Les gravures et estampes formaient une section distincte du catalogue : cartes anciennes, vues de villes, planches détachées d'ouvrages illustrés, portraits. Les notices y suivaient les conventions de l'estampe plutôt que celles du livre : nom du dessinateur et nom du graveur, adresse de l'éditeur, dimensions du dessin, de la cuvette et de la feuille, et — pour les cartes — l'échelle.
Un exemple de notice
d') — Gallia Antiqua ex Aevi Romani Monumentis eruta,
et Serenissimi Carnutum Ducis Munificentia publici juris facta.
1760. [MDCCLX / Apud Auctorem / In Ædibus Regüs, vulgo
les Galeries du Louvre.] Carte richement coloriée de la
Gaule antique gravée par Guillaume Nicolas Delahaye .
Dans le coin inférieur gauche est incluse la carte Provinciæ
Romanæ feré integræ tabula specialis et amplior
et, dans le coin supétrieur droit celle intitulée :
Dessin : 590 x 458 mm.
- Cuvette : 600 x 464 mm.
- Feuille : 715 x 559 mm.
(Paris, 1697-1782) fut l'un des cartographes les plus remarquables
de son temps, il jouissait d'une profonde estime et dans la Notice
qui lui est consacrée, on peut lire :
« M. d'Anville avoit trouvé la géographie
déjà fortement cultivée en France. Guillaume
Delisle, et avant celui-ci les Sanson, avoient fait faire de
très-grands pas à cette science; mais M. d'Anville,
par sa profonde érudition et sa sagacité rare,
en a reculé bien au delà les limites. On peut assurer,
qu'avant de publier ses ouvrages, il avoit tout vu, tout lu,
tout examiné; delà vient l'espèce de perfection
à laquelle il a, en quelque façon, conduit la science
en général. Ses cartes étoient dessinées
avec autant de goût et de netteté qu'elles sont
gravées; et les détails en sont exprimés
avec une précision que l'on chercheroit en vain dans les
En 1741, il fit paraître l'ouvrage de
sur l'ancienne Gaule , un volume in-12 de 536 pages dont il
rédigea la première partie : Traité des
mesures itinéraires des Romains, et de la lieue Gauloise .
Fort des connaissances qu'il avait acquises, il refondit ce livre
dans un autre beaucoup plus complet, au format in-4°, qui
parut, en 1760, sous le titre de Notice de l'ancienne Gaule,
tirée des Monumens Romains , presque en même
temps que sa carte présentée ici. Neuf années
plus tard, cette carte accompagnait également l'édition
in-folio de sa Géographie ancienne abrégée .
La carte fut regravée, fautivement, en 1763, en Hollande,
pour illustrer une édition de la Traduction des Commentaires
- Charenton, 1802) était un graveur spécialisé
dans les cartes géographiques. Il travailla pour d'Anville
mais aussi pour Robert de Vaugondy.
« Delahaye gravait toutes les parties de la géographie,
le plan et la lettre ; et en exécutant les Cartes, de
d'Anville, il avait acquis une si belle disposition, qu'il faisait
valoir toutes les parties l'une par l'autre ; il dessinait la
topographie avec beaucoup de goût et de netteté
[...]. Son burin était pur, et il assignait à chaque
chose le ton qui lui convenait. Il a gravé plus de douze
cents cartes ou plans, qui tous se distinguent par la netteté
de l'exécution, la précision et l'effet. »
- Manne (Louis-Charles-Joseph de) et Barbié Du Bocage
(Jean-Denis), Notice des ouvrages de M. d'Anville [...]
précédée de son éloge , Catalogue
des cartes , n° 46 et Catalogue des ouvrages imprimés ,
- Michaud, Biographie universelle, ancienne et moderne
(éd. 1813), t. X, p. 664.
in-folio contenant dix estampes gravées et imprimées
par les artistes, tirage limité à 110 exemplaires
numérotés et signés (n° 18), exemplaire
Gustave Marchoul , à l'origine de cette édition,
les huit autres artistes sont : Jean-Pierre Benon , Muriel
Bosch , Jean-Marie Mahieu , Michel Mineur , Movy
Pasternak , Léa Van Heck , Joyce Wauters
Couverture et gravure de Gustave Marchoul.
Suivez ce lien pour découvrir les dix gravures :
[ATH - GRAVURE]. LE ROUGE (Georges-Louis)
les Attaques et le Blocus des Allies du deux d'Octobre 1706.
de 1745, extraite du Recueil contenant des cartes nouvelles
dressees sur des morceaux leves sur les lieux et les memoires
les plus nouveaux , dont la publication, à Paris,
- Dessin : 458 x 307 mm.
- Cuvette : 479 x 326 mm.
- Feuille : 517 x 363 mm.
Dès le 2 février 1701, Maximilien-Emmanuel
de Bavière, gouverneur général des Pays-Bas
espagnols, fit savoir au gouvernement des Provinces-Unies que,
dans le cadre de la succession d'Espagne dévolue à
son petit-fils Philippe d'Anjou, Louis XIV avait décidé
de faire occuper par les troupes françaises les forteresses
de la « barrière » défendues
depuis trois ans par l'armée hollandaise. Le maréchal
de Boufflers s'y employa dans la nuit du 5 au 6 février.
La guerre devait immanquablement reprendre avec les puissances
maritimes. Malgré la mort de Guillaume III d'Orange,
la Grande Alliance se reforma et en mai 1702, l'Angleterre, les
la guerre à la France et à l'Espagne. La guerre
Lire une estampe ancienne
Trois mesures sont données parce qu'elles ne disent pas la même chose. Le dessin est la surface gravée elle-même ; la cuvette est l'empreinte laissée dans le papier par le bord de la plaque de cuivre, marque caractéristique de la taille-douce ; la feuille est le support entier, marges comprises. Une épreuve rognée jusqu'à la cuvette a perdu ses marges, donc une part de sa valeur, même si l'image est intacte.
La distinction entre le dessinateur et le graveur importe autant. Sur une carte du XVIIIe siècle, le géographe conçoit, le graveur exécute, l'éditeur diffuse ; les trois noms figurent souvent dans le cartouche et ne se confondent pas. Enfin, les cartes anciennes furent fréquemment coloriées à la main, parfois à l'époque, parfois beaucoup plus tard : une notice honnête le signale plutôt que de laisser croire à un coloris d'origine.
