nouvelle édition revue et considérablement augmentée. Frontispice de Simone. S.l., Temps Mêlés - Yellow Now, 1993. In-8° broché, [160] p., (collection « Temps Mêlés », n° 150 + 53-56 - Hiver 1993), exemplaire en parfait état, bien complet du feuillet d'errata.
En quatrième de couverture :
   Ce volume regroupe, dans une version considérablement remaniée et quasiment doublée (jusqu'à atteindre aux 4002 vers, mais pauvrement décasyllabiques, de la Chanson de Roland, œuvre fondatrice de la poésie française) deux recueils précédemment parus en édition de luxe à tirage limité (La Pierre d'Alun, 1983 et Plein Chant, 1985) et un premier rassemblement des deux précédents (Yellow Now, 1986).
   En alexandrins classiques, mais parfois tortueux/torturés (l'ensemble n'est pas sans raison dédié à la mémoire de l'auteur de la P.C.P.), il s'agit au fond d'un seul poème didactique et moral alternant (on songe aux « dissonances » laforguiennes) les tons et les époques, les langues et leurs « niveaux », les mondes et le demi, sollicitations attendues et citations inattendues, lyrisme quintessencié, voire métaphysique et platitudes d'almanach. L'encyclopédisme (de surface) y est tel que les champs sémantiques cohérents « d'aventure en aventure » (celles-ci s'articulant selon un apparent caprice et de subtiles motivations) recouvrent : la sexualité d'abord et toujours, sous son aspect le plus charnel et donc le plus charmeur ; mais aussi la gastronomie, la navigation, l'économie politique (et la politique des économies), la médecine, le Moyen Âge et l'alchimie, les arts martiaux, l'hagiographie et, last but not least, la linguistique et la dentisterie.
   On y découvrira quelques-uns des plus beaux vers de la langue
: « Si Pine osa, freudien, Lacan foutit le Kant », « Je te vous nous vous elle et qui que qui dont spit » ou encore : « Le progrès, citoyens, est au fond de la cour ».
   La première partie est une sorte de catalogue désinvolte et souvent hâbleur clos sur une admonestation de l'auteur à lui-même et un sévère rappel de l'Ecclésiaste ; la seconde, ce que Ziegelmeyer en a dit très justement (« une évocation nostalgique ») et la troisième une ressassante déploration du Temps qui sépare plus encore qu'il ne passe. Le tout, un efficace effet/effort de récriture, qui serait volontiers polémique, si la récriture (et la polémique) n'étaient de l'ordre de la 'Pataphysique.

20 euros (code de commande : 14650*).


 

BOGAERTS (Marcel) — Périphéries, excès et sphères. 23 poèmes de Marcel Bogaerts. Verviers, Temps Mêlés, 1969. In-12 agrafé, 25 p., (collection « Temps Mêlés », n° 97), bon exemplaire.

13 euros (code de commande : 23184).


[BRETON (André)]. MAURIAC (Claude) — André Breton. Essai. Paris, Flore, 1949. In-8° broché, 358 p., bel exemplaire en grande partie non coupé.

15 euros (code de commande : 13340).

 


 

CHAVÉE (Achille) — Le grand cardiaque. La Louvière, Le Daily Bul, 1969 (deuxième édition). In-8° broché, [72] p., couverture légèrement défraîchie.
Poèmes contenus dans ce recueil :
   
- Je me de de.
   - Un œuf est un œuf
   - Stop.
   - Poèmes pour les croulants.
   - Jardinage.
   - Un bien beau rêve.
   - Pour bien mourir.
   - C'est curieux.
   - Alternative.
   - Mini-roman.
   - Depuis toujours.
   - De tradition.
   - Complicité.
   - Tour d'horizon.
   - Peut-être bien.
   - [Non titré].
   - Verdict.
   - Seuil.
   - En soi.
   - Le débutant.
   - Secrètement.
   - N'y pensez pas trop.
   - Nuages.
   - Hodie.
   - Ordinateur.
   - [Non titré].
   - Soirée culturelle.
   - En chassant l'absolu.

25 euros (code de commande : 25720).

CHAVÉE (Achille)Le grand cardiaque. La Louvière, Le Daily Bul, 1983. In-8° étroit broché, [80] p., épuisé au catalogue de l'éditeur.
   Je me de de
      Je me vermine
      je me métaphysique
      je me termite
      je m'albumine
      je me métamorphose
      je me métempsychose
      me dilapide
      je n'en aurai jamais fini
      Je me reprends
      je me dévore
      je me sournoise
      je me cloaque et m'analyse
      je me de de
      je m'altruise
      je deviens mon alter ego
      je me cache sous les couvertures
      je transpire l'angoisse
      je vais crever madame la marquise

20 euros (code de commande : 22764).

 

CHAVÉE (Achille) Journal. 8 avril - 5 septembre 1944. Morlanwelz, Les Marées de la nuit, 1994. In-8° collé, 136 p., tirage limité à 300 exemplaires, en très bel état.
Introduction de Xavier Canonne :
   En juin 1941, Achille Chavée est contraint à la clandestinité. Militant communiste, il est activement recherché par la Gestapo à laquelle il échappe à plusieurs reprises. Après quelques mois d'errance, il se terre à Houdeng-Aimeries dans la maison de ses beaux-parents. Il y demeurera jusqu'à la libération, en septembre 1944.
   Pour échapper à la solitude forcée de cette « prison ménagère » et à l'ennui des journées qui n'en finissent pas, Achille Chavée livre sous forme d'un journal, du 8 avril au 5 septembre 1944, les six derniers mois de l'occupation.
   La vie quotidienne ne cesse de le distraire d'un monologue que l'auteur souhaite limiter à l'observation de ses propres faits et gestes. La guerre et son cortège de rumeurs, les bombardements, les corvées quotidiennes et les dimanches que leur langueur distingue de journées qui se ressemblent sont autant d'éléments qui entrecoupent le récit : les lectures et l'œuvre poétique qui en constituent l'essentiel le céderont peu à peu à l'avance alliée et aux nouvelles du front de l'Est.
   Ce journal n'aurait pu être qu'une chronique si Chavée ne s'était livré à une surprenante analyse de son existence et de son œuvre, allant jusqu'à mettre en cause les procédés de son écriture. À nul autre moment il ne doutera de l'écriture automatique à laquelle il est, par fidélité à André Breton, le plus attaché parmi les surréalistes belges ; en nul autre endroit il n'évoquera cet « automatisme stéréotypé » ou ces « placards », qui, avoue-t-il, le séduisent.
   Privé d'une activité de groupe qu'il appelle pourtant de tous ses vœux, loin encore du mythe du vieux poète, Chavée se fait, en toute lucidité, le cobaye de son propre laboratoire et livre un témoignage d'une grande authenticité qui éclaire d'un jour nouveau son œuvre poétique.

25 euros (code de commande : 25221).

 

CHAVÉE (Achille) — Le sablier d'Absence. Dessins de Jacques Matton. [Bruxelles], EDDA, 1964. In-8° broché, 43 p., 5 illustrations en noir dans le texte, (collection « Le Domaine d'Arnheim », n° 2), couverture passée, un peu défraîchie.

   
   Couverture et illustration et texte des pp. 6 et 7.

25 euros (code de commande : 25676).

 

[CHAVÉE (Achille)]. PIROTTE (Ernest) — Achille Chavée avocat ou la Mammifération des libellules. La Louvière, Le Daily-Bul, 1969. In-8° broché, XXVI p., 26 photos en noir et blanc contrecollées, (collection « Le Monographe »), un des 500 exemplaires numérotés sur papier orange (n° 383), en très bel état.

   
   Couverture et photographie en regard de la p. XI.

28 euros (code de commande : 25675).

 

[CHAVÉE (Achille)]. Achille Chavée 1906-1939. La Louvière, Centre Culturel du Hainaut, 1979. In-8° broché, 235 p., quelques illustrations, exemplaire en très bel état.
Catalogue publié à l'occasion de l'exposition éponyme organisée à l'Institut provincial des Arts et Métiers, à La Louvière, du 21 septembre au 14 octobre 1979, à l'occasion du dixième anniversaire de la mort de l'écrivain.
Table des matières :
   - Préambule, par Maurice Herlemont.
   - Chronologie.
   - Catalogue de l'exposition.
      I. Enfance. Jeunesse.
      II. L'étudiant socialiste et libre penseur. Le militant wallon. 1927-1937.
      III. Le groupe « Rupture ». Premier combat surréaliste. 1934-1938.
      IV. La guerre d'Espagne. 1936-1937.
      V. Le retour d'Espagne. 1938.
      VI. Le « Groupe Surréaliste en Hainaut ». 1939-1946.
      VII. La guerre 1940-1945. Clandestinité.
      VIII. Le Président des Amitiés Belgo-Soviétiques et le militant communiste. 1945-1969.
      IX. « Haute-Nuit ». 1947-1958.
      X. L'activité surréaliste à Bruxelles et ailleurs. 1940-1969.
      XI. André Breton, Paul Eluard et Achille Chavée. Quelques souvenirs.
      XII. Achille Chavée et les artistes régionaux.
      XIII. Le poète et ses amis. Vie quotidienne.
      XIV. Chavée et le Daily-Bul.
      XV. 1969.
      XVI. Manuscrits.
      XVII. Derniers manuscrits à publier.
      XVIII. Œuvres d'Achille Chavée - Éditions - Anthologies, tiré à part.
      XIX. Quelques participations d'Achille Chavée aux revues et périodiques en langues étrangères.
      XX. Études et essais sur le poète.
   - Peintures, dessins, sculptures, objets.
   - 13 images d'Achille Chavée.
   - Anthologie : le poète dans sa ville.

20 euros (code de commande : 25219).


 

COLINET (Paul) — Œuvres. [Tome IV.] Textes divers. Peinture. Bruxelles, Lebeer Hossmann, 1989. In-8° broché, 245 p., exemplaire en très bel état.
En quatrième de couverture :
   Ces petits textes ne sont ni des poèmes ni des groupes de mots assemblés par quelque industrie de la volonté, du hasard. Et si l'on consent à les parcourir, il vaut mieux qu'on les prenne pour ce qu'ils sont : des bâtons trouvés dans des roues.
   Ainsi l'on pourra, de bâton en bâton, découvrir les roues elles-mêmes.
   Elles brillent encore au profond des nuits.

25 euros (code de commande : 17748).

 

[COLINET (Paul) et KINDS (Edmond)]. MONTAGNET ET DESGOSSES (Docteurs) — Dictionnaire de médecine amusante précédé d'un portrait-souvenir de Paul Colinet par Edmond Kinds. Couverture de Robert Willems. Bruxelles, De Rache, 1971. Grand in-8° broché, 60 p., exemplaire numéroté sur bouffant Da Costa (n° 070), en bel état.
Extrait du portrait-souvenir par Edmond Kinds :
   À propos de ce Dictionnaire, je comptais m'en tenir à quelques souvenirs sur notre épisodique collaboration, quelques notes sur la propension ludique de l'esprit de Colinet. Mais je m'aperçois que parler de son drolatisme – retenons plutôt ce mot qui était le sien – c'était l'évoquer lui-même dans toute sa grâce d'enfance originelle, sa fraîche et ingénieuse bonté de concevoir la vie, sa prédestination à une inéluctable gaieté – faveurs du sort subsistant intactes dans son œuvre, d'une authenticité si dénonciatrice. Un simple divertissement, certes, ce Dictionnaire, mais où se retrouvent – pour moi, en tout cas – quelques-uns de ses traits, de ses mots entre guillemets, de ses circonlocutions longuement conspirées. Nous voulions faire quelque chose d'une impénitente pédanterie. Et peut-être ceux qui furent ses intimes, et, comme on disait dans les préfaces d'autrefois, ses « amis lecteurs » – ils ne sont pas légion mais lui sont fidèles – reconnaîtront-ils quelque chose de son monde privilégié, en ce précis de thérapeutique où aucune maladie n'est mortelle ni même douloureuse. Une des dernières lettres qu'il m'adressa – portant la date du 28 juin 1957, quelques semaines après la mort de son ami Havrenne –, d'une écriture grande mais aux tracés légèrement ondulés, alors qu'il était entré en clinique, à peu près paralysé des jambes, semble poursuivre ce jeu précieux, de maladies à traiter par le sourire : « Je vous écris sur le dos, sous un perroquet dont, en le désignant ainsi, on a exagérément remplumé la pilule, car, en fait, il ne s'agit que d'un perchoir. Soit.
   ...Si vous aviez le temps de passer une seconde ici, à titre documentaire, avant jeudi prochain, j'aurais l'occasion de vous expliquer, de vive voix, pourquoi je suis, temporairement et pour des motifs plausibles, un allongé (par impossibilité de tenir debout). »
   Il garda son espoir jusqu'à la fin. « Ma guérison est fatale », me dit-il ; une rémission, inexplicable, s'était produite dans son état, mais elle fut brève. Peut-être, comme le petit maître d'école, encore, allait-il connaître une dernière vision d'enfance, à ce moment qu'il avait évoqué, en des termes dignes de Maria Wutz, par la voix de son Amédée-Providentiel Lerebond, – ultime coïncidence malgré la parodie inconnue : « Quand je dirai adieu au divin séjour de mes amours terrestres ; ... quand mes yeux, aveuglés à la longue par les spectacles inoubliables que j'ai accumulés sur mes pas, auront besoin, pour distinguer quelque chose, du secours d'appareils coûteux... »
   Cher Dr. Montagnet – « Cher Paul Colinet », comme Eluard libellait votre adresse sur ses enveloppes – je vous ai un peu retrouvé vous-même en achevant seul notre « Dictionnaire de Médecine amusante », attentif à ne pas trahir vos desseins, me demandant si vous auriez acquiescé à tel ou tel jeu de mots.
   De votre nom, Colinet, petite colline, vous aviez fait Dr. Montagnet. De mon nom, où se trouve la racine des langues germaniques signifiant enfant, vous aviez fait Desgosses. Je signe donc ce souvenir
         Dr. Desgosses
         alias Edmond Kinds.

18 euros (code de commande : 25885).

 

COLINET (Paul) et MAGRITTE (Paul) — Le coup d'épaule. Bruxelles, [La Passerelle en Papier], 1974. In-8° broché, 40 p., illustrations, un des 300 exemplaires numérotés sur vélin (n° 252).
Il s'agit d'un recueil de lettres de :
   - Paul Colinet à Paul Magritte (25/09/1953).
   - Léontine Berger, Paul Colinet, Georgette et René Magritte à Betty et Paul Magritte (20/08/1955).
   - Paul Magritte à Irène Hamoir et Scutenaire (10/05/1957).
   - Irène Hamoir et Scutenaire à Paul et Betty Magritte (06/06/1957).
   - Paul Magritte à Irène Hamoir et Scutenaire (16/07/1957).
   - Scutenaire à Paul Magritte (06/08/1957).
   - Paul Magritte à Paul Colinet (08/08/1957).
  - Paul Colinet à Paul Magritte (09/08/1957).
  - Paul Colinet à Paul Magritte (27/08/1957).
  - Paul Colinet à Paul Magritte (04/09/1957).
   - Paul Magritte à Paul Colinet (17/09/1957).
   - Paul Magritte à Paul Colinet (18/09/1957).
   - Paul Colinet à Irène Hamoir et Scutenaire (19/09/1957).
   - Paul Magritte à Paul Colinet (22/09/1957).
   - Paul Magritte à Paul Colinet (09/10/1957).
  - Paul Colinet à Paul Magritte (14/10/1957).
   - Paul Magritte à Paul Colinet (16/10/1957).
   - Paul Colinet à Scutenaire (19/10/1957).
   - Paul Magritte à Paul Colinet (23/10/1957).
  - Paul Colinet à Paul Magritte (24/10/1957).
   - Paul Magritte à Paul Colinet (30/10/1957).
   - Paul Magritte à Paul Colinet (14/11/1957).
  - Paul Colinet à Paul Magritte (25/11/1957).
   - Paul Magritte à Paul Colinet (04/12/1957).

18 euros (code de commande : 23952).

COLINET (Paul) et MARIËN (Marcel) — L'histoire des deux lampes. Dessins de Paul Colinet. Bruxelles, Les Lèvres Nues, 1990. In-8° broché, 175 p.
En quatrième de couverture :
   La première lampe s'explique par l'intérêt que Colinet paraissait porter à cet objet, au point d'en écrire les histoires.
   La seconde me concerne. Elle remonte au jour où je fis, en même temps, la connaissance de Colinet et de Magritte. Il me fut rapporté, qu'après mon départ, Colinet me décrivit à Magritte comme une lampe à eau, évocation que je crois assez juste de mon aspect « éteint », aspect que je crois avoir conservé, bien qu'aujourd'hui coloré d'une sorte de maussaderie excédée.

30 euros (code de commande : 14509).

 


 

CORNET (Luc) — La Légende de l'Ignoble. Verviers, Temps Mêlés, 1972. In-12 agrafé, 18 p., (collection « Temps Mêlés », n° 115).
Table :
   - Vie et mort de l'Ignoble.
   - Enterrement de l'Ignoble à La Nouvelle Orléans.
   - Enterrement de l'Ignoble à Santa Maraviglia.
   - Apothéose de l'Ignoble.

10 euros (code de commande : 23979).


DULIÈRE (W.L.) — Notes d'archéologie future et autres surréalismes (Loyales cogitations d'un simple). Bruxelles, Éditions de la Librairie Encyclopédique, 1968. Fort in-8° broché, II, 483 p., on joint le bulletin de souscription.
Texte du bulletin de souscription :
   Un médecin biochimiste, jadis Fellow de la Fondation Rockefeller, qui a publié durant des années des études sur le sang humain, et qui, un peu paradoxalement, a beaucoup publié dans le domaine de l'exégèse biblique, s'est parfois délassé, au cours de quatre décades, à écrire des contes philosophiques traitant du passé comme du futur entrevu. Il en a réuni une sélection, où se multiplient et se différencient les réactions d'un méditatif sur des problèmes humains de toute nature, avec le luxe de franchise que peut se permettre une pensée idéaliste qui se veut libre. Depuis le passé reculé jusqu'à l'ère géologique qui succédera à la nôtre.
   L'idée directrice qui préside à la rédaction de ces contes est de traiter sur un ton qui se veut distrayant de très graves problèmes éternels, par exemple :
   - la critique de la valeur de nos perceptions sensorielles,
   - le touffu brassage de chromosomes hérités d'innombrables ancêtres qui font de chacun de nous l'individu éphémère, mais toujours moins foncièrement différent qu'il le croit des frères de sa race, ses contemporains (Fraternités et Incestes).
   L'auteur, qui imagine les intérêts des archéologues des temps futurs, y prépare par des transitions qui reprennent des thèmes de notre archéologie actuelle, mais revus dans la perspective de préjugés futurs. (Il y a un conte d'archéologie égyptienne, une visite à l'Athènes de Périclès, de nouvelles opinions sur Dante et sur les plis mentaux de l'âge de Descartes...)
   Quand on s'avance dans le Futur, la Société est trouvée profondément remaniée dans « La Machine ». Des bêtes jadis aussi utiles et familières que le Cheval ne survivent que dans les récits pour enfants. Le prestige de l'or a été tué, à la suite d'un accident chimique qui a rendu sa transmutation trop facile. Le Canal de Suez n'a plus de raison d'être à l'époque des puissants aéronefs. L'humanité a malheureusement aussi contracté une maladie plus grave que le cancer, le revers de la médaille dans de si brillantes évolutions. Cette douloureuse donnée fait la matière de la « Régression ».
   La seconde partie de l'ouvrage contient des anticipations plus imprévues, et qu'on ne pourrait qualifier de timides. Un quatrième canal semi-circulaire, parfois découvert dans certaines oreilles, nous a ouvert la porte d'un monde insoupçonné. La circulation interplanétaire rapide est assurée par les trajets rapides à travers les tunnels percés dans notre globe (Le Métro des Antipodes).
   Une anticipation d'un État particulièrement évolué dans le style totalitaire, nous fait revivre ses perfections et quelques angoisses. (Les Radars contrôleurs de l'État-Dieu.)
   Après quoi suit tout un jeu d'imaginations qui ramène le problème de la critique fondamentale de nos perceptions sensorielles. Des suppositions très variées, des questions nouvelles qu'on pourrait se poser sur ce que représente vraiment pour nous la notion de Temps (neuf contes différents).
   L'auteur va si loin dans le futur qu'il va jusqu'à vivre des jours allongés mais moins nombreux dans l'année, avec nos descendants de l'ère qu'il n'hésite pas à appeler quinquennaire, n'admettant nullement que tout est clôturé dans du figé avec l'âge dit quaternaire par nos présents géologues.
   Il entrevoit notre ciel encombré de trop de satellites artificiels, sans cesse lancés et dont on devrait en partie déblayer le firmament, et il compare cette situation aux anneaux de Saturne.
   Bien plus près de nous, il entrevoit dans les puits de gaz naturel de la Drenthe une future catastrophe sensationnelle insoupçonnée, mais que la logique suggère.
   Et pourquoi, si nous greffons déjà des cœurs, n'allons-nous pas aussi greffer un jour des cerveaux, ou des têtes entières, ce qui serait tout d'abord moins ardu. Il est montré que les conséquences en seraient incalculables et bouleversantes.
   L'auteur espère que, dans ce monde de l'avenir, nos descendants, brassant toujours nos chromosomes hérités, voudront bien nous traiter avec autant de bienveillante condescendance que celle que nous témoignons à nos vénérés grands-parents de Cro-Magnon, ceux-là avec qui naquit la pensée humaine véritable, mais que seraient, eux aussi, tellement dépaysés dans nos organisations actuelles.

25 euros (code de commande : 24293).


DUMONT (Fernand, pseudonyme de Fernand Demoustier) — Dialectique du hasard au service du désir. Préface de Louis Scutenaire. Avec un portrait par Max Servais et huit documents inédits. Bruxelles, Brassa, 1979. In-8° broché, 291 p., rousseurs sur la couverture.
Préface :
   À l'heure d'aujourd'hui où vont se multipliant en matière de surréalisme les contrefaçons et les contrevérités, voici un ouvrage qui a sinon le mérite du moins la propriété d'être absolument surréaliste.
   À le relire après plus de trente ans, je suis tout content d'avoir écrit en 1943 :
   « Le seul homme qui m'ait donné la sensation (peut-être illusoire, je m'empresse de l'admettre) de la sincérité totale dans chacun de ses gestes, paroles et actions privés que je lui vis ou entendis est le poète Fernand Dumont, auteur d'une étonnante analyse personnelle qui a pour titre Dialectique du Hasard au Service du Désir.
   Cette sincérité m'effraie, d'abord pour moi qu'elle risque de blesser, puis pour Dumont lui-même, car je n'arrive pas à imaginer par où se sauve, lorsque sa façade est assiégée ou qu'elle s'obstrue, un homme qui n'a point de porte de derrière.
   Pour marcher une fois sur les traces de la sincérité dumontienne, j'avoue que celle-ci m'effraie pour lui avant de m'effrayer pour moi, et qu'une volonté de scandale et de cadence m'a seule fait écrire en un ordre contraire la phrase précédente. »
   Alors que tant de négociants qui doivent tout au surréalisme renient celui-ci ou même le vitupèrent, il est bien qu'un jeune audacieux qui n'est pas son débiteur ait fait l'effort de publier Dialectique du Hasard au Service du Désir, qui dormait dans des tiroirs en exemplaires dactylographiés.
   Il me semble réentendre Fernand Dumont qui me parle de son livre en cours d'écriture avec l'enthousiasme qu'il mettait en bien des choses. Et le revoir, pas grand, mince, bronzé, noir de poil et d'œil, passant du grave au plaisant avec l'agilité de l'épinoche glissant des herbes du ruisseau au courant dégagé, discourant avec science des livres qu'il aimait pour parler ensuite, humoreux, de son orchestre de jazz qu'il nommait le Boum Cha Cha ou pour entonner la superbe Chanson des Birouttes peu propre à charmer l'esprit des cuistres.
   Je le revois surtout à Nice, en 1940, ayant fui le Führer, accablé par l'éternel firmament bleu et pressé de retrouver Mons et les nuages gris qu'il aimait, s'embarquer dans le premier train possible pour un retour qui allait le conduire dans les prisons allemandes et à la mort, des prisons et une mort qu'il pouvait raisonnablement craindre étant donné ses activités antifascistes antérieures. Il avait un peu plus de trente ans.
   Qui écrit fait son propre portrait. Je ne sais pas de livre qui fasse mieux que Dialectique du Hasard au Service du Désir le portrait de son auteur, à la fois candide et roué, gamin et gentilhomme, ouvert et secret, pratique et romantique, précis comme l'enfant et inspiré comme celui qui a tout vu tout entendu, vivace, nerveux, plein de projets pour l'immédiat et de longues espérances. Dumont me laissait pantois, aussi à l'aise qu'il était avec ses confrères du barreau et de l'avouerie qu'avec le menuisier du coin ou le bouveleur du faubourg, ses compagnons du groupe « Rupture » ou les vieux colonels qui hantaient le beau café de la grand-place de Mons, caressant la tête du singe de la Grand-garde ou une édition originale d'André Breton. Il me semble aussi l'entendre passer sans heurt du français le plus pur au rouchi montois.
   Ne fût-ce que pour taquiner un brin son ombre je noterai que parmi ses ascendants était le longtemps célèbre Charles-Albert Demoustier, (descendant lui-même de La Fontaine et de Racine), mort en 1801, auteur notamment des Lettres à Emilie sur la Mythologie, ouvrage d'une écriture souvent précieuse mais ingénieux et plein de grâce, et dont le style me fait penser quelquefois aux travaux de son héritier, notamment dans Traité des Fées, ce qui, si on lui en faisait la remarque, ne manquait pas d'agacer mon ami.

35 euros (code de commande : 25632).

 

DUMONT (Fernand, pseudonyme de Fernand Demoustier) — L'étoile du berger. Avec une introduction de Paul Champagne. Bruxelles, Labor, 1955. In-8° broché, 140 p., rousseurs à la couverture, peu courant.
Extrait de l'introduction :
    C'est pour échapper à la geôle encore que Dumont recrée les libres jours de son adolescence dans l'Étoile du Berger qui se présente comme une autobiographie.
   Collégien encore, il nourrit dans sa ville natale aux horizons fumeux et dans les grands bois de Chiny où se passent ses vacances, de vagues rêves d'amour.
   Avec sa vive lucidité d'esprit et le recul des années, Dumont analyse ses états d'âme d'adolescent, le désir de la vierge lointaine entrevue dans une école voisine, rencontrée en de furtifs rendez-vous. Puis il dépeint la découverte de l'amour, son mélange de fervente pureté et de sensualisme qui s'ignore.
   Cette sensualité est dénoncée finalement comme rompant le charme de l'idylle, au cours de laquelle le jeune homme n'aura connu de l'éternel féminin que les sensations exquises, émouvantes de poésie, symbolisées dans la caresse d'un jeune sein.
   Ce récit rappelle à la fois Daphnis et Chloé, Tristan et Aucassin, par le thème essentiel – l'amour adolescent – par la fraîcheur du sentiment et la netteté de l'expression. Cette netteté s'accroît encore d'une analyse aiguë des réactions psychologiques. Si elle doit de sa perspicacité à l'influence surréaliste, cette analyse apparaît très classique, aussi classique que le style aux phrases impeccables, un peu longues, un peu trop oratoires, au jugement de certains, mais d'une musique parfois très suggestive...
   On sent que Dumont a fréquenté Stendhal, Laclos et Radiguet autant que Villiers de Lisle-Adam, Breton et Eluard.
   Après avoir cherché sa voie dans ses ouvrages antérieurs, qui sont surtout des essais de psychologie surréaliste, assez subtils et abstraits, il a dans sa prison, saisi avec bonheur un moment délicieux de sa vie, ou plutôt toute sa personnalité.
   Et celle-ci, il l'a exprimée avec clarté dans cette autobiographie aux contours nets et purs comme un bas-relief grec. J'y découvre une intelligence éprise de vérité, qui tient à la fois du philosophe et du juge d'instruction ; une sensibilité raffinée d'artiste avide de beauté; une âme aspirant à la pureté morale, regrettant les candeurs perdues, les recherchant dans des liaisons successives et condamnant, pour finir, l'égoïsme de la passion charnelle, qui brise l'enchantement des pures amours – c'est-à-dire la Poésie.

30 euros (code de commande : 25633).

 

[DUMONT (Fernand)]. CANONNE (Xavier) — Fernand Dumont 1906-1945. Aux cailloux des chemins. Loverval, Labor, 2006. In-8° broché, 87 p., illustrations en noir et en couleurs, exemplaire à l'état de neuf.
   Cet ouvrage fut publié à l'occasion de l'exposition éponyme orgabnisée à la Salle Saint-Georges, à Mons, du 13 octobre au 24 décembre 2006.
Avant-propos :

   1906-1945. Deux dates pour une tombe qui n'existera pas plus à Mons en Belgique, qu'à Bergen – ironie du sort – près d'Hanovre en Allemagne où la maladie – le typhus probablement – acheva Fernand Dumont en mars 1945, un mois avant la libération de ce camp de concentration où mourait aussi Anne Frank.
   La liberté, « tant rêvée si longtemps défendue et si souvent servie et tellement aimée » ne s'offrira à lui que dans la mort, après trois longues années de captivité et d'isolement parmi tant d'autres anonymes écrasés dans l'horreur d'un temps.
   Une existence trop brève, trente-neuf années à peine, pour trouver dans l'écriture, et par elle, la maturité et la plénitude, pour tenter de fléchir le quotidien vers quoi tout semblait porter ce fils de notable, et accomplir une existence choisie plutôt que subie. Trois livres publiés de son vivant, À ciel ouvert en 1937, La Région du cœur en 1939 et le Traité des Fées en 1942, les quelques autres posthumes que rassemble la Dialectique du hasard au service du désir qui serait l'anneau d'un premier cycle avant un autre à peine ébauché que la captivité empêchera, La Liberté, écrit en juin 1942 à la prison de Mons, résonnant comme le chant du cygne.
   Et pourtant, la minceur de cette œuvre ne la rend ni dérisoire, ni secondaire ; c'est qu'un ton la caractérise, une musique comme une mélopée, une confession récitée à voix basse à la tombée du jour. La chanson de l'attente, le front à la fenêtre qu'est À ciel ouvert, l'écriture précieuse, ciselée de La Région du cœur, l'élégance amusée du Traité des Fées, le chant clair, bouleversant, aux accents d'Eluard de La Liberté en font un auteur à part entière dans le surréalisme et la littérature française de Belgique. Même l'exercice mimétique – parfois laborieux – de la démarche d'André Breton entrepris avec la Dialectique du hasard au service du désir, tentant de prouver dans une démonstration clinique que le désir vient déterminer le hasard, celui-ci n'existant dès lors pas puisque tout est annoncé et explicable, échappe à la comparaison sévère entre l'œuvre du maître et celle du disciple, tant la sincérité de l'auteur commande l'indulgence.
   Prose, poésie, écriture automatique, récit même avec l'Étoile du Berger rédigé dans les geôles de Mons et de Louvain entre juillet et décembre 1942, sorte de plongée dans les amours de l'adolescence, Fernand Dumont aura adopté tous les genres, les unifiant d'une tonalité si particulière de bleu-gris et de vieil or, qui tient autant du romantisme que du surréalisme. En sa brève carrière littéraire – dix années si l'on tient compte des textes publiés –, il séduit jusqu'en ses « faiblesses nécessaires » nous laissant pour toujours songeurs quant au tour qu'aurait pris son œuvre, entre le « sur-romantisme » – un terme qu'il appréciait – de La Région du cœur et le dépouillement de La Grande Nocturne. Les fées n'auraient sans doute cessé de la traverser, êtres d'exception plutôt que personnages de contes populaires, messagères de l'amour, seul sentiment capable, comme dans une expérience chimique, de transgresser le quotidien pour atteindre l'air pur des lieux secrets dont elles détiennent la clé, et avec elles, cette quête éperdue du bonheur, de la liberté vers quoi tout le porta. Ce qui rend Fernand Dumont touchant hors son écriture, c'est de voir cet homme éternellement jeune s'enrober de légende au seuil des possibles, la porte entrouverte sur un monde où il nous faut à présent l'inventer.
   Rares sont aujourd'hui ceux qui ont connu Fernand Dumont. Le souvenir de sa silhouette juvénile et de sa désormais légendaire canne à pommeau d'argent se confond avec les photographies et les témoignages écrits de ceux qui le côtoyèrent ou partagèrent sa vie. Par extraits, par témoignages croisés, nous ouvrons ces pages à ses proches, Christine, Georgette, Max Servais, Louis Scutenaire, Paul Colinet, Armand Simon, Achille Chavée ou Marcel Lefrancq pour tenter de cerner au mieux celui qui fut leur ami. Mais c'est avant tout à lui, par ses lettres et ses écrits qu'il appartiendra de nous dire l'homme qu'il était, quel fut son chemin difficile, parfois contradictoire, entre l'amour, la poésie, l'amitié, l'engagement politique dans cette époque si complexe où tout semblait se précipiter mais où la vraie vie, pour quelques hommes, était ailleurs.
   On lira, on relira les textes de Fernand Dumont, en espérant voir un jour exhumés ceux qu'il évoque en sa correspondance et qui ont disparu. On se persuadera que cette petite flamme dans la nuit, ce feu-follet, n'est pas près de s'éteindre et que le vaisseau fantôme croise encore au grand large. On comprendra alors qu'au-delà de certaines rancœurs et interdits familiaux, Mons, sa ville natale, sa ville aimée au point de lui emprunter son pseudonyme, ait tenu du haut de son beffroi à allumer un feu pour le saluer.

7 euros (code de commande : 14397*).


[ELIAS (Etienne)]. Elias. Antwerpen, Lens Fine Art, 1974. In-12 carré broché, [48] p., illustrations en noir et en couleurs, on joint le carton d'invitation au vernissage et le prospectus de vente d'une sérigraphie.
@ Catalogue de l'exposition, texte de Jasia Reichardt.

12 euros (code de commande : 11824).


FERRUA (Pietro) — Surréalisme et anarchisme. Texte intégral de la communication présentée lors de l'inauguration de l'Institut Anarchos, le 5 juin 1982, à l'Université de Montréal. Suivi de Fac-similé d'une lettre de Sir Herbert Read. Fac-similé du manifeste « Surréalisme et Anarchisme. Déclaration préalable » Le Libertaire, 12 octobre 1951, p. 3. [Paris], Le Monde Libertaire, 1982. In-8° agrafé, [24] p.

20 euros (code de commande : 14130).


FOURNERIE (Claude-Henri) — Timbres patagons. [Rilly-la-Montagne], [Cymbalum Pataphysicum], [1996]. Carnet agrafé (65 x 200 mm.) contenant 9 timbres du royaume d'Araucanie-Patagonie en trois feuilles.

   
   Couverture et premier feuillet de trois timbres à l'effigie d'Orélie-Antoine Ier.

20 euros (code de commande : 19663*).


FRANÇOIS (Georges) — Des première[s] vapeurs Voodoo au zéro pour Glauzen. S.l., Temps Mêlés, s.d. In-8° agrafé, [56] p., bel exemplaire.

10 euros (code de commande : 14772).

 


HELLENS (Franz) — Échappements. Illustré par Pierre Alechinsky. Bruxelles, À la Pierre d'Alun, 1999. In-8° en feuillets, 74 p., (collection « La Pierre d'Alun », n° 34), un des quelques exemplaires marqués « S.P. ».
   
@ Ouvrage publié à l'occasion de l'exposition Il n'y de mots sans images à la Bibliotheca Wittockiana, à Bruxelles.

50 euros (code de commande : 11823).


[JARRY]. ARRIVÉ (Michel) — Lire Jarry. Bruxelles, Complexes, 1976. In-8° broché, 172 p., illustrations, (collection « Dialectiques »).
En quatrième de couverture :
   « Lire Jarry, et, surtout, écrire sa lecture de Jarry : la tâche est spécialement difficile. Le texte oscille en effet entre la lisibilité apparemment immédiate – quoi de plus transparent, en première lecture, que le texte d'Ubu roi ? – et l'illisibilité absolue : les énigmatiques emplois de la lettre x dans les Minutes de sable mémorial, les mots des « Assassins » dans Les Jours et les Nuits, ne peuvent en aucune façon être l'objet du lire traditionnel.
   Lire Jarry : nul, sans doute, n'était mieux qualifié que Michel Arrivé pour entreprendre cette tâche. Simultanément éditeur de Jarry et théoricien de la sémiotique textuelle, il donne dans cet ouvrage l'un des premiers exemples d'application des méthodes sémiotiques à la description d'un texte « littéraire » – et pictural : la métaphore du texte s'impose pour les peintures, gravures et dessins de Jarry, dont plusieurs sont ici reproduits et analysés.
  Mais les concepts de la sémiotique sont mis à la question : le problème central que pose le texte de Jarry est celui des relations entre le signe (objet du discours sémiotique) et la lettre (objet du discours analytique). C'est cette dialectique du signe et de la lettre qui est engagée dans Lire Jarry. »

15 euros (code de commande : 13971).

 

[JARRY (Alfred)]. CARADEC (François)À la recherche d'Alfred Jarry. Paris, Seghers, 1974. Grand in-8° broché, 149 p., planches hors texte, (collection « Insolites », cahier n° 2), couverture frottée, exemplaire numéroté (n° 1664) de cette édition originale, peu courant.
En quatrième de couverture :
   La collection des Cahiers « Insolites » se propose de remettre en lumière un certain nombre d'auteurs, illustres en leur temps, mais tombés, pour une raison ou pour une autre, dans un relatif oubli. Tout porte cependant à croire que le temps est venu de leur redécouverte : rééditions, expositions diverses, études universitaires et même « mode » tout court. En outre, cette collection souhaite étudier des auteurs, dont l'œuvre, par son originalité, son mystère, son insolence, son humour, bref, par sa marginalité, ne cesse de nous hanter.
   D'Alfred Jarry, on a surtout retenu jusqu'ici Ubu Roi, encore que jamais la critique ne chargea de plus de symboles contradictoires une pièce qui ne fait que parodier notre culture et qui ne signifie rien. Mais ce qui, dans le cas de Jarry, est scandaleux, c'est que personne n'a lu « le reste » d'une œuvre qui compte parmi les plus importantes de notre littérature, à l'égal de celles de Baudelaire, Rimbaud, Lautréamont ou Roussel, avec une richesse et une variété plus surprenantes encore. C'est à une lecture totale de Jarry que François Caradec nous convie.

30 euros (code de commande : 25989).

 


KOENIG (Théodore) — Gérance d'avril. Précédé d'une logoanalyse par Alain Borer. [Bruxelles], Phantomas, 1980. In-8° broché, 158 p., exemplaire du tirage courant de l'édition originale.
En quatrième de couverture :
   Chez Théodore Koenig – un des Sept Types en Or de la Revue Phantomas – les exercices foisonnent dans l'écriture autant que les transferts dans la liberté surveillée d'une poésie se nourrissant d'elle-même au cœur de la haute indépendance de l'esprit.
Ce recueil contient :
   - Le melon du Caravage.
   - Dix manières dans l'art de considérer la vache.
   - Suite d'avril.
   - Poèmes restreints.
   - Zestes d'ironie.
   - Onomatoplays.

15 euros (code de commande : 20626).


LACOMBLEZ (Jacques) — En marge de Poisson soluble. Jacques Lacomblez. Avec 7 dessins de l'artiste & 6 postulats de Edouard Jaguer. Bruxelles, Quadri, 2001. In-8° broché, 24 p., illustrations, un des 99 exemplaires numérotés sur papier Rives Tradition et signés par les auteurs (n° 18), exemplaire dédicacé par les auteurs en parfait état.
   Ouvrage publié à l'occasion de l'exposition de Jacques Lacomblez « Un nouveau temps du verbe être - images pour André Breton » à la galerie Quadri, à Bruxelles, au mois de septembre 2001.

30 euros (code de commande : 23218).

 


LAUTRÉAMONT

 


 

LIÉNARD (François) — La vie pratique (suite et fin). [Bruxelles], Éditions des Côtes du Luberon, 2001. In-8° agrafé, [20] p., illustrations, un des 120 exemplaires numérotés (n° 50).

   

12 euros (code de commande : 23054).


MAGRITTE (René) — Croquer les idées. Avertissement de Marcel Mariën. Bruxelles, Les Lèvres Nues, 1978. In-4° broché, 82 p., illustrations.
Avertissement :
   Je fréquentais René Magritte depuis cinq mois lorsqu'il me fit don, le 19 décembre 1937, des deux cahiers de croquis reproduits ci-après, dans leur format original.
   À peine avais-je fait sa connaissance, un dimanche d'été, que je fus invité à participer aux recherches de ce qu'il appelait « le problème », et qui visaient l'enrichissement pathétique des objets de la vie courante, les plus familiers, quelle que fût leur taille, du verre d'eau à la chaîne de montagnes, de l'œuf au ciel étoile.
   Paul Colinet que j'avais rencontré également ce premier jour, avait relevé dans les poèmes que je montrais, ces deux vers :
            Et la pluie fine
            Qui tombe sans arrêt sur un ventre nu.

   Magritte réagit en posant tout de go le problème de la pluie, c'est-à-dire le projet d'un tableau qui montrât la solution idéale, celle de l'objet sur quoi la pluie eût à tomber puisqu'aussi bien – selon ses dires – ... ces recherches ne pouvant donner pour chaque objet qu'une seule réponse exacte, mes investigations ressemblaient à la poursuite de la solution d'un problème dont j'avais trois données: l'objet, la chose attachée à lui dans l'ombre de ma conscience et la lumière où cette chose devait parvenir.
   Il fallut quand même quelques mois avant que lui fût dévoilée cette évidence aveuglante : la pluie tombant à verse sur des nuages jonchant la campagne entre des maisons clairsemées. Il en existe trois versions : La sélection naturelle, L'union libre et Le chant de l'orage, ces deux dernières figurant déjà à l'exposition Magritte-Man Ray-Tanguy au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, en décembre 1937, tandis que Mesens avait emporté la première à Londres.
   On trouve dans les cahiers des croquis de cette recherche dès le début (page 17) tandis qu'en page 23, Magritte dresse la liste des objets envisagés puis rejetés comme en témoignent les ratures : un livre, un hareng saur, un pain, un lion, un sac, un parapluie (on brûle presque), un chapeau, un violon (?), un costume, un lit, un appartement, un piano, un œuf, une bouteille.
   Dans le second cahier, la pluie reprend de plus belle, comme on peut voir, appelant à la rescousse un corps à corps de ce qui paraît bien être des nuages (page 64), par quoi le peintre frôle la solution sans encore le savoir puisque, jusqu'à la dernière page, il continue de pleuvoir sans répit.
   Mais le premier cahier s'ouvre aussi sur l'interrogation du cheval, bien plus laborieuse car elle ne fut résolue qu'en février 1938 dans La chaîne sans fin, tableau où l'on voit notre noble conquête caracolant sous le poids de trois cavaliers incarnant l'Histoire : un homme de l'Antiquité, un mousquetaire et un cavalier en tenue d'équitation moderne. Magritte a lui-même détaillé les étapes de cette recherche dans la conférence déjà citée.
   Si le paysan labourant avec une charrue tirée par un squelette de cheval ne fut pas retenu, il est intéressant de reconnaître en marge, l'ébauche de la couverture de Minotaure dont Magritte fut invité à illustrer le numéro 10 (hiver 1937), et qui offre sur les autres l'avantage, au défaut des somptueuses prouesses plastiques, d'apporter une « idée », celle d'exhiber le squelette d'un héros mythologique ; et cela devant le panorama de Paris où, pour une fois, il n'est peut-être pas inopportun d'évoquer Fantômas.
   D'autres tableaux surgissent encore, au fil de ces pages, et dans leur conception initiale :
   - La race blanche, ce terrifiant échafaudage de nez, de bouche, d'oreille et d'œil, et qui aura quatre variantes, deux gouaches et deux toiles.
   - Le printemps éternel, où une danseuse en tutu remplace le sexe d'un hercule couché, figure empruntée à Rubens, dont Magritte fera en 1943 une version renouvelée dans la technique des impressionnistes, et que Nougé intitulera : L'océan.
   - Enfin, le portrait de Georgette, d'une approche entre toutes difficile puisque selon Magritte lui-même, la toile réalisée, bien que poussée très loin, ne fut jamais véritablement achevée. En quoi il est fidèle, si l'on veut, au mot « vague » tracé sur un fragment de papier et figurant parmi les objets suspendus alentour du modèle central, présenté en médaillon.
   Tels sont quelques aspects de l'élaboration d'une œuvre dont Nougé devait écrire, en 1939, – c'est-à-dire au sein de l'indifférence ou du sarcasme le plus complet – qu'elle constitue, au regard de l'histoire de l'esprit humain au XXe siècle, un événement de première grandeur.
   Le présent document, dans son dépouillement originel, est à vrai dire révélateur d'une recherche profonde dont les ambages, les ressauts, les spires, les zigzags ne sont souvent que le plus court chemin vers la solution heureuse.
   Il est peut-être aussi le seul du genre, Magritte ayant la plupart du temps enregistré ces étapes sur les bouts de papier qui traînaient à portée de sa main, allant même quand ceux-ci lui manquaient, jusqu'à « abîmer » une page d'une édition originale qu'on venait de lui adresser ou la missive de quelque ami célèbre.
   Enfin, il contraste avec les résumés synoptiques qui ont été publiés ça et là, et que le peintre se plaisait à offrir à quelque amateur pour expliquer la suite des inspirations qui l'avaient mené jusqu'à l'image finale.
   Tout au contraire, ici, et de la façon la plus naïve, l'esprit progresse à tâtons dans le désert des pages successives. La main prend la tête puis la tête pousse la main à chercher avec elle. Et à trouver.

40 euros (code de commande : 15300).

 

 

[MAGRITTE (René)]. René Magritte et le surréalisme en Belgique. Bruxelles, Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique, 1982. Grand in-8° broché, 322 p., nombreuses illustrations en noir et quelques-unes en couleurs.
   Ouvrage publié à l'occasion de l'exposition éponyme organisée aux Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, à Bruxelles, du 24 septembre au 5 décembre 1982.
Sommaire :
   - Du surréalisme en Belgique, par Elle et lui.
   - Le surréalisme vu de Bruxelles, par Marcel Mariën.
   - Dadapark, manifeste rétroactif, par Marc Dachy.
   - Magritte et le merveilleux composé, par Philippe Roberts-Jones.
   - Catalogue, commentaires de Marcel Mariën.
   - Liste des œuvres.
   - Liste des documents.
   - Biographies.
   - Bibliographie.

25 euros (code de commande : 24588).

 

[MAGRITTE]. SYLVESTER (David) — Magritte. Traduit de l'anglais par Jeanne Bouniort. Houston - Anvers, Menil foundation - Fonds Mercator, 1992. In-4° sous reliure, jaquette et étui d'éditeur, 440 p., très nombreuses illustrations en noir et en couleurs, exemplaire en parfait état.
Sur la jaquette :
« René Magritte (1898-1967) a été et demeure sans aucun doute une des figures de premier plan du surréalisme. Depuis les années 1960, son œuvre exerce une influence continue et chaque jour plus large, non seulement sur l'art mais sur l'imagerie de la culture de masse.
Dans cette monographie, David Sylvester parcourt le monde de pensées étranges et la créativité hors du commun du grand surréaliste belge. Son récit de la vie de l'artiste, pour la première fois bâti sur une exploitation méthodique des archives, décrit l'ironie d'une carrière pleine de déceptions, les amitiés inégales avec les autres surréalistes, la relation toujours problématique avec le commerce de l'art, la réalité d'un mariage légendaire. Son analyse de l'œuvre reflète une compréhension sans pareille des obsessions et attitudes sans cesse récurrentes de l'artiste, tout en mettant l'accent sur des aspects de l'œuvre méconnus comme en témoigne le tableau reproduit en couverture. Le présent livre rend l'œuvre mystérieuse de Magritte encore plus fascinante et peut être considéré comme l'ouvrage de référence définitif consacré à ce maître du surréalisme. Les nombreuses illustrations comprennent plusieurs œuvres importantes reproduites pour la première fois. »

75 euros (code de commande : 9660).

 

[MAGRITTE (René)]. SYLVESTER (David) — René Magritte. Catalogue raisonné. Tome I. Oil Paintings - 1916-1930. (David Sylvester & Sarah Whitfield). Tome II. Oil Paintings and Objects - 1931-1948. (David Sylvester & Sarah Whitfield). Tome III. Oil Paintings, Objects and Bronzes - 1949-1967. (Sarah Whitfield & Michael Raeburn). Tome IV. Gouaches, Temperas, Watercolours and Papiers Collés - 1918-1967. (Sarah Whitfield & Michael Raeburn). Tome V. Supplement. (David Sylvester, Sarah Whitfield & Michael Raeburn). Exhibitions Lists. Bibliography (Linette Cawthra). Cumulative Index. [Houston] - Anvers, Menil Foundation - Fonds Mercator, 1992 (t. I) -1993 (t. II & III) - 1994 (t. IV) - 1997 (t. V). Cinq volumes in-4° sous reliures, jaquettes et étuis illustrés d'éditeur, tome I : XXVI, 388 p., tome II : XXVII, 478 p., tome III : XXVII, 496 p., tome IV : XXVI, 356 p., tome V : XXIV, 357 p., nombreuses illustrations en noir, ensemble en très bel état.
Sur la jaquette du tome V :
   The Belgian painter Rene Magritte (1898-1967) was an outstanding figure in the Surrealist movement and is surely one of this century's major artists. Since the 1960s his work has had a massive and continuing influence, not only on art, but on the imagery of popular culture. [...]
   As a whole, the series (I-V) presents an authoritative survey of the artist's œuvre, from 1916 to his death in 1967. The text offers a systematic survey of his oil paintings (I-III), objects (II-III), bronzes (III), gouaches, temperas, watercolours and papiers collés (IV), and Magritte's work as a commercial artist (V). Underpinning the entries on the individual works is a minutely detailed biographical chronology which constitutes a major contribution to the study of Surrealism in Belgium. The books include substantial and often unpublished extracts from Magritte's correspondence and writings, given both in the original French and in English translation. Volume V completes a series widely recognised as indispensable for Magritte scholars and admirers alike.

      

   

Les cinq volumes : 450 euros (code de commande : 25256).


[MORRIS (Desmond)]. REMY (Michel) — L'univers surréaliste de Desmond Morris ou L'origine des espèces. Préface de José Pierre. Paris, Souffles, 1991. In-4° sous reliure et jaquette d'éditeur, 212 p., nombreuses illustrations en noir et en couleurs.
Sur la jaquette :
   « Desmond Morris, auteur d'une trentaine de livres sur le comportement humain et animal, est connu du monde entier. Mais peu sont ceux qui savent que - tout en assumant le rôle d’un homme du grand public - Morris a aussi soutenu une activité intense de peintre surréaliste, produisant quelque 1000 tableaux sur une période de quarante-cinq ans. Sa première exposition, qui eut lieu à Londres en 1950, le vit aux côtés de Joan Miró.
   Les œuvres de Desmond Morris nous transportent dans un paysage surréel peuplé de « biomorphes » qui évoluent de toile en toile. Ce monde très personnel, fait de drames ambigus, de rencontres ahurissantes, de sexualité, d’humour, de joies et de violences, a été soigneusement étudié par l'historien 'art français Michel Remy.
   Richement illustré, le livre qui est le fruit de ses études couvre la totalité de l’œuvre de Morris et retrace la lente gestation de son merveilleux univers surréaliste dans toute sa complexité. »

45 euros (code de commande : 11849).


NOIRET (Joseph) — L'espace oblique. [Illustré par] Gottfried Wiegand. Bruxelles, la Pierre d'Alun, 1986. In-8° en feuillets sous couverture à rabats, 76 p., 7 illustrations à pleine page en noir, (collection « La Pierre d'Alun », n° 11), un des 525 exemplaires numérotés (n° 275), très bon exemplaire.

   
Couverture et illustration de la p. 23.

25 euros (code de commande : 20917).


 

NOUGÉ (Paul) — La musique est dangereuse. Écrits autour de la musique rassemblés et présentés par Robert Wangermée. Bruxelles, Devillez, 2001. In-8° broché, 203 p., un des 50 exemplaires numérotés sur Rives Tradition (n° 4), non coupé et à l'état de neuf.
Sur la couverture :
   La tradition réclame de moi un commentaire mêlé de louanges des œuvres musicales que vous allez entendre.
   Je crois bien faire en dérogeant à cette tradition.
   Je sais qu'en agissant ainsi je me prive de certains avantages.
   L'expérience a prouvé que l'on accueille favorablement, d'habitude, l'admiration qui s'exprime sur un mode lyrique et, avec non moins de plaisir, toute explosion de mépris ou de haine.
   J'ai renoncé délibérément à vous vanter les choses que j'aime, comme à dénigrer celles qui me déplaisent.
   Je n'ai, d'ailleurs, nulle confidence à faire à propos d'Hindemith, de Schoenberg ou de Strawinsky.
   Mais la musique soulève de graves problèmes.
   Il convient donc, à mon sens, d'examiner ces problèmes avec gravité, et, pour éviter qu'ils ne nous échappent, avec une certaine froideur.
   Le souci d'amuser ou de plaire serait ici déplacé...
   Je ne craindrai pas d'insister longuement sur certaines choses qui semblent aller de soi.
   Les choses capitales, au premier abord, semblent toujours aller de soi.
   Je me verrai forcé aussi de réclamer de vous un effort d'attention véritable.
   Mieux encore, une sorte de collaboration.
   J'espère que vous ne m'en tiendrez pas rigueur, et quoi qu'il arrive, que vous me pardonnerez d'avoir jugé que le sujet en valait la peine.

35 euros (code de commande : 22765).


Le Nouveau-Réalisme est-il... n'est-il pas un Nouvel Humanisme ? Que dites ? La Louvière, Daily-Bul, [1963]. In-8° agrafé, [16] p., illustrations et collages, couverture en partie jaunie, rare.
En guise de préface, par Ernest Pirotte :
   La notion de Réalisme, tant sur un plan objectif que subjectif ne va pas, nécessairement, à l'encontre de la conception Réaliste qu'on peut avoir du monde visible.
   Étant bien entendu cela, l'idée de Nouveauté peut s'inclure ou s'exclure selon que l'on pourra se permettre l'un ou l'autre de ces postulats.
   Pour mieux cerner le problème, disons plus simplement qu'une Nouvelle pomme de terre n'est pas une Ancienne pomme de terre, si on la considère dans son présent, dans son existence plutôt que dans son essence. Mais une Nouvelle pomme de terre peut vieillir, donc devenir Ancienne, et de cet état donner naissance à une Nouvelle pomme de terre : de ces deux antinomies n'existe qu'une commune essence. Ce qui revient à dire que la Nouvelle pomme de terre aussi bien que l'Ancienne n'existe pas, mais qu'elle est.
   Dans ces deux états de son essence, l'Ancien et le Nouveau, la pomme de terre échappe donc à la notion de Réalisme puisque personne ne voudrait affirmer, à moins que l'ironie y trouve son compte, que ce qui n'existe pas est Réel.
   Ce qui tendrait à prouver que le Nouveau Réalisme n'existe pas.

40 euros (code de commande : 22595).


[PAPAZOFF (Georges)]. NAKOV (Andrei B.)Papazoff, franc-tireur du surréalisme. Préface de Jacques Baron. Bruxelles, La Connaissance, 1973. In-8° collé, 155 p., illustrations en noir, quelques-unes hors texte en couleurs, (collection « Témoins et Témoignages / Monographies »).
Sommaire :
   - Préface.
   - Introduction.
   - Les années d'initiation.
   - La fascination de la matière picturale.
   - Le malentendu surréaliste.
   - Le vocabulaire personnel.
   - Développements thématiques.
   - Le mythe lunaire.
   - Pèlerinage.
   - Arcadia.
   - Notes.
   - Témoins et témoignages.
   - Documentation.

15 euros (code de commande : 24611).


['PATAPHYSIQUE]. L'année pataphysique (mois de Gidouille). Vies des saints du calendrier pataphysique suivies de Leçons de morale et de Résolutions à l'usage des Pataphysiciens par l'Intermission des Apothéoses assistée de la Sous-Commission des Jours & des Nuits, de la Sous-Commission des Monuments Anhistoriques et Historiques et de la Sous-Commission de Parémiographie. Courtaumont-par-Sermiers, Cymbalum Pataphysicum, 1999. In-8° broché, 88 p., illustrations, (collection « Monitoire », n° 51), exemplaire en très bel état (revêtu du cachet à l'escargot).
Sommaire :
   Vies des saints du mois de Gidouille.
      - Sainte Bouzine, Esprit ; Sainte Boudouille, Bayadère ; Sainte Giborgne, Vénérable ; Fête de Gidouille.
      - Saint Lucullus, Amateur ; Bloomsday.
      - Sainte Dondon, Amazone ; Saint Sein, Tautologue.
      - Saint Ugolin, Mansuet.
      - Saint Dieu, Retraité.
      - Saint Bébé Toutout, Évangéliste.
      - Sainte Outre, Psychiatre; Saint Colon, Artilleur.
      - Saint Boudin, Recteur.
      - Sacre de Talou VII, Empereur du Ponukélé.
      - Sainte Confiture, Dévote ; Sainte Cliché, Donatrice.
      - Saints Instintestins, Conseillers intimes.
      - Saint Inventaire, Poète.
      - Sainte Femelle, Technicienne ; Visitation de Mère Ubu.
      - Saint Périnée, Zélateur.
      - Saint Spéculum, Confesseur.
      - Saint Ombilic, Gymnosophiste.
      - De l'âge de l'univers.
      - Saint Gris-gris, Ventre.
      - Saint Bouffre, Pontife.
      - Sainte Goulache, Odalisque.
      - Sainte Gandouse, Hygiéniste.
      - Poche du Père Ubu.
      - Nom d'Ubu.
   Pompes et œuvres.
      - Un Luc, mais en tous sens (Hommage au Régent Luc Étienne).
      - Faits de la presse (Jacques Antel).
      - En revue.

20 euros (code de commande : 22892).

 

['PATAPHYSIQUE]. Cahiers du Collège de 'Pataphysique. 1. Paris, Collège de 'Pataphysique, [1972]. In-8° agrafé, [52] p., illustrations.
   Fac-similé du premier numéro des Cahiers édité à l'occasion de la fête de la Chandelle Verte 100.
Sommaire :
   - Harangue inaugurale prononcée par Sa Magnificence le Vice-Curateur-Fondateur.
   - Études canoniques.
      - Visions Actuelles et Futures, par Alfred Jarry.
      - IIe Ouverture de Tragédie, par Léon-Paul Fargue.
      - Encore une Infamie, par Le Pelerin.
      - Le Paraclet, par Oxulal Fronçais.
      - Vieux Coppée (avec un vrai), par Germain Nouveau.
      - Proposition Ingénieuse, par Alphonse Allais.
      - Les Beaux Dimanches, par Julien Torma.
      - Avenir, par Guillaume Apollinaire.
      - Femmes Honnêtes et Museaux Roses, par Anaïs Ségalas.
      - Complainte du Libre-Arbitre, par Jules Laforgue.
      - Quelques Remarques Sommaires Relatives aux Propriétés Aérodynamiques de l'Addition, par Raymond Queneau.
      - Le Mystère de Jeanne d'Arc, par Émile Rossignol.
      - Un Brillant Sujet roman, par Jacques Rigaut.
   - Études techniques.
      - Jarry et la Pataphysique (1re partie), par J.-Hugues Sainmont.
      - Les Pionniers : Perspectives Psychotechniques, par Maigret.
      - Tautologie Différentielle et Tautologie différentiale chez M. Heidegger, par Dussow.
      - Une belle victoire de la Pataphysique, par Henri Robillot.
      - Plaisir de Franck, par Nicolas Cromorne.
      - À travers le Monde : Épiphanies.
   - Feuilleton.
      - Les Fils d'Ariane, roman-fleuve-digest (1re partie), par Jean Marvier.
   - Travaux du Collège.
      - Patapéteries Contrephysiques.
   - Partie officielle.
      - Grand Ordre de la Gidouille : Statuts, par Alfred Jarry.
      - La Vie du Collège, par Janvier Mauvoisin.

25 euros (code de commande : 25442).

 

['PATAPHYSIQUE]. [FERRY (Jean, attribué à)] — Escrocs. S.l., Cymbalum Pataphysicum, 1979. In-12 agrafé, 14 p., (collection « Les Astéronymes », n° 3), exemplaire numéroté (n° CCCII), en très bel état.
Extrait de la présentation :
   Le texte que nous réimprimons ici est l'article Escrocs d'une des plus singulières encyclopédies qui furent jamais.
   Le Da Costa encyclopédique parut sans indication d'auteur, de date, ni d'imprimeur, vraisemblablement en vulg. 1947 et à Paris, malgré l'ironique mention : Siège Social : Cussay par Montreuil (Eure-et-Loir). On n'en connaît qu'un fascicule, marqué Fascicule VII, volume II. Format : 315 x 240 millimètres. Couverture rosé, affichant l'anonymat comme un principe, grâce à une vignette-rébus. Papier intérieur honorable pour l'époque. Typographie convenable, sur deux colonnes portant en tête, selon l'usage des dictionnaires, les trois premières lettres du premier et du dernier mots traités dans la page ; l'ordre alphabétique est parfois déficient. Trente-deux pages, foliotées de 207 à 238. Le texte commence au milieu d'un article et même au milieu d'un mot : -festations (avec trait d'union en début de ligne, contrairement à l'habitude). En page 3 de couverture, un Index des noms cités.
   Le contenu des articles est encore plus étonnant. La plupart, tout en adoptant le style consacré des dictionnaires et encyclopédies, truquent délibérément définitions et commentaires. Exemple : École. Établissement où l'on enseigne qu'il est interdit de se servir de ses deux mains la gauche n'ayant aucun droit même lorsqu'elle est plus adroite que la droite. D'autres sont des citations, que rien ne signale comme telles : les articles Éclipse et Éthernite sont tirés du Faustroll. Certains articles sont en fait des récits de fiction, savamment aberrants. Éloge, Entité, Érudition, Étendard, Euphorie, Examen, Exempt forment ainsi un feuilleton pédagogique clos sur lui-même : à la lettre, une en-cyclo-pédie.

10 euros (code de commande : 19045).

 

['PATAPHYSIQUE]. Lot de 8 documents relatifs à la désoccultation du Collège de 'Pataphysique, le 1er palotin 127 (20 avril 2000).
Ce lot comprend :
   - Quatrième manifeste. Désoccultation du Collège de 'Pataphysique. 1 feuillet A4 (papier jaune) imprimé recto-verso.
   - Fêtes de la Désocculation. 1 feuillet A3 (papier vert) imprimé au recto.
   - Cérémonies de la Désoccultation. Plaquette A5 agrafée, 12 p., illustrations (supplément à Viridis Candela (n° 1, 15 septembre 2000).
   - Les cartes postales de la Désoccultation. 1 feuillet A5 (papier beige) imprimé au recto.
   - Photographies des cérémonies de la Désoccultation. Commandez-les ! 1 feuillet A5 (papier jaune), imprimé recto-verso.
   - Carton d'invitation (papier bleu) du Collège de 'Pataphysique et de la librairie Tschann à la présentation des nouvelles publication du Collège désormais désocculté (21 septembre 2000).
   - Avis de Transcendante promotion par le Corps des Satrapes de dix nouveaux membre, en vue du 1er anniversaire de la Désocculation. 1 feuillet A4 (papier gris) imprimé au recto.
   - Circulaire phynancière, publiée un peu plus d'une année après la Désoccultation. 1 feuillet A3 (papier bleu) plié en deux format 4 pages.

20 euros (code de commande : 19662).

 

['PATAPHYSIQUE]. Monitoires du Cymbalum Pataphysicum. N° 16. Rilly-la-Montagne, Cymbalum Pataphysicum, 1990. In-8° collé, 108 p., illustrations, exemplaire en parfait état.
Sommaire :
   - Parola Pasta, factum, par P.M. Joinul.
   - Du réflexe de la mosaïque, par Marc Décimo.
   - Georges Monde, une vie fraethernelle, par Marc Décimo.
   - Diptyque, par Claude Ernoult.
   - XXIII Figures, par Richard Blieu.
   - Belles Lettres à la rédaction des Monitoires :
      - Sur l'origine du nom du Père, par Noël Arnaud.
      - Sur la lettre et l'esprit, par Henri Bordillon.
   - Cause à Monluc, Épictète est malade, par Bénard de Morges.
   - Locus Solus à la lettre, par P. Besnier et P. Bazantay.
   - Exploits et monitions :
      - MontRéalités.
         - La Pataphysique contre la bêtise, par Brunella Eruli.
         - Le Père et la Mère Ubu à l'heure des mises au point, par Line McMurray.
         - Ubu au Québec, par Jacques Ancion.
         - Message impératoire et analogique, par Enrico Baj.
   - Auteurs supposés, par la Cocommission des Ersatz.
   - Belles Lettres.
   - À travers le monde.
   - Errata ; épiphanies.

10 euros (code de commande : 23341).

 

['PATAPHYSIQUE]. PETITFAUX (G.) — Lettre bavarde au Sme Provéditeur-Éditeur Adjoint sur certaines incertitudes touchant l'histoire, la rhétorique, la typographie, Bonaparte & autres domaines voués aux Muses. S.l., Cymbalum Pataphysicum, 1993. In-12 agrafé, 25 p., (collection « Grabuge », n° 2), exemplaire numéroté sur papier sableux (n° 365).
   Ouvrage édité pour le cent nonante-quatrième anniversaire de la bataille des Pyramides.

10 euros (code de commande : 19006).

 

['PATAPHYSIQUE]. TORMA (Julien) — Envois de Julien Torma à plusieurs. S.l., Cymbalum Pataphysicum, 1999. In-12 agrafé, [32] p., (« Collection Maramoutéenne », n° 5), exemplaire en très bel état.
Introduction :
   Présentant les lettres de Julien Torma à Jean Montmort dans le Dossier 22-24, le Sme Provéditeur-Éditeur Général Henri Robillot constatait que ce recueil achevait « la publications de tous les inédits de Julien Torma que de nombreuses recherches ont pu faire découvrir ». Vint ensuite le temps des rééditions et des enquêtes. Une filature serrée permettrait sans doute de mettre au jour quelques autres inédits de Julien Torma. Nous signalons la piste aux bibliophiles : il s'agit des envois, dont « le plus grand pataphysicien du XXe siècle » ne fut pas avare. Leur intérêt n'est pas que graphologique ou bibliophilique. Ces envois ne sont en effet jamais convenus mais éclairent la vie et l'œuvre de celui pour qui « vivre [...] est une manière de cache-cache ».
   Certains de ces envois ont été publiés. Nous les joignons aux quelques inédits que les collectionneurs ont bien voulu nous aider à rassembler.

10 euros (code de commande : 19046).

 

['PATAPHYSIQUE - TORMA (Julien)]. GOUDEMARE (Sylvain) — Leborddelamer. Julien Torma. Édition balnéaire augmentée de : Julien Torma sa vie sa couleuvre. [Rouen], [1985]. In-12 oblong agrafé, [16] p., illustrations, 4 feuillets volants, tirage limité à 113 exemplaires numérotés (n° 32).

20 euros (code de commande : 23185).


Phantomas. Numéros 78-82 spécial Homo Ludens. Bruxelles, 1968. In-8° broché, 263 p., illustrations, exemplaire en très bel état auquel on joint une carte de visite signée Théodore Koenig.
Sommaire :
   - Pouce, par François Dufrene.
   - Dans certains cafés, par Marcel Havrenne.
   - Nord-Sud, par Jean Michel.
   - Monsieur.
   - In ludio veritas, par Théodore Koenig.
   - De la ludité au ludilingue, par André Miguel.
   - Double et unique, par Franz Hellens.
   - Sans titre, par Felice Accame.
   - O.M. Factis Saltus, par Martino Oberto.
   - Monu, l'oie mentale, par Jean-Pierre Verheggen.
   - Une fière attitude, par Robert Willems.
   - Les pots cassés, par Achille Chavée.
   - Desperanto ou Ludens, par Jean-François Bory.
   - Initiation au jeu de domino gris, par François Jacqmin.
   - Poème, par François Jaqmin.
   - La balle pelote, par André Balthazar.
   - Kinderspeil, par Louis Scutenaire.
   - Divertissement, par Fernand Toussaint.
   - Cahier de poésie, par Gilles Brenta.
   - Theseecasse Philouvirulente, par Aldo Braibanti.
   - En deçà de toute définition, par Jean Raine.
   - Ludus tonalis, par Vincenzo Accame.
   - L'entité, par Jean-Clarence Lambert.
   - Je dans le jeu, par Julien Blaine.
   - Centrale, par Renato Pedio.
   - Propos allusifs, par Pierre Puttemans.
   - Le fric et l'Afrique, par Paul Neuhuys.
   - À bon entendeur, salut, par Adrian Mitchell.
   - Homo Ludens, par Michel Vachey.
   - Lameurs ou bien intellections sur les abrasions, par Romano Farina.
   - Pour un plus grand jeu la prochaine fois, par Alain Jouffroy.
   - Homoncule mon semblable, par Paul Dewalhens.
   - Pour une totalité ludique différente, par Salvadore Paladino.
   - Document Z.U.K. 0926, par Salvadore Paladino.
   - Irine, par Salvadore Paladino.
   - Mytho-Mélo, par Raoul Hausmann.
   - Jacob et l'ange, par Raoul Hausmann.
   - Le jeu d'entorse au palais d'hiver, par Madeleine Biefnot.
   - La boulimie freudienne, par Madeleine Biefnot.
   - Benjamin Peret, une ludique subversive, par Pierre Vandrepote.
   - Etc..., par Joseph Noiret.
   - Il y a des mots..., par Joseph Noiret.
   - Quand... et où..., par Joseph Noiret.
   - 5 comptines à compte d'auteur, par Joseph Noiret.
   - Petites autocritiques critiques, par Joseph Noiret.
   - Passages, par Joseph Noiret.
   - Quelque trouée, par Joseph Noiret.
   - Compositions alphabétiques, par Jean-Claude Moineau.
   - La fin des Ludions, par Paul Kervan.
   - Puzzle-poème, par Adriana Spatola et Claudio Parmiggiani.
   - Noirjouermots, par Carrega.
   - Phos o Phos Euphorie, par Max Loreau.
   - Jeu séméiotique à sémantique, par Carlo Belloli.
   - Donner à faire, par Marcel et Gabriel Piqueray.
   - Orbites et orbitules.
      - Comme quoi les réflexes sont toujours bons, par Michel Vachey.
      - Architecture sans Architectes, par Pierre Puttemans.
   - Les Arts en visite.
      - Fragments d'une anthologie, par Pierre Puttemans.
      - Ne seriez-vous pas sans ignore, par Christian Dotremont.
   - Aristarkophilies.
      - Moroses mots roses, de Paul Bourgoingie, par Joseph Noiret.
      - Trajectoire, d'Alain Jouffroy, par Pierre Puttemans.
      - Topor, par Michel Vachey.
      - Claude Viallat, par Michel Vachey.
      - L'abolition de l'at, d'Alain Jouffroy, par Théodore Koenig.
      - Le culte de la personnalité et Paradisio Lungo, de Sergio Dangelo, par Gabriel Piqueray.
      - L'Arc n° 3 : Dubuffet, culture et subversion, par Joseph Noiret.
      - L'arte moderna, par Joseph Noiret.
      - Les poquettes furtives, par Pierre Puttemans.
      - Cerceaux, sorcellent, de Max Loreau et Jean Dubuffet, par Joseph Noiret.
      - La grande mitraque, de J.-P. Verheggen, par Pierre Puttemans.
      - Œuvres, de Jean Paulhan, par Théodore Koenig.
      - La subversion des images, de Paul Nougé, par Paul Bourgoignie.
      - Fortuitemeng, de Théodore Koenig, par Joseph Noiret.

40 euros (code de commande : 22768).

 

Phantomas. Numéro 158-163. Ultime. Bruxelles, Phantomas, 1980. In-8° broché, 132 p., illustrations.
Sommaire :
   - Textes de Paul Colinet : Tournaient les roues... - À l'usage des grasseyeurs - Chère Madame - Le peintre du dimanche et de la semaine - L'esquille difficile - Maison de proie - La cantate à quatre pattes - Jean Scutenaire - Dessins de Paul Colinet - Pièce - La buveuse d'éclaircies - Toile cirée - Cher vif - la robe d'ergots fins - le nerf des mûres mannes - Le grillage pourri - 5 minutes de robinet - Salutation à une inconnue - J'affûte ma trappe à souris de barbe à pétrole - Le paléontosaure anticonstitutionnel (illustrations de Robert Willems) - Fable des yeux fermés - Le cheval de tabatière - Avec des cigares - Une seule fois - Le vitrier des orfraies - Les collines du journal - La canne du colporteur - Potron-Jaquet - La grand'route - Princesse - Étroit - L'homme de fumée - La maison vide - Le bois - Rosé de minuit - Cheval pie - La porte à côté - De quoi s'agit-il ? - Visages - Le tronc de l'échanson - Le soleil la nuit.
   - Orbites et orbitules :
      - Manifeste d'une présence d'esprit manifeste, par Théodore Koenig.
      - La revue Phantomas assise dans l'aire du Cabinet d'Amateur, par Théodore Koenig.
      - Christian Dotremont, par Joseph Noiret.
      - Ensor joue au Ping-Pong Zen, par J-J Gailliard.
      - Sur la légende.
      - La légende et son origine, par Ugo Marchetti.
      - La légende du Grillo-talpa, par Sergio Dangelo.
      - Alain Borer : réponse à une question de Chr. Prigent - réponse à une question de J-M Sidaner.
   - Tête d'une jetée.
      - Le coquelicot de Gréty de François Jacqmin, par Madeleine Biefnot.
      - Sept Oiseaux rares et un huitième (fable), par Jean-Baptiste Barionian.
      - L'herbe seule par Marc Quagebeur, par François Jacqmin.
      - Fragments d'un discours critique par Roland Barthes, par Pierre Puttemans.
      - Vêtu, dévêtu, libre par Jacques Isoard, par Pierre Puttemans.
      - Poèmes figuratifs par Jean Raine, par Pierre Puttemans.
      - Il fait ocre fané, il fera blanc évanescent, par Claude Bauwens.
      - Désécrytures délyrantes, par André Miguel.
      - Origine vitale par Brigitte Evers, par Marcel Piqueray.
      - Théodore Koenig ou « Concerto To End Ail Concertos », par Marcel et Gabriel Piqueray.
      - Remblées par Th. Koenig, par Gérard-Georges Lemaire.
      - L'avant-garde russe par Serge Fauchereau, par Théodore Koenig.
      - Maîtres et maisons de thé, par Werner Lambersy, par Théodore Koenig.
      - La danse du fumiste par Paul Emond, par Théodore Koenig.
      - Jacques Lennep et l'Homme exposé, par Théodore Koenig.
      - Dictionnaire du Cheval et du Cavalier par C. Cassart et R. Moirant, par Théodore Koenig.
      - La Folie-la Mort par J-M Le Sidaner, par Théodore Koenig.
      - Amenophis 20, par Marcel Piqueray.
      - L'activité surréaliste en Belgique par Marcel Marien, par Théodore Koenig.
      - À propos du dernier livre de William S. Bourrouggs, par Théodore Koenig.
   - Livres d'art et livres sur l'art.
      - Michel Deguy, la poursuite de la poésie tout entière, par Max Loreau, par Joseph Noiret.
      - André Miguel, par Théodore Koenig.
      - Figures de Poupe, par Marcel Marien, par Tom Gutt.
      - La fleur unique ou les oiseaux émerveillés, par Joseph Noiret.
      - À propos « Des oiseaux émerveillés » de Serge Vandercam.
      - Massives Mères du texte (cf Serge Mestre), par Alain Borer.
      - Vive La Langue (à propos des derniers écrits de Valère Novarina)
   - Les visites... en art.
   - Les arts en visite.
   - Échos-soupirs.

15 euros (code de commande : 23053).


[PIRON (Luc)]. Luc Piron. Antwerpen, Lens Fine Art, 1976. In-12 carré broché, [30] p., illustrations en noir.
@ Catalogue de l'exposition avec un texte de Chris Lenaerts et Claude Devos.

12 euros (code de commande : 11843*).


RAÏNA — Divertimento. Illustré de deux monotypes à la gouache de Raïna ainsi que la gouache de la couverture. Nice, 1972. In-12, broché, [76] p., un des 150 exemplaires numérotés sur Blanc de Rives (n° 161), belle dédicace.

  

15 euros (code de commande : 11854).


ROBERTS-JONES (Philippe) — Du Réalisme au Surréalisme. La peinture en Belgique de Joseph Stevens à Paul Delvaux. Bruxelles, Laconti, 1969. Grand in-8° carré sous reliure et jaquette d'éditeur, 199 p., nombreuses illustrations en noir et en couleurs, (collection « Belgique, Art du Temps »), bel exemplaire.
Introduction :
   La peinture en Belgique de 1848, date majeure dans l'œuvre de Joseph Stevens, à 1934, moment où Paul Delvaux découvre son univers particulier, est à ce point riche qu'il ne peut être question, ici, d'en examiner tous les aspects.
   Ces pages ne répondent, dès lors, ni à l'ambition d'une étude exhaustive, ni à la prétention d'un essai. Partant du réalisme pour aboutir au surréalisme, la courbe tracée s'efforce de suivre le mouvement parfaitement logique de l'évolution artistique d'un siècle et de relier entre eux les sommets qui en jalonnent l'histoire. L'art de nos régions, à cette époque, connaît un rythme d'une remarquable continuité et d'une ampleur exceptionnelle. Nous nous sommes donc laissé entraîner par lui afin de rendre compte, sauf erreur ou omission, de sa vigueur et de son originalité.
   Sauf erreur ou omission, celles-ci existent évidemment comme dans toute œuvre humaine et qui se veut, en l'occurrence, l'affirmation d'un goût, d'une conviction, plus précisément encore d'une profonde amitié.
   La fréquentation de certaines œuvres, au sens le plus quotidien du terme, leur étude ensuite et leur enseignement, puis l'effort de communiquer ces matières, ont créé des liens qui dépassent souvent, au propre et au figuré, ceux de la simple et objective connaissance des faits. Mais l'art s'il vit, s'il existe et, par conséquent, nous concerne, ne peut se réduire à une étiquette, à un millésime.
   L'énumération est toujours édifiante ; nous lui avons préféré cependant l'itinéraire, plus sélectif, tout en laissant à chacun, par des indications bibliographiques, la possibilité de rayonner et de combler ainsi les omissions qui ne sont pas, en soi, des jugements de valeur.
   Cet aperçu de vitalité artistique n'est, en fait, qu'une préface au contenu qu'il évoque, à de multiples paysages du cœur et de l'esprit, et que viendront compléter, préciser ou souligner d'autres volumes dans une collection qu'un éditeur, épris des mêmes voyages, nous a demandé de guider.

25 euros (code de commande : 24578).


 

[ROSEMONT (Franklin)] — Trois jours qui ébranlèrent le nouvel ordre mondial. La Révolte de Los Angeles. Avril-mai 1992. Traduit de l'américain par Armand Vulliet d'après What are you going to do about it ? n° 2, avril 1993. Lyon, Atelier de Création Littéraire, 1995. In-8° agrafé, 30 p., (collection « Le Miroir Noir »).
En quatrième de couverture :
   Le 3 mars 1991, au États-Unis, un automobiliste noir, Rodney King, était plus que fortement tabassé par quatre policiers. Un cinéaste amateur filma la scène par hasard. L'automobiliste porta plainte. Le 29 avril 1992, les quatre policiers étaient acquittés par les jurés de Simi Valley, provoquant une indignation générale.
   Suite à cette décision du tribunal explosa la révolte d'avril-mai 1992 à Los Angeles.
   Le texte écrit sur ces événements par Franklin Rosemont et ses amis du groupe surréaliste de Chicago a l'avantage de nous présenter une vision américaine originale, très différente de ce qu'ont bien voulu nous donner les médias français.

6 euros (code de commande : 19004).

 


   

SCUTENAIRE (Louis) — Mes inscriptions 1974-1980. S.l, Le Pré-aux-clercs, 1984. In-8° broché, 261 p., couverture un peu jaunie sinon très bon exemplaire, édition originale.
En quatrième de couverture :

   Né en 1905 à Ollignies-Lessines, rude pays de carrières aux mœurs libres, Louis Scutenaire, picard, belge de nationalité et surréaliste de la tête et des épaules, prend bravement dès 1940 le relais de Lichtenberg et de Jules Renard.
   Notant n'importe où, à n'importe quel moment, une phrase ou un groupe de phrases qui se présentaient à son esprit, il se trouva posséder un manuscrit qu'il baptisa Mes Inscriptions. En 1944, le cahier tombe sous les yeux de Paul Éluard, qui le présente aux éditions Gallimard, avec l'appui de Jean Paulhan et Raymond Queneau. Les premières Inscriptions sont publiées en 1945. Les suivantes le seront plus tard aux éditions Brassa, et les dernières nous arrivent enfin aujourd'hui.
   Aphorismes, maximes, déclarations d'enthousiasme, poèmes, petits bonheurs du jour et de la nuit, Louis Scutenaire n'apprécie que le bon sens total, avec quelques fissures...
   Mes Inscriptions est aussi un hommage à Rétif de la Bretonne qui, le premier, utilisa ce genre littéraire.

30 euros (code de commande : 22970).


 

[SIMON (Armand)]. Armand Simon. [Pâturages], Cercle « Éducation et Loisirs », 1973. Petit in-4° carré broché, [40 p.], nombreuses illustrations en noir, exemplaire en très bel état.
   Ouvrage publié à l'occasion de l'exposition organisée à la salle Achille Delattre, à Pâturages, du 5 au 21 mai 1973.
   
Ce volume contient des textes d'André Blavier, Achille Chavée et Armand Simon.
Extrait du texte d'André Blavier :
   
Aujourd'hui, Simon fait en province figure de « patron ». De jeunes artistes (peintres, sculpteurs : Henry Lejeune, Paul Defaux, le groupe des Racines du Château, des écrivains, dont Gustave Belle, pour moi l'immortel auteur de l'aphorisme :
      Il y a de quoi être confondu
      En apprenant que le cerveau
      Contient des lobules.
que l'on pourrait croire du corniste Vivier) l'entourent d'un respect attentif et cordial. Eux-mêmes s'intitulent, avec une sagesse prudente qui donne à réfléchir : « Surréalistes, oui... non... peut-être... ». De sa plume, à écrire cette fois, Simon rédige pour eux des préfaces certes mieux « tappées » que celle dont vous approchez le terme. Il y exprime, avec le gentil sourire de qui, sans guère changer, est revenu de bien des turbulences (nous ne parlerons non plus d'entropie !), les joies douces qu'il éprouve à se faire frémir et s'enchanter à la figuration d'un monde qui l'habite sans le détourner.
   Universitairement – c'est-à-dire sans l'espèce de pâmoison-cyclone qu'il convient de simuler en la matière – José Vovelle a fort correctement défini la démarche de l'accomplissement d'Armand Simon : « Son dessin en hachures serrées rappelle le travail du graveur, ses personnages promènent dans un espace chiricien (ici faudrait-il cependant préciser l'importance du décor chez Simon, toujours différent, jamais indifférent) leurs déformations monstrueusement baroques, souvent maladives, et leurs expression absente ou hallucinée. L'œuvre de Simon est homogène dans sa facture et montre que l'artiste s'est arrêté une fois pour toutes au mode d'expression qui répond le mieux à son monde intérieur, de la même façon en somme que les points communs des divers auteurs qu'il a illustrés traduisent ses affinités électives. »

25 euros (code de commande :24974).


[SURRÉALISME]. Surréalisme et précurseurs. Sous la direction de Marie-Lucie Cornillot. Besançon, 1961. In-8° broché, 59 p., XX planches hors texte, quelques annotations.
   Catalogue de l'exposition éponyme présentée au Palais Granvelle, à Besançon, dans le cadre du Festival artistique, en 1961.
Préface :
   Notre génération a vérifié la fable des bâtons flottants. Les monstres affreux se sont mués en affectueux toutous. Dada n'est plus qu'un joli cheval de bois. L'affiche et la publicité ont familiarisé toutes les classes avec le cubisme et les formes d'art nées du surréalisme, objets en leur nouveauté des hurlements de la presse, sinon des coups de parapluie des dames visiteuses d'exposition horrifiées. Avec un plaisir exquis, nous demeurons à rêver aujourd'hui devant ces jalons d'un chemin naguère encore scandaleux.
   Je me souviens du jour au Val de Grâce où, dans notre chambrée d'élèves médecins auxiliaires parmi lesquels Louis Aragon, un nouveau fit son entrée. C'était André Breton. Que ne devait-il pas sortir de leur rencontre, début d'une marche côte à côte, féconde et provisoire. Littérature, le Sans-Pareil, dix expositions, vingt pamphlets, plus d'amitiés encore cristallisèrent autour d'eux et d'un troisième anabaptiste, Philippe Soupault, sous le signe de Tzara, les forces éparses de toute une jeunesse dont les manifestations tapageuses ou profondes allaient renouveler le goût et la sensibilité d'à peu près tous les esprits valables et précipiter dans le passé nombre de pontifes et d'idoles comme dans le Rhin le cercueil d'Heine.
   Le Surréalisme naquit alors, la « Révolution surréaliste » fut son Moniteur officiel, il avait bien d'anciennes sources, mais on n'y pensa qu'ensuite pour justement les exalter, apportant ainsi la preuve que le nouveau mouvement si révolutionnaire et audacieux se voulut-il rentrait – comme tous les autres – dans une explicable filiation des idées et des goûts.
   Certes, il n'est pas commode dans une exposition de montrer d'une manière concrète les racines emmêlées d'une végétation scintillante, très touffue et très complexe. Mlle Cornillot y est parvenue d'une manière fort notable, sans céder à la tentation de ne montrer du mouvement que certaines facettes ou certains avatars. Les religions aussi ont des pontifes de l'onzième heure, mais ce sont des hérétiques. Le devoir d'un conservateur, dans pareille occurrence, est de faire la preuve d'un esprit scientifique en se refusant à la voix des sirènes, même les plus enchanteresses. La logique et la vérité n'excluent pas la dilection, encore moins l'intérêt. Les familiers de Besançon l'éprouveront très vite ici.

20 euros (code de commande : 23752).


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