Section « Littérature »

Littérature de Belgique


Volumes belges du XXe siècle avec jaquettes défraîchies
Volumes belges du XXe siècle avec jaquettes défraîchies

Cette page rassemblait la littérature de Belgique : les auteurs d'expression française, les traductions du néerlandais, les études et les correspondances. Les ouvrages y étaient classés par ordre alphabétique de nom d'auteur, les biographies au nom de l'auteur étudié.

Une librairie montoise avait, sur ce terrain, un avantage évident : elle voyait passer des tirages confidentiels, des éditions de province, des plaquettes de poètes régionaux et des collections d'éditeurs belges — Labor, La Renaissance du Livre, Jacques Antoine — que les librairies françaises ne traitaient guère.

Un exemple de notice

(Constant, pseudonyme d'Alphonse Bourlard) — Correspondance

établie et annotée par Yves Vasseur . Préface

de Michel Ragon . Postface de Jean Puissant . Bruxelles-Paris,

Labor-Nathan, 1982. In-8° broché, 364 p., illustrations

hors texte, (collection « Archives du Futur »),

La correspondance de Constant Malva (1903-1969)

éclaire de l'intérieur et en profondeur ce que

furent la vie difficile et la singulière destinée

d'une figure majeure de la littérature prolétarienne.

Elle apporte des renseignements essentiels sur la genèse

des œuvres du mineur devenu écrivain et sur ses rapports

avec les différents milieux littéraires, dont celui

de cette littérature prolétarienne dont elle retrace

l'histoire de biais. Elle nous plonge également au cœur

des grands drames de ce siècle, la misère de la

classe ouvrière, ses espoirs déçus en la

révolution, la deuxième guerre mondiale et son

cortège de malheurs, l'après-guerre et ses désillusions.

Écrites dans un style direct et incisif,

ces lettres adressées par l'auteur de Ma Nuit au jour

le jour à des amis proches ou à d'autres écrivains

constituent un témoignage de premier ordre, non seulement

sur l'homme et sur un secteur encore assez mal connu de la littérature,

mais aussi sur notre Histoire récente.

MARIN (Auguste) — Le front aux vitres.

définitive établie par André Gascht .

Frontispice d'après un dessin original de Gustave Camus .

Bruxelles, Jacques Antoine, 1977. In-8° broché, 174

p., un des XV exemplaires (n° II) sur Val de Laga

à la Cuve (après sept sur papier Auvergne), seuls

grands papiers, très bel exemplaire partiellement non

ce titre Jacques Antoine a rassemblé, en 1977, en édition

définitive, établie et commentée par André

Gascht, les œuvres d'Auguste Marin, né à Châtelet

en 1911 et tué à Ooigem, sur la Lys, le 24 mai

1940 lors d'un combat contre l'envahisseur allemand.

Cet ouvrage présente, sous un portrait

de l'auteur par Roger Bastin (en couverture), les textes de Statues

de neige (1931), de Le front aux vitres (1934), d' Odilon-Jean

Périer (1939). (Texte d'une conférence donnée

en 1938, à Bruxelles et à La Louvière).

Y sont joints aussi Premiers poèmes , Masques

de mort (un court poème en prose), Traces (un

conte poétique), Derniers poèmes , une encre

inédite du peintre Gustave Camus, les fac-similés

d'un poème manuscrit de l'auteur et de lettres de Milosz

et de Patrice de la Tour du Pin. Ces œuvres complètes

s'échelonnent donc dans le temps de 1928 à 1939-1940.

Les poèmes, dont un certain nombre furent publiés

d'abord en revues, témoignent d'une remarquable maîtrise

du matériau verbal et de la forme (surtout du vers octosyllabique).

Celui qu'Armand Bernier, son ami, a appelé le « poète

à l'âme de cristal » s'affirme comme

épris avant tout de perfection. Ses contacts avec le monde,

avec la vie, apparaissent sans cesse affinés par le rêve

et par une soif de grande pureté. Le message s'organise

souvent autour d'une aventure mystique ou sentimentale empreinte

d'une noble mélancolie : « Nancy, je ne

sais plus votre endroit sur les cartes / ni quel fleuve

imprévu dessinait vos contours. / C'est une bouche

d'eau que ma mémoire écarte : / vous

approchez soudain par de secrets détours. »

Cette incessante recherche du paradis perdu

passe nécessairement par un certain angélisme.

Il chante partout à travers la fragilité des mots

avec beaucoup de noblesse d'expression. Cela ne va pas sans une

prémonition voilée : « Voici les

grands pays de sable / parés pour les noces du froid. /

Je passe un fleuve redoutable : / le ciel s'est détourné

dirige cette poésie et guide « le rayonnement

de ces vers impalpables, leur poudroiement d'aile de papillon,

leur étincelante fragilité de neige »

- Foulon (Roger), Front aux vitre (Le) ,

dans, Lettres françaises de Belgique. Dictionnaire

des œuvres. La poésie , p. 224.

(Marcel) — Les voies de la littérature. Choix de chroniques

littéraires suivi d'une bibliographie établie par

Philippe Dewolf . Bruxelles, Labor, 1988. In-8° broché,

271 p., quelques illustrations hors texte, (collection «

Archives du Futur »), exemplaire en bon état.

au long de sa vie, Marcel Lecomte (1900-1966) a tenu, dans diverses

revues, de multiples chroniques littéraires, artistiques

et même, à une certaine époque, politiques.

Dispersé, ce pan essentiel de son œuvre demandait

La collection « Passé-Présent »

Une page distincte était consacrée à la collection « Passé-Présent », l'une de ces séries belges qui ont réédité, souvent avec un appareil critique neuf, des textes devenus introuvables. Les collections de ce type sont précieuses pour la recherche : elles fixent un état du texte, elles portent une préface datée, et elles témoignent de ce qu'une époque a jugé bon de remettre en circulation.

Littérature prolétarienne et mémoire ouvrière

Le Hainaut minier a produit une littérature qui lui est propre, et la librairie en tenait le fonds. Constant Malva, pseudonyme d'Alphonse Bourlard (1903-1969), en est la figure la plus connue : mineur devenu écrivain, il appartient à cette littérature prolétarienne dont la correspondance et les carnets éclairent autant l'histoire sociale que l'histoire littéraire. Les éditions critiques de ces textes — annotées, préfacées, replacées dans leur milieu — sont aujourd'hui la voie normale d'accès à ce corpus.

Pour aller plus loin